Élection législative partielle sous tension à Mayotte
Une partie des Mahorais sont appelés aux urnes ce dimanche pour une élection législative partielle organisée dans un contexte de forte crise...

Élection législative partielle sous tension à Mayotte

Une partie des Mahorais sont appelés aux urnes ce dimanche pour une élection législative partielle organisée dans un contexte de forte crise...
Public Sénat

Par Cécile AZZARO

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Une partie des Mahorais sont appelés aux urnes ce dimanche pour une élection législative partielle organisée dans un contexte de forte crise sociale qui paralyse l'île depuis près d'un mois.

La plupart des élus et les organisateurs du mouvement ont demandé samedi le report du scrutin mais le préfet de Mayotte Frédéric Veau leur a opposé une fin de non-recevoir.

"Mayotte, c'est la République, la République, c'est la démocratie, la démocratie, ce sont les citoyens qui s'expriment dans les urnes", a-t-il dit, assurant que "l’État prendra toutes les dispositions pour assurer le bon déroulement du scrutin".

Mayotte, un département sous pression migratoire
Données clés sur l'immigration à Mayotte : nombre de naufrages de migrants, lieu de naissance des habitants de l'île et comparaison du nombre d'expulsions avec la France métropolitaine
AFP

Seul le maire de Mamoudzou, le chef-lieu, s'est désolidarisé de cette demande de report.

Outre les difficultés que pourraient rencontrer certains électeurs pour accéder aux bureaux de vote en raison des barrages qui bloquent les points stratégiques de l'île, les élus ont fait valoir, par la voix de leur porte-parole Mohamed Bacar, maire de Tsingoni, que "même si les mairies sont ouvertes, il n'y a pas de garantie que les conditions de sécurité soient réunies".

M. Bacar a également fait part d'un problème de campagne électorale pour les huit candidats qui "n'ont pas pu voir leurs électeurs". Ce qu'a confirmé l'un d'eux à l'AFP, Boina Dinouraini (DVG): "On ne circule pas, on ne peut pas faire campagne".

Mayotte
Fiche sur le 101e département français
AFP

Prenant acte de la décision du préfet, le porte-parole des élus prédit déjà "une cascade" de recours après l'élection.

Un porte-parole du mouvement social, Salim Nahouda, a lui appelé la population à boycotter le scrutin, ce que plusieurs Mahorais envisageaient de faire, à l'instar de Marie Elna, une enseignante gréviste.

"Je ne vais pas aller aux urnes. Tout simplement je suis manifestante donc demain je ne vote pas. Je vote pas parce que ce serait être contre les autres", a-t-elle expliqué à l'AFP. "A l'heure actuelle, avec tout ce qui se passe à Mayotte, on n'a pas la tête à aller voter".

- Soutien inédit du FN au candidat LR -

Ahamada Haribou, directeur général adjoint des services à la mairie de Mamoudzou, prévoit un taux de participation très faible, rappelant que, lors des élections précédentes, "même sans les barrages, le taux de participation était assez faible", autour de "46%". Il souligne que "beaucoup d’électeurs votent à Mamoudzou mais habitent hors Mamoudzou. Ils n'ont pas la possibilité à ce jour de se déplacer librement pour pouvoir venir voter".

Dans ce contexte particulier, les électeurs devront choisir entre huit candidats pour le siège de la première circonscription, dont les deux finalistes de juin. Ramlati Ali, devenue la première femme mahoraise députée, avait alors été élue sous l'étiquette PS avant de siéger au groupe LREM à l'Assemblée nationale.

Son élection a été annulée le 19 janvier après un recours de son opposant, l'avocat Elad Chakrina (LR), le Conseil constitutionnel ayant considéré que, eu égard au "faible écart de voix" entre eux, "la sincérité du scrutin (avait) été altérée".

Mme Ali a été mise en examen le 14 février pour complicité de fraude électorale dans une affaire de procurations litigieuses lors du précédent scrutin. Ayant fait appel de cette décision, elle se représente sans étiquette.

La surprise est venue mercredi de la présidente du Front national Marine le Pen, qui a appelé à voter pour le candidat LR, démarche inédite pour le parti d'extrême droite. Les Républicains se sont désolidarisés de ce soutien.

"Je tiens à préciser que je ne partage pas les idées du Front national (...) Je note juste que Mme Le Pen fait le constat de ce qui se passe à Mayotte", a déclaré Elad Chakrina, interrogé vendredi par l'AFP.

Parmi les autres candidats figurent Bacar Ali Boto (centre gauche), premier adjoint au maire de Mamoudzou, Daniel Zaidani, ancien président du Conseil général, mis en examen en février 2017 pour détournement présumé de fonds publics dans l'exercice de ses fonctions, ou encore Abdullah Mikidadi (LFI).

Partager cet article

Dans la même thématique

Élection législative partielle sous tension à Mayotte
5min

Politique

Saint-Etienne : le stade Geoffroy-Guichard et l’AS Saint-Etienne s’invitent dans le débat des municipales

Lors du débat organisé par Public Sénat et TL7, la proposition de vendre le stade Geoffroy Guichard, propriété de la mairie, à l’ASSE a été mise sur la table par le candidat Horizons, Eric Le Jaouen. Les huit candidats sont aussi revenus sur l’affaire Perdriau, qui a vu l’ancien maire condamné à cinq ans de prison dans une affaire de chantage à la sextape.

Le

Blanc Mesnil: B. Retailleau denonce les accords PS LFI aux Municipales
9min

Politique

Municipales : Bruno Retailleau dénonce « les accords de la honte » entre PS et LFI, Patrick Kanner l’accuse d’être « le Canada Dry du RN »

Alors que le président des LR, Bruno Retailleau, dénonce « les accords de la honte » entre le PS et LFI dans « 62 » communes, il accuse les responsables de gauche d’être « une bande de tartuffes ». En réponse, Pierre Jouvet, numéro 2 du PS, prépare aussi sa carte des accords entre droite et extrême droite et pointe « les listes communes entre LR et RN ». « Bruno Retailleau sert la soupe au RN », ajoute Patrick Kanner, président du groupe PS du Sénat.

Le

The Epstein Files Illustrations
3min

Politique

Affaire Epstein : vers une commission d’enquête au Sénat ?

Dans un courrier adressé au président du Sénat, Gérard Larcher, Le sénateur LR, Henri Leroy et 15 de ses collègues de la droite et du centre appellent solennellement la chambre haute à mettre en place une commission d’enquête « relative aux implications institutionnelles et aux éventuels dysfonctionnements publics liés à l’affaire Epstein ».

Le