Government Spokesperson Prisca Thevenot in Nouatres, France, April 5, 2024
France's Deputy Minister for Democratic Renewal and Government Spokesperson Prisca Thevenot reacts in the streets of Nouatres on April 5, 2024, central France. More than a hundred people were evacuated from their homes in Indre-et-Loire and Vienne following heavy river flooding in west-central France since March 30, 2024.//SOUVANTGUILLAUME_SOUVANT0217/Credit:GUILLAUME SOUVANT/SIPA/2404060912

Elections législatives : une campagne électorale sous haute tension, émaillée de violences

En cette fin de campagne électorale, 51 agressions ont été recensées à l’encontre de plusieurs candidats, à commencer par la porte-parole du gouvernement, Prisca Thevenot, dont l’équipe a été violemment prise à partie à Meudon, ce mercredi 3 juillet. Les actes de violence physique et verbale se multiplient. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé que ces 51 agressions contre des candidats, suppléants ou militants, ont donné lieu à une trentaine d’interpellations. Un climat délétère dont chaque camp politique s’alarme et tente d’imputer la responsabilité aux « extrêmes ».
Rédaction Public Sénat

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« Tout s’est passé très rapidement ». Ce mercredi 3 juillet, l’équipe de campagne de Prisca Thevenot, porte-parole du gouvernement et candidate dans les Hauts-de-Seine, a été violemment prise à partie dans la circonscription de Meudon, lors d’une opération de collage d’affiches en vue du second tour des élections législatives anticipées. Quatre personnes, dont trois mineurs, ont été interpellées, soupçonnées d’avoir blessé la suppléante de la ministre ainsi qu’un militant. Une enquête de flagrance a été ouverte par le parquet de Nanterre pour « violences commises en réunion avec arme » et « violences sur un élu public en réunion et avec arme ». Cette agression s’inscrit dans un climat de violence exacerbé entretenu par une parole désinhibée qui ne se satisfait plus toujours du verbe.

Une condamnation unanime de la classe politique

Quelques heures seulement après l’agression de Prisca Thevenot et de son équipe électorale, l’ensemble des partis ont expressément condamné ces violences, au-delà des divergences partisanes. A commencer par le Premier ministre, Gabriel Attal, qui s’est exprimé sur le réseau social X, ce 4 juillet. « La violence et les intimidations n’ont pas leur place dans notre démocratie », a-t-il affirmé, avant d’appeler « au sursaut » face à ce « climat de violence et de haine qui s’installe ». Bruno Le Maire, de son côté, a réagi par la publication d’une consigne de vote claire pour dimanche prochain : « 0 voix aux extrêmes, 0 compromis avec la violence politique, 0 tolérance pour la haine verbale ». Le ministre de l’Economie et des finances alerte directement sur le danger pour « notre paix civile ».

A droite, Valérie Pécresse soutient « qu’aucun désaccord politique ne justifie le recours aux intimidations et à la violence ». A la gauche de l’échiquier politique, l’insoumise dissidente et députée sortante de Paris, Danielle Simonnet, rappelle que ce sont « aux urnes de trancher, pas aux poings ».

A l’extrême-droite, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a également apporté son soutien à la ministre, tout en appelant « au calme et à l’apaisement ». Interrogée au micro de BFMTV, Marine Le Pen dénonce, quant à elle, « une ambiance qui a été créée par l’extrême-gauche », bien que l’on ne connaisse pas, pour l’heure, l’affiliation et les potentielles motivations politiques des agresseurs présumés.

Une violence politique en série

La campagne éclair lancée le 9 juin dernier se distingue non seulement par son enjeu historique mais également par le déchaînement de violences que celui-ci suscite. Le débat électoral a rapidement pris une tournure et une tonalité exceptionnellement brutales. Les agressions et les menaces, que ce soit à l’encontre des militants ou des candidats, se succèdent et concernent toutes les forces politiques. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a indiqué sur BFMTV-RMC, ce vendredi 5 juillet, que 51 agressions contre des candidats, suppléants ou militants ont été recensées depuis le début de la campagne, donnant lieu à une trentaine d’interpellations.

La secrétaire d’Etat chargée des anciens combattants et de la mémoire, Patricia Miralles, arrivée troisième au premier tour dans la 1ère circonscription de l’Hérault, avant de se désister, a déclaré avoir été victime de « centaines d’insultes » sur les réseaux sociaux et sur son « e-mail personnel depuis dimanche ». En Isère, Bernard Dupré, élu local de 77 ans, témoigne avoir été frappé au visage alors qu’il collait des affiches au profit de l’ex-ministre Olivier Véran, lequel a dénoncé une « agression lâche ».

La candidate RN Marie Dauchy, en lice dans la 3ème circonscription de Savoie, a annoncé qu’elle suspendait sa campagne à la suite d’une « violente agression » sur un marché ; un homme a été placé en garde à vue pour « menaces de mort réitérées, injures et violences contraventionnelles ». A Saint-Etienne, une enquête a été ouverte le 20 juin dernier pour des faits de violence en réunion sur un marché ; le candidat RN de la 2ème circonscription de la Loire, Hervé Breuil, assurait, auprès de l’AFP, avoir été agressé par « un groupe d’individus masqués ».

Dans la 10ème circonscription de Loire-Atlantique, trois militants de gauche affirment avoir subi une agression à caractère homophobe dans le cadre d’une opération de porte-à-porte. Ce mardi 2 juillet au soir, des partisans de Danielle Simonnet auraient été frappés et insultés à Paris ; la candidate du Nouveau Front Populaire accuse directement « des militants d’extrême-droite » et a annoncé vouloir porter plainte.

Par ailleurs, le conseil de l’Ordre du barreau de Paris a saisi le parquet, ce jeudi 4 juillet, après qu’un site d’ultra-droite a appelé à « éliminer » des avocats signataires d’une tribune anti-RN publiée par l’hebdomadaire Marianne, le 2 juillet dernier. « Il s’agit à notre connaissance de la première fois qu’il est explicitement appelé en France au meurtre d’avocats », a souligné l’association des avocats pénalistes (ADAP).

Eglantine Mougin

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