Deux mois après les ouragans Irma et Maria, Edouard Philippe poursuit dimanche en Guadeloupe sa tournée aux Antilles, une étape dominée par la question des indemnisations d'agriculteurs, producteurs de bananes en tête.
Au terme de son passage guadeloupéen, le Premier ministre atterrira en fin de journée dimanche à Saint-Martin, la plus touchée début septembre par Irma, avec 95% des bâtiments détruits ou endommagés, et plus d'un cinquième des 35.000 habitants ayant quitté la partie française de cette île partagée avec les Pays-Bas.
Arrivé avec cinq membres du gouvernement à Pointe-à-Pitre samedi soir après une première étape en Martinique, Edouard Philippe doit visiter dimanche matin deux exploitations agricoles dans le sud de la Guadeloupe, une bananeraie et une ferme de légumes, qui ont été ravagées par les vents très violents de Maria, autour du 20 septembre.
Le Premier ministre Edouard Philippe (g) s'entretient avec le président du conseil régional de la Guadeloupe Ary Chalus, à son arrivée à Pointe-à-Pitre le 5 novembre 2017
AFP
La banane, produit phare de l'économie guadeloupéenne avec habituellement plus de 80% des exportations agricoles, est particulièrement fragile face aux ouragans: entre 80 et 100% des fruits ont été détruits par Maria. Les producteurs, déjà éprouvés par l'ouragan Matthew en 2016, affichent des dommages de plusieurs dizaines de millions d'euros, selon les premières estimations.
Le Premier ministre français Edouard Philippe passe des troupes en revue, le 4 novembre 2017 dans la commune du Lamentin en Martinique
AFP
Selon Matignon, Edouard Philippe pourrait annoncer dimanche une nouvelle aide publique de l'ordre de 20 à 30 millions pour le secteur agricole. Mais, délai de traitement des dossiers oblige, cette aide pourrait n'être effectivement versée que dans plusieurs mois. Face à des trésoreries exsangues, l'Etat s'efforce, selon des sources gouvernementales, d'accélérer le versement des aides pour l'ouragan Matthew (3,7 millions pour Guadeloupe et Martinique), qui a frappé en octobre 2016.
Après la rencontre avec les agriculteurs en début de matinée, le chef du gouvernement doit prononcer un discours à l'occasion de l'inauguration d'un centre culturel et sportif, avant de rencontrer des pêcheurs sinistrés par la série de violents cyclones de la fin de l'été.
A son arrivée à l'aéroport de Pointe-à-Pitre samedi soir, Edouard Philippe a assuré qu'il comptait régler les dossiers sérieusement, en s'interdisant les "effets d'annonce".
- rentrée scolaire lundi -
A Saint-Martin et Saint-Barthelemy lundi, c'est le dossier de la reconstruction et du difficile retour à la normale qui devrait dominer les échanges, un mois et demi après la venue d'Emmanuel Macron. Comme il s'y était engagé, M. Philippe assistera dans la matinée à la rentrée scolaire dans une école saint-martinaise.
Conformément à l'objectif du gouvernement, tous les élèves vont pouvoir reprendre le chemin des classes, même si quatre établissements restent impraticables et qu'un système de rotations matin/après-midi des élèves a dû être mis en place dans certaines écoles. C'est sur le dossier de la reconstruction immobilière que l'exécutif entend désormais peser, dans une île de Saint-Martin où près d'un quart des constructions l'étaient sans permis, selon les chiffres cités par le gouvernement.
Une photographie prise le 7 septembre 2017, montrant les dégâts causés par Irma sur l'île de Saint-Martin
AFP/Archives
Les probables nouveaux puissants cyclones qui frapperont les Antilles "imposent de se poser la question de la façon dont nous devons reconstruire", a souligné Edouard Philippe samedi en Martinique. "Nous ne pouvons pas reconstruire comme si rien ne s'était passé", a plaidé le Premier ministre, assurant que l'État serait "exemplaire" pour ses installations. La question principale concerne le nombre importants d'habitations sans permis, dont la reconstruction au même endroit pourrait être freinée.
Jean-Claude Ducarois, 81 ans, retraité à Pont-de-Buislès, livre ses préoccupations. Dans sa commune du Finistère, le dernier commerce alimentaire, une petite supérette, a fermé ses portes quelques semaines seulement après la station-service. Comment inverser la tendance, et que peuvent les élus ? Quentin Calmet pose la question aux sénateurs invités de l’émission Dialogue citoyen.
Le chef de l’Etat a annoncé que les téléphones portables allaient « sans doute » être interdits dès la rentrée prochaine dans les lycées. C’est « faisable », soutient le sénateur Renaissance Martin Lévrier. « Il est incorrigible. C’est une annonce par jour pour exister », raille le sénateur LR Max Brisson, opposé à l’interdiction au lycée. « Une annonce un peu surréaliste » qui élude les vrais problèmes, dénonce la sénatrice PS Colombe Brossel.
Suite aux récentes révélations mettant en cause les forces de l’ordre dans des affaires de violences au sein des personnes dépositaires de l’autorité publique, la gauche du Sénat demande à la commission des lois de se doter des prérogatives d’une commission d’enquête visant à examiner les conditions dans lesquelles l’IGPN et l’IGGN exercent leurs prérogatives.
Mercredi, députés et sénateurs ne sont pas parvenus à trouver une un accord en commission mixte paritaire sur le projet de loi de la Sécurité sociale. Le texte repart donc pour une nouvelle lecture en séance publique à partir de mardi, à l’Assemblée nationale. Les députés vont plancher sur le texte sorti du Sénat et conformément à la règle dite de l’entonnoir, leur droit d’amendement est limité. Ce qui va accélérer les débats mais sera-t-il suffisant pour arriver à un compromis ? Explications.
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