Ehpad : Il faut « peut-être éviter de reconfiner totalement des établissements », selon le gouvernement
Auditionnée au Sénat ce 27 octobre sur le budget de la Sécurité sociale, la ministre chargée de l’Autonomie Brigitte Bourguignon a dû répondre à une question sur la situation sanitaire dans les maisons de retraite. Et préciser la ligne sur le protocole sanitaire.

Ehpad : Il faut « peut-être éviter de reconfiner totalement des établissements », selon le gouvernement

Auditionnée au Sénat ce 27 octobre sur le budget de la Sécurité sociale, la ministre chargée de l’Autonomie Brigitte Bourguignon a dû répondre à une question sur la situation sanitaire dans les maisons de retraite. Et préciser la ligne sur le protocole sanitaire.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La ministre chargée de l’Autonomie, Brigitte Bourguignon, n’a pas seulement évoqué les grands chantiers et le temps long, à savoir la nouvelle branche de la Sécurité sociale dédiée à la prise en charge du grand âge et du handicap, qui sera l’un des grands temps forts du prochain budget. Devant la commission des affaires sociales du Sénat, l’ancienne députée a dû en parallèle s’exprimer sur l’urgence, alors que l’aggravation de la pandémie de Covid-19 en France fait craindre à nouveau le pire pour les Ehpad.

Interrogée par le sénateur Philippe Mouiller, rapporteur LR de la branche autonomie, la ministre a indiqué que 550 clusters, « en cours d'examen », étaient désormais recensés aujourd'hui dans les établissements de personnes âgées. Brigitte Bourguignon a souligné qu’il fallait à la fois « craindre » et « anticiper » une aggravation de la situation. Des tests antigéniques « vont être distribués très largement » dans l’ensemble des établissements, pour « éviter les propagations soudaines qu’on a connu lors de la première vague », a-t-elle annoncé.

« L’enseignement de la première vague dit que le confinement total des personnes âgées a conduit à des situations dramatiques »

Mais le diptyque « tester - isoler » pose des questions pour les personnes en fin de vie. « On a voulu maintenir la ligne de crête que l’on souhaite tenir », a ajouté la ministre. « On peut protéger mais essayer de ne pas isoler. L’enseignement de la première vague dit que le confinement total des personnes âgées a conduit à des situations dramatiques. On doit tenir compte des familles, des fins de vie qui doivent être accompagnées. »

Dans le contexte de nouvelle flambée du coronavirus, et alors que l’Élysée s’apprête à annoncer de nouvelles mesures difficiles pour contenir la deuxième vague, Brigitte Bourguignon a considéré qu’il faudrait « peut-être éviter » de reconfiner totalement les Ehpad touchés. « C’est notre devoir que de protéger. Mais pour autant, si nous pouvons dépister de suite, isoler de suite, peut-être éviter de reconfiner totalement des établissements, on demande bien sûr aux établissements d’avoir des réponses graduées sur ce sujet ».

Face aux demandes de renfort en personnels, la ministre a par ailleurs annoncé qu’une circulaire avait été envoyée à destination des agences Pôle emploi pour faciliter les recrutements au moyen de « tous les leviers » (jusqu’à l’alternance et l’apprentissage) et que les surcoûts qui en résulteraient seraient « pris en charge ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Capture d’écran du documentaire « Michel Debré et La Réunion, dérives d’une ambition républicaine » d’Alice Cohen
4min

Politique

Les « docus de l’été » : L’histoire oubliée de l’île de La Réunion

C’est un chapitre méconnu de l’histoire de France : la politique menée par Michel Debré à La Réunion entre 1963 et 1988. Pendant vingt-cinq ans, l’ancien Premier ministre du général de Gaulle mettra tout en œuvre pour contenir les velléités autonomistes qui traversent l’île, notamment celles portées par les communistes réunionnais. Traumatisé par l’indépendance de l’Algérie, inquiet de la montée des mouvements anticoloniaux et frappé par la misère qui touche alors une grande partie de la population, il engage une politique volontariste de modernisation fondée sur de grands travaux, des investissements massifs mais aussi des mesures beaucoup plus contestées, comme le transfert de milliers de mineurs vers la métropole. Cette période complexe et controversée de l’histoire réunionnaise est au cœur du documentaire d’Alice Cohen, "Michel Debré et La Réunion", dérives d’une ambition républicaine à voir cet été sur Public Sénat.

Le

Gare SNCF Toulouse MATABIAU
7min

Politique

« Rien n’a été prévu » : un rapport du Sénat dresse un bilan sévère sur l’ouverture du réseau ferroviaire à la concurrence

Cinq après l’ouverture du ferroviaire à la concurrence, un rapport sénatorial salue l’efficacité budgétaire de la réforme, mais regrette l’impréparation de l’Etat face aux bouleversements engendrés par la fin du monopole de la SNCF. L’éclatement du réseau et le sous-financement des lignes moins rentables préoccupent particulièrement les sénateurs.

Le