Ecologiste et nationaliste, les deux visages de l’Europe
Quelques jours seulement après les élections européennes, nous sommes allés à la rencontre de deux nouvelles élues de l'hémicycle européen. L'une est verte, ancienne militante devenue femme politique, la Belge Saskia Bricmont découvre l'institution. L'autre est membre du Parti nationaliste belge NV-A, jeune elle aussi, Assita Kanko soutient des idées radicalement différentes. Rencontres.

Ecologiste et nationaliste, les deux visages de l’Europe

Quelques jours seulement après les élections européennes, nous sommes allés à la rencontre de deux nouvelles élues de l'hémicycle européen. L'une est verte, ancienne militante devenue femme politique, la Belge Saskia Bricmont découvre l'institution. L'autre est membre du Parti nationaliste belge NV-A, jeune elle aussi, Assita Kanko soutient des idées radicalement différentes. Rencontres.
Public Sénat

Par Mickaël Spitzberg

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

C’est un des visages inattendu de la vague populiste en Europe. À 38 ans, Assita Kanko intègre pour la première fois le Parlement européen sous la bannière de la Nouvelle Alliance Flamande (NV-A), un parti nationaliste belge.
Une fierté tant son score personnel a été élevé. Mais si elle a réuni beaucoup de voix sur son nom, son parti, lui, régresse et perd un siège au Parlement. Au détriment de la droite extrême belge, qui avec ses 3 élus pèse autant que le NV-A. Les deux formations ne siégeront pas au sein du même groupe politique européen. Pour Assita Kanko, ce sera le groupe des Conservateurs et Réformistes Européens (CRE), dont elle rencontre le secrétaire général Frank Barrett, qui lui explique le fonctionnement de l’institution : " La première différence avec la politique nationale c'est que le Parlement européen fonctionne avec des coalitions, en regroupant des personnes pour soutenir vos propositions, c'est très différent de la confrontation politique que l'on retrouve dans la plupart des pays."

Nouvelle élue chez les Écolos belges

Elle aussi va vivre son premier mandat de député européen.
Saskia Bricmont, 34 ans, écolo belge, a profité de la vague verte du dernier scrutin pour faire son entrée au Parlement…
Militante avant d’être politique, Saskia Bricmont met en pratique les idées qu’elle défend.
Elle voyage en transports en commun, soutient les alternatives à la voiture et a déjà une idée très précise de ce que l’Europe doit mettre en place en matière de déplacement.
"Aujourd'hui ce n'est pas normal qu'un des secteurs les plus polluants en matière de déplacement qui est l'avion, soit moins cher que les transports en commun, le rail, donc on doit rendre le rail européen compétitif par rapport au secteur aérien".

L'intégration, thème de prédilection de la NV-A

Émigrée aux Pays-Bas en 2001, Assita Kanko, née au Burkina-Faso, a gravi petit à petit l’échelle sociale. Jusqu’à intégrer le parti n°1 en Belgique… et partager la table des élus Bruxellois.  
Pour son parti, qui a fait du contrôle migratoire un argument de campagne, elle est un modèle d’intégration, voire une vitrine.
Pour Cieltje Van Achter : " Elle est l'exemple de ce qu'on veut dire. Elle est arrivée ici elle parle parfaitement français néerlandais, elle s'est intégrée, pour elle c'est le futur qui compte et c'est ça aussi le cœur de notre famille politique. " Cette famille politique, c’est un choix assumé pour Assita Kanko qui rejette tous les procès en racisme et euroscepticisme : "On n'est ni eurosceptique, ni europhile à la folie comme certains, comme Macron et Verhofstadt, qui veulent tout donner à l'Europe. On a besoin d'avoir une capacité de décider sur certaines choses, et l'Europe sur d'autres."

Unions et divisions politiques

Un positionnement politique qui rend impossible un rapprochement avec l’extrême droite europhobe de la Ligue Italienne de Salvini, ou du Rassemblement National de Marine Le Pen. Une division des droites, qui affaiblit son camp.
Chez les Écologistes, en revanche, c’est déjà l’heure des discussions politiques. Comme ici, Saskia Bricmont avec son homologie Flamande, pour avancer main dans la main.
Un principe de cohérence, cher aux Verts.
Une force qui se compte en nombre à présent. Avec ses quelque 70 sièges, le Groupe des Verts européens est devenu une force centrale du Parlement.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le