Economie circulaire : les annonces du gouvernement
Le premier ministre a présenté ce lundi les principales mesures à venir en vue de favoriser l’économie circulaire. L'exécutif entend ainsi favoriser le traitement des déchets, mais aussi, la réparation et le réemploi des appareils électroménager.

Economie circulaire : les annonces du gouvernement

Le premier ministre a présenté ce lundi les principales mesures à venir en vue de favoriser l’économie circulaire. L'exécutif entend ainsi favoriser le traitement des déchets, mais aussi, la réparation et le réemploi des appareils électroménager.
Public Sénat

Par Jules Duribreu

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Edouard Philippe a présenté, ce lundi, lors d’une visite de l’usine SEB à Mayenne, sa feuille de route pour développer l’économie circulaire, dont le but est de mieux préserver les ressources de la planète et l’environnement. Le gouvernement souhaite en ce sens améliorer le traitement des déchets, à la fois par le tri mais également par le recyclage, tout en prolongeant la vie des équipements ménagers en favorisant notamment leur réparation. Des mesures qui tentent de répondre à un véritable enjeu écologique puisque chaque année l’économie mondiale produit 93 milliards de tonnes de déchets, L’objectif est d’améliorer la gestion du cycle de vie des produits, depuis leur conception jusqu’à leur traitement, lorsqu’ils deviennent déchet. En France, seulement 2,5 % dès 323 millions de tonnes de déchets sont réutilisé et le gouvernement entend, dans le cadre de la loi de transition énergétique de 2015, porter ce chiffre à 65% d’ici 2025.

100% de recyclage plastique d’ici 2025

Le gouvernement s’inspire ici directement de certains pays d’Europe du nord. Le principe est simple, et se pose comme un complément des poubelles jaunes. Il s’agit pour le consommateur de se rendre dans un point de collecte de bouteilles plastiques et de canettes en métal. Cependant, contrairement à l’ancien système de consigne, pas de paiement en échange des déchets.  « L'idée n'est pas de rapporter nos bouteilles plastiques comme on le faisait auparavant avec nos bouteilles en verre », a précisé le premier ministre, qui préconise un système où « les consommateurs pourront soutenir une cause tout en recyclant », une manière d'arriver à l’objectif de 100% de traitement du plastique d’ici 2025. Pour Didier Mandelli, sénateur LR et membre du comité de pilotage de cette feuille de route, l’objectif apparaît ambitieux « C’est un objectif positif, il est important de pouvoir se projeter. Pour autant, ça me parait difficile en l’état, en raison des équipements actuels, notamment du fait des difficultés à collecter, mais il faut rester optimiste. »

Une consigne solidaire, mais sans rémunération

Néanmoins, l'argent généré par le recyclage servira à financer une cause d'intérêt général. « Ce dispositif a vocation de s'attaquer aux zones où le taux de collecte est faible et notamment à la consommation hors-foyer qui échappe pour l'heure, en grande partie, à la collecte », précise la feuille de route. De fait, pour Didier Mandelli, faute d’incitation financière directe, les résultats risquent de mettre du temps à arriver. « Cette caution solidaire, c’est indéniablement positif. Cependant, au contraire des pays nordiques où il y a une gratification, là, l’enjeu se fera sur le changement de mentalité du consommateur, sur une prise de conscience. ça se fera, mais avec du temps. »

Recycler plutôt que jeter

En outre, la feuille de route prévoit des mesures d’incitation fiscale. L’objectif ici est de rendre plus cher la mise en décharge que le recyclage en prévoyant une augmentation des tarifs de la taxe générale sur les activités polluantes pour la mise en décharge et l’incinération. « Tous les leviers que l’on peut utiliser pour limiter la mise en décharge sont une bonne chose. Mais la question, c’est qu’est ce qu’on fait de cette fiscalité. Il faut que le produit de cette fiscalité soit utilisé de manière pertinente. » estime Didier Mandelli.

La création d’un « indice de réparabilité »

L'exécutif souhaite aussi prolonger la durée de vie des appareils électroménagers, notamment en informant, avant achat, le consommateur sur la réparabilité du produit. A partir de 2020 une vignette indiquera aux usagers si leurs équipements électriques, électroniques et meubles sont réparables ou non. « Cette information est importante car elle peut conduire le consommateur à s’orienter vers un produit un peu plus cher pour un produit qu’il sait pouvoir réparer facilement. C’est aussi un moyen de valoriser ces entreprises qui insistent sur la qualité de leurs produits. » estime le premier ministre.

Un renforcement de la garantie légale

Enfin, pour aider les consommateurs, un portail internet sera rapidement créé sous l'égide de la DGCCRF ((Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) . Il permettra de déposer plainte plus facilement, notamment en matière de respect de la garantie minimum de 2 ans. « Tout d'abord nous voulons nous assurer que notre réglementation en matière de conformité des produits est bien appliquée et que le consommateur en bénéficie vraiment » a affirmé le Premier ministre.

 

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