« Edouard Philippe est à la loyauté ce que Richter est au séisme, une référence », ironise Eric Dupond-Moretti

Après quatre années installé place Vendôme – un record sous la Présidence d’Emmanuel Macron – l’ancien avocat pénaliste revient dans un livre « Juré craché ! » (ed. Michel Lafon) sur son expérience politique aux côtés du Président de la République. Invité de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard, il dévoile des facettes méconnues de son histoire et règle ses comptes avec Gabriel Attal et Edouard Philippe, qu’il accuse de déloyauté.
Robin Jeangerard

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

S’il ne plaide plus, Eric Dupond-Moretti n’a pas abandonné l’idée de revenir prochainement dans les prétoires. Bien qu’il remplisse aujourd’hui son agenda et les salles avec les dates de son spectacle J’ai dit oui !  jusqu’à Montréal, l’ancien ministre de la justice imagine un jour renfiler la « robe ». Une carrière qu’il n’a pas choisi par hasard : lui qui a perdu son père à l’âge de quatre ans, décrit avec émotion ce drame comme « l’injustice originelle » qui a provoqué chez lui « l’envie inconsciemment de réparer les choses » et de devenir avocat.

Étudiant juriste, il termine dernier de sa promotion pour avoir manqué volontairement certains cours mais toujours pour une bonne raison. « Lorsque je séchais, j’allais m’asseoir aux assises, et j’écoutais les grands ténors de l’époque, Pelletier, Leclerc, ça me fascinait ». Une passion qui lui a permis de remporter un concours d’éloquence quelques mois plus tard.

Fidélité sans faille au Président

Homme de loi, il se définit également comme un homme de loyauté. Et au moment où les compagnons de route du Président de la République le lâche, Eric Dupond-Moretti affiche son soutien inconditionnel à Emmanuel Macron : « Il n’est pas jupitérien comme on peut le dire. Moi, je connais un homme dans un rapport de simplicité, d’authenticité, d’humanité », et d’ajouter aussitôt, « je le dis parce que je le pense vraiment. »

Il n’a d’ailleurs guère apprécié l’attitude des deux anciens premiers ministres Edouard Philippe et Gabriel Attal, à la suite des changements successifs de gouvernements depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024. « Le sens de l’honneur n’est pas un sens interdit en politique. Quand je vois Gabriel Attal qui est une création du président de la République et Edouard Philippe qui dit « je ne lui dois rien », mais si vous lui devez tout ! Vous aviez promis que vous seriez totalement loyal au Président de la République. Que nenni, c’est une promesse de nuit qui n’a pas vu le jour », avant de lâcher, « Edouard Philippe est à la loyauté ce que Richter est au séisme, une référence ».

Un syndicat de la magistrature politisé ?

Dans son livre, l’ancien garde des Sceaux règle aussi ses comptes avec les syndicats de magistrats qui s’étaient indignés de sa nomination et qui l’avaient poursuivi pour « conflits d’intérêts » : « Quand le Syndicat de la magistrature dit « Macron-Le Pen, deuxième tour de cauchemar », moi je pense qu’ils sont en dehors des rails, ils ne devraient pas dire ça parce qu’ils accréditent l’idée dans la tête de nos compatriotes que la Justice est ultra politique. »

« Je pense que les magistrats ont évidemment le droit de se syndiquer, ce sont des citoyens comme les autres. Mais ce qu’on attend d’un magistrat engagé politiquement, syndicalement, religieusement peu importe, c’est qu’il sache s’abstraire de ses convictions et de ses aprioris lorsqu’il juge. Et qu’au fond, l’impartialité soit la seule boussole. »

L’émission est à retrouver en intégralité ici.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

« Edouard Philippe est à la loyauté ce que Richter est au séisme, une référence », ironise Eric Dupond-Moretti
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

Documentaire De Gaulle, histoire d’un géant de Jean-Pierre Cottet
4min

Politique

Comment de Gaulle a construit l’image de la France dans le monde

États-Unis, Allemagne mais aussi Sénégal quand le monde apprend la démission du président de Gaulle en avril 1969, c’est une onde de choc politique. Celui qui était au pouvoir depuis 1958 avait en effet tissé des liens avec le monde entier. Construction d’une politique européenne pour se préserver notamment de l’influence de l’Amérique, décolonisation… Charles de Gaulle avait imprimé sa marque, ses opinions en matière de politique étrangère, laissant ainsi son héritage. C’est l’un des chapitres que nous propose de feuilleter le réalisateur Jean-Pierre Cottet dans le documentaire De Gaulle, histoire d’un géant diffusé sur Public Sénat.

Le

Capture d’écran du documentaire « Les Rosenberg, des espions au cœur de l’Amérique » de Julia Bracher
6min

Politique

Les « docus de l’été » : Les époux Rosenberg, les espions qui ont divisé l’Amérique

C’est l’un des procès pour espionnage les plus retentissants de l’Histoire des États-Unis. Celui des époux Rosenberg, accusés d’avoir travaillé pour le compte des Soviétiques en pleine Guerre froide et alors que l’Amérique apprend avec stupeur que les Russes détiennent l’arme atomique. Le documentaire "Les Rosenberg, des espions au cœur de l’Amérique", réalisé par Julia Bracher, diffusé cet été sur Public Sénat, raconte leur histoire et les tumultes provoqués par leur procès jusqu’au jour de leur exécution, le 19 juin 1953. L’élan populaire international n’aura pas suffi à les sauver de la chaise électrique.

Le

« Edouard Philippe est à la loyauté ce que Richter est au séisme, une référence », ironise Eric Dupond-Moretti
5min

Politique

« On m’a posé douze implants le même jour, une souffrance qu’on ne peut pas décrire » raconte cette victime d’un centre dentaire « low-cost »

En 2015, pour son passage à la retraite, Christine Teilhol, souhaite s’offrir un nouveau sourire. Éblouie par des tarifs attractifs d’un centre dentaire qui vient d’ouvrir, cette ancienne technicienne de laboratoire va tomber dans le piège d’un escroc et découvrir les limites de la médecine « low-cost ».

Le