De nombreux agriculteurs français, qui cultivent historiquement une solide fibre pro-européenne, sont aujourd'hui en plein doute, craignant que...
Elections européennes: les agriculteurs français en plein doute
De nombreux agriculteurs français, qui cultivent historiquement une solide fibre pro-européenne, sont aujourd'hui en plein doute, craignant que...
Par Isabel MALSANG
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De nombreux agriculteurs français, qui cultivent historiquement une solide fibre pro-européenne, sont aujourd'hui en plein doute, craignant que la future politique agricole commune (PAC) ne soit ni "commune" ni protectrice, et qu'elle ravive les concurrences au sein de l'UE.
Alors que nombre d'entre eux admettent qu'ils ne pourraient pas vivre sans les aides européennes face à la concurrence des produits venant du Brésil, de Chine ou des Etats-Unis, où l'agriculture est massivement subventionnée, ils s'inquiètent d'une réduction annoncée de quelque 15% du budget pluri-annuel de l'Union (2021-2027), qui sera discutée par le nouveau parlement, la PAC étant le premier de ces budgets.
Les plus gros exploitants, comme les céréaliers, craignent de voir chaque pays décider des priorités d'utilisation des fonds européens au nom d'une nécessaire simplification du système. Ce qui risque de créer des concurrences intra-européennes en fonction des secteurs agricoles soutenus par chaque pays.
Les plus petits, en particulier dans le maraîchage et les fruits et légumes, souhaiteraient bénéficier davantage de la manne européenne.
Des vaches charolaises dans un pré près de Chiché, le 26 avril 2019 dans les Deux-Sèvres
AFP/Archives
Sur fond de réchauffement climatique, beaucoup espèrent que la future PAC encouragera les agriculteurs bio ou vertueux sur le plan environnemental et qu'elle leur servira d'assurance en cas d'aléas climatiques ou de chute des prix de marché.
En Bretagne, première zone laitière en Europe très touchée par la crise du lait en 2015-16, la Banque Européenne d'investissement (BEI) a débloqué ces derniers mois d'importants prêts pour développer la production de lait en poudre tournée vers l'exportation, notamment vers la Chine. Mais les éleveurs de porcs de la région ont, eux, beaucoup de mal à s'adapter aux changements rapides de la consommation vers plus de bio et plus de qualité.
les principales propositions de Bruxelles pour réformer la Politique agricole commune (PAC) (90x97 mm)
AFP/Archives
Dans le sud, les producteurs de fruits et légumes, et les viticulteurs craignent que la nouvelle politique française de réduction des pesticides ne débouche sur des distorsions de concurrence avec les pays voisins.
Déjà les pommes polonaises, produites avec certains produits interdits en France, et de la main d'oeuvre non européenne faiblement rémunérée, déstabilisent le marché français.
La France est le premier pays utilisateur de produits phytosanitaires en Europe, car elle dispose des plus grandes surfaces, avec 28,7 millions d'hectares de terres agricoles.
Mais elle tombe au neuvième rang en quantité à l'hectare, ce qui illustre une transition agroécologique de son agriculture, en limitant les doses de pesticides: un bon point pour la santé, le climat et l'environnement, mais un cap délicat pour des agriculteurs dnt les coûts de production augmentent face à leurs collègues européens.
Des porcs dans une ferme à Ruffiac, le 1er avril 2019 dans le Morbihan
AFP
Enfin beaucoup dénoncent la lourdeur administrative de la PAC, même si celle-ci est plus souvent dûe à l'administration française qu'à Bruxelles: que ce soient les contrôles, les retards de paiement des aides qui s'étalent parfois sur trois ans, ou encore les redécoupages administratifs de zones agricoles défavorisées (ZDS) éligibles à des indemnités de compensation des handicaps naturels (ICHN).
Quatre élus de Saône-et-Loire ont démissionné en début d'année, car ce redécoupage prive 29 éleveurs de leur région d'aides, les vouant à une disparition quasi-annoncée.
Vainqueur dès le premier tour de la primaire PS/Place publique, avec 66,17 % des suffrages, Raphaël Glucksmann a été très clairement désigné candidat de la gauche sociale, dimanche soir. Invité de la matinale de Public Sénat « Bonjour chez vous », Nicolas Mayer-Rossignol, maire PS de Rouen et soutien de Raphaël Glucksmann, a salué ce résultat.
Après la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate, le président du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner, « souhaite que le PS se mobilise à tous les niveaux » pour le candidat « presque adoubé ». Mais « c’est une première étape, il faut transformer l’essai ».
Avec plus de 66% des suffrages, Raphaël Glucksmann s’offre une victoire suffisamment large pour enclencher une dynamique de rassemblement au sein du PS, où sa candidature était loin de faire l’unanimité. En revanche, rassembler au-delà du pôle social-démocrate risque de s’avérer plus compliqué pour le fondateur de Place Publique.
Après sa victoire écrasante à la primaire de la gauche sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann « mesure l’immense responsabilité que cela représente ». « Je suis aujourd’hui le candidat du Parti socialiste », soutient le leader de Place Publique, qui veut aussi être « le candidat de la rupture avec l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche française » et « le candidat qui pourra battre l’extrême droite ».