EELV affiche ses ambitions pour les municipales… et la présidentielle
Réuni en Conseil fédéral à Paris, au sortir d'élections européennes réussies, EELV a affiché samedi "son incroyable ambition"...

EELV affiche ses ambitions pour les municipales… et la présidentielle

Réuni en Conseil fédéral à Paris, au sortir d'élections européennes réussies, EELV a affiché samedi "son incroyable ambition"...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Réuni en Conseil fédéral à Paris, au sortir d'élections européennes réussies, EELV a affiché samedi "son incroyable ambition" pour les municipales de 2020, mais aussi, déjà, la présidentielle de 2022.

"La prochaine échéance ce sont les municipales (...) Nous devons rassembler tous les écologistes, et ensemble, sans sectarisme, sans hégémonie (...) nous devons nous donner les moyens de gagner", a déclaré le député européen Yannick Jadot devant militants et élus.

Mais la responsabilité des écologistes est aussi de "porter une alternative pour une alternance dans notre pays" en 2022, a ajouté celui qui avait renoncé en 2017 à sa candidature pour soutenir Benoît Hamon.

"Qu'il soit clair que ce temps de l'hésitation, ce temps du doute, est révolu. A toutes ces élections nous devons assumer la conquête du pouvoir", a-t-il poursuivi.

Avec 13,5% des voix, EELV est apparu comme le gagnant à gauche des élections européennes, se hissant à la troisième place du podium derrière le RN et LREM.

M. Jadot, qui a tiré la liste EELV aux européennes, ferait-il un bon candidat à la présidentielle ? "Yannick Jadot, depuis le résultat aux élections européennes, s'est affirmé comme la personnalité de l'écologie politique en France. Il a gagné d'une certaine façon ses galons, donc bien sûr c'est un candidat légitime", a répondu le secrétaire national d'EELV David Cormand, qui quittera la direction du parti au plus tard à l'automne.

- "Couple maudit" -

D'ici 2022, M. Jadot veut "faire de l'écologie le premier mouvement politique de ce pays", a-t-il assuré à la presse. Auprès du Monde, il avait espéré que les écologistes puissent gagner aux municipales "Paris, Nantes, Rennes, Toulouse" et "de nombreuses villes petites et moyennes".

Le député européen pêche-t-il par orgueil, comme l'en accuse une partie de la gauche ? "Je n'ai pas le melon, j'ai une incroyable ambition ! Ceux qui nous disaient qu'on était insignifiant disent aujourd'hui +ils ont gagné mais ça ne veut rien dire+. Nous, on pense que ça a un sens", a-t-il rétorqué.

M. Cormand a de son côté reconnu qu'il faudrait "trouver le chemin de l'unité" avec d'autres forces pour l'emporter, car "pour gagner une élection (présidentielle), il faut faire 50% plus une voix. J'ai beau être très ambitieux pour l'écologie, je ne suis pas sûr que l'écologie stricto sensu puisse faire 50% plus une voix", a-t-il admis.

Pour les municipales, M. Cormand a une nouvelle fois clairement écarté toute alliance avec le parti présidentiel: "Le projet de La République en marche n'est pas compatible avec le projet de l'écologie (...) Nous sommes clairement dans l'opposition à la majorité actuelle", a-t-il affirmé.

La ligne d'EELV n'est "pas le ni droite ni gauche", mais "l'écologie affranchie" des "complexes", des "étiquettes" comme des "vieilles cosmogonies", a-t-il expliqué.

M. Jadot a de son côté fustigé le "couple maudit" que forment selon lui le Rassemblement national et les "libéraux productivistes" de La République en marche.

De quoi rassurer le Parti socialiste, qui dirige aujourd'hui quelque 200 villes de plus de 10.000 habitants, avec souvent l'appui des écologistes.

- Des sondages rassurants pour le PS -

Réuni en conseil national samedi matin, le PS a adopté une résolution où il s'engage à travailler partout en France "à la constitution de listes d'union et de rassemblement le plus large possible de toute la gauche et des écologistes ".

Le parti a lui aussi tracé une ligne jaune vis-à-vis de la République en marche, en affirmant qu'il "n'investira(it) ou ne soutiendra(it) aucune tête de liste soutenant la politique libérale du gouvernement".

Au cours de cette matinée, les socialistes, qui ont évité de peu la catastrophe aux européennes avec 6,2% des voix, ont tenté de se rassurer en se penchant sur les résultats d'une étude réalisée par l'Ifop. Cette dernière laisse espérer une victoire pour le PS à Nancy - ville détenue par le centriste Laurent Hénart -, comme à Nantes - où les écologistes ont réalisé le 26 mai un score canon (26,3%).

"Ne soyez pas tristes, la gauche est une fête", a lancé à ses camarades le premier secrétaire Olivier Faure en conclusion de son discours.

Partager cet article

Dans la même thématique

EELV affiche ses ambitions pour les municipales… et la présidentielle
3min

Politique

« On est en droit de se poser des questions sur l’état mental de Donald Trump », pour Michel Cymes

Doit-on connaitre l’état de santé de ceux qui nous dirigent ? Doit-on évaluer leur santé mentale ? À l’affiche d’une pièce de théâtre, Michel Cymes interroge sur scène la question du secret médical des présidents élus et des candidats à la fonction suprême. Comment s’assurer de leurs capacités mentales et physiques sans trahir le secret médical ? À quelques mois de la prochaine élection présidentielle, il répond aux questions de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.

Le

EELV affiche ses ambitions pour les municipales… et la présidentielle
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Municipales 2026 : comment les résultats dessinent déjà la carte des sénatoriales de septembre

Le Sénat sera renouvelé de moitié en septembre prochain, un scrutin intimement lié à celui des municipales en raison de son corps électoral. Les nouveaux équilibres communaux permettent ainsi d’anticiper sur la future composition de la Chambre haute, entre la résistance de la droite, le recul redouté des socialistes et des écologistes, et les ambitions inédites du RN et de LFI. Décryptage.

Le

EDF Reseau de Transport Electricite de Nice
6min

Politique

Marché européen de l’électricité : sortie ou réforme ? Les paradoxes de la normalisation du RN

Alors que les marchés de l’énergie s’affolent, Jordan Bardella a été attaqué par Bruno Retailleau sur sa proposition de sortie du marché européen de l’électricité. Le président du Rassemblement national estime défendre une simple « remise en cause des règles de fixation du prix » sans sortir du marché, illustrant ainsi la stratégie « attrape-tout » du RN, cherchant à la fois à contenter le grand patronat et son électorat populaire.

Le