Il y a deux ans l’enquête de Victor Castanet avait provoqué une onde de choc dans l’opinion publique avant de rapidement se transformer en scandale : manque de soignants dans les établissements, traitements dégradants pour les patients ou encore réduction des portions alimentaires, les reproches sont nombreux. Avec la parution du livre pour la sénatrice de Paris Anne Souyris : « On les a regardés et évidemment on s’est aperçu que ça n’allait pas du tout et qu’il fallait faire quelque chose (…) Jusqu’à présent on mettait les personnages âgés complètement en dehors et on ne les regardait plus une fois qu’ils étaient en Ehpad ». Mais pour l’élue le constat est toujours le même : « Ça s’est un peu amélioré, il y a un petit peu de transparence mais on est loin du compte. »
Co-autrice d’un rapport d’information « Ehpad, un modèle à reconstruire », l’élue écologiste demande une transparence complète sur l’ensemble des prestations et sur les dividendes distribués. L’idée ? Que les familles puissent consulter ces informations afin de choisir au mieux l’établissement adapté à leurs aïeux. « On sait que c’est un peu la dernière demeure et on peut avoir des problèmes d‘autonomie et avoir quand même une vie, et c’est cette vie-là qu’il faut organiser », argue-t-elle.
Une alternative à l’Ehpad est-elle possible ?
Un autre problème structurel existe autour de ces établissements : le prix. Avec une retraite moyenne mensuelle de 1420 euros nets en France pour un coût moyen de 2600 euros par mois pour une prise en charge, difficile pour les retraités de s’offrir ce qui s’apparente à un luxe.
Des alternatives commencent à émerger, comme les béguinages qui se construisent en France. Des quartiers de résidence pensés et aménagés pour faciliter la vie des usagers âgées. Chaque logement possède des prises électriques à portée de mains, un sol antidérapant, des montants de portes éclairés ou encore une douche adaptée. L’objectif est de ralentir la perte d’autonomie : « C’est un mode de vie rassurant et qui n’est pas infantilisant », témoigne une habitante de L’orée du bourg, un béguinage installé dans la Vienne.
L’isolement des ainés
Et il y a urgence à prendre soin de nos ainés, comme le souligne Jean-Pierre Aquino, délégué général de la société française de gériatrie et de gérontologie : « on estime en France qu’il y a 500 000 personnes âgées en situation de mort sociale, c’est-à-dire qu’elles n’ont plus aucun contact avec qui que ce soit. Il y a des mesures pratiques à organiser. »
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