Congé maternité, lutte contre le harcèlement de rue, égalité professionnelle... La secrétaire d'État à l'égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a précisé à l'AFP ses futurs chantiers:
Congé maternité unique
La secrétaire d’État qualifie de "priorité" la création d'un "congé maternité unique" pour toutes les femmes quel que soit leur statut, aligné sur le régime le plus avantageux.
"L'idée est de mettre fin à la fois à l'iniquité de durée, et à l'iniquité d'indemnité" avec un taux harmonisé, précise Mme Schiappa.
Concernant la durée, "le but est que le congé maternité des salariées ne bouge pas, c'est d'harmoniser vers le haut des congés qui actuellement sont plus faibles", par exemple ceux des auto-entrepreneuses, professions libérales ou intermittentes.
Cependant, "il y a des femmes en professions libérales qui ne souhaitent pas prendre plus de congé, qui ne souhaitent pas que ce soit obligatoire. Ce sont des subtilités que nous devons respecter".
Selon son entourage, l'objectif est "qu'avant la fin de l'été, le cadre législatif soit défini".
Égalité professionnelle
Pour améliorer l'égalité professionnelle femmes-hommes, Emmanuel Macron avait prévu d'effectuer pendant la campagne des opérations de "testing" dans les entreprises et de publier les noms de celles qui ne respectent pas l'égalité salariale.
"Commencer par de la dénonciation aurait été un peu abrupt comme premier contact avec les entreprises", a estimé Mme Schiappa.
Marlène Schiappa veut "privilégier le dialogue" pour renforcer l'égalité femmes-hommes dans les entreprises
AFP/Archives
Il est donc proposé aux dix dernières entreprises du baromètre annuel Ethics and Boards, qui mesure l'égalité professionnelle, de participer à une formation d'une journée par des intervenants spécialisé, pour "privilégier le dialogue". "On part du principe que si ces entreprises sont mal classées, ça peut être de la misogynie pure, mais aussi un manque de temps, d'intérêt, de connaissance du sujet ou de moyens".
La première formation doit avoir lieu dans les prochaines semaines. Les noms des entreprises qui ont décliné l'invitation seront alors dévoilés.
Prescription des crimes sexuels sur mineurs
L'allongement à 30 ans à partir de la majorité, contre 20 aujourd'hui, du délai de prescription applicable aux crimes sexuels commis sur les mineurs est un "chantier qu'il faut ouvrir", selon Marlène Schiappa.
La secrétaire d’État veut "travailler à la mise en œuvre" de cette préconisation faite sous la précédente mandature par une mission de consensus co-présidée par l'animatrice Flavie Flament, qui a révélé avoir été violée adolescente.
Elle doit s'entretenir prochainement "sur ce sujet, entre autres" avec le ministre de la Justice François Bayrou.
Procréation médicalement assistée
Le candidat Macron s'était dit "favorable" à une loi ouvrant la PMA "aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires", la conditionnant toutefois à l'avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), attendu d'ici fin juin.
Marlène Schiappa estime "que la société est plutôt prête à accepter la PMA" pour toutes. C'est pour elle une "mesure de justice sociale" qui mettrait fin à une "forme de discrimination à l'égard des femmes lesbiennes et célibataires" et à "l'inégalité" entre celles qui ont les moyens financiers de recourir à des PMA à l'étranger et celles qui ne les ont pas.
"Le sujet reste très sensible. L'idée, c'est de faire des mesures qui soient acceptées par la société et que le débat ne dure pas", explique-t-elle, estimant que "les débats sur le mariage pour tous ont été trop longs et trop durs".
Lutte contre le harcèlement de rue
Mme Schiappa souhaite que les policiers de proximité qui seront recrutés au cours du quinquennat puissent verbaliser, par des amendes "immédiates", les actes sexistes (harcèlement, injures) commis dans l'espace public.
Elle veut en outre que "toutes les politiques d'urbanisme comportent un volet concret de prévention des violences sexuelles et sexistes".
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