Clairefontaine: Celebration of French Training Model’s 50 Years
Olympique Lyonnais football club's former President Jean-Michel Aulas takes part in the celebration of the 50 years of the French training model at the national football center in Clairefontaine-en-Yvelines, FRANCE - 14/11/2023.//JEE_50ansf.20/Credit:J.E.E/SIPA/2311150157

Elections municipales 2026 : Jean-Michel Aulas fédère le socle commun à Lyon

Jean-Michel Aulas a réussi à agréger en trois semaines les soutiens de LR, de Renaissance, de l’UDI et d’Horizons. La droite et le centre lyonnais misent ainsi sur la popularité d’une figure lyonnaise, sorte de symbole d’un affaiblissement des partis politiques qui les touche aussi au niveau local.
Louis Mollier-Sabet

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Alors que le socle commun cherche à définir une feuille de route commune pour le futur gouvernement de Sébastien Lecornu, les forces politiques du bloc central se sont en revanche très rapidement mises d’accord sur un candidat commun aux municipales de Lyon : Jean-Michel Aulas. Avant d’annoncer officiellement sa candidature, l’ancien président historique de l’Olympique Lyonnais avait déjà noué une alliance avec la droite lyonnaise de Laurent Wauquiez début septembre (voir notre article).

Tout en « refusant les étiquettes politiques », Jean-Michel Aulas a pourtant enchaîné en trois semaines les ralliements au sein de la droite et du centre. Le 19 septembre, l’UDI lyonnais rallie à son tour l’ancien patron de l’OL. Le 22 septembre, Renaissance annonce par la voix de Gabriel Attal, son secrétaire général, sur X, « avoir décidé de rejoindre la dynamique de rassemblement initiée par Jean-Michel Aulas, « loin des querelles partisanes » et « dans une démarche d’apaisement. Le 23 septembre, la Commission nationale d’investiture d’Horizons « fait le choix d’une union républicaine derrière sa candidature pour l’alternance possible à Lyon ».

« De Renaissance à LR, tout le socle commun veut utiliser la popularité de Jean-Michel Aulas »

Et ce jeudi, donc, le principal intéressé officialise enfin sa candidature officieuse dans une lettre envoyée à 100 000 Lyonnais et publiée sur ses réseaux sociaux, sous la bannière « Coeur Lyonnais. » « Je veux que Lyon redevienne une ville sûre, où l’on peut sortir le soir sans crainte. Une ville verte, portée par le bon sens, sans dogmatisme », écrit-il notamment avant un meeting organisé ce vendredi au H7, un incubateur de start-up du quartier de Confluence. C’est en effet un récit entrepreneurial que semblent vouloir imposer l’ancien patron de Cegid et ses soutiens dans ce début de campagne. « Lyon est une ville de l’entreprise, une ville du travail, où l’on respecte bien plus la réussite professionnelle que la réussite politique », analyse Etienne Blanc, sénateur LR du Rhône, qui veut croire que la « réussite » de Jean-Michel Aulas dans l’informatique puis dans le football sera des arguments de poids dans la campagne. L’ancien président de l’OL a ainsi annoncé que la moitié des candidats de sa liste seraient « issus de la société civile. »

Comme d’autres avant lui, Jean-Michel Aulas utilise le recours à la « société civile » en profitant de la faiblesse des organisations partisanes traditionnelles, mais dans le contexte d’une élection locale où il dispose d’une énorme notoriété. « De Renaissance à LR, tout le socle commun veut utiliser la popularité de Jean-Michel Aulas – surtout avec le nouveau mode de scrutin plus direct – pour briser l’hégémonie de la gauche », analyse Matias Arraez, journaliste à France 3 Rhône-Alpes. Même à gauche on reconnaît que niveau notoriété, « Jean-Michel Aulas, ça pèse lourd », concède à publicsenat.fr le sénateur écologiste Thomas Dossus.

« Pour l’instant, il n’est pas au niveau », veut croire ce dernier, mais un sondage commandé par Jean-Michel Aulas en juin dernier le crédite de 36 % des intentions de vote au 1er tour, contre 27 % pour le maire écologiste sortant, Grégory Doucet, qui dispose tout de même de réserves de voix (12 % pour LFI et 6 % pour l’ancienne du Front de Gauche désormais divers gauche, Nathalie Perrin-Gilbert). Historiquement faible à Lyon, le RN est mesuré, lui, à 12 %.

Les responsables de la droite lyonnaise le reconnaissent eux-mêmes : dans ce paysage politique, ils ne disposaient pas d’un candidat à la notoriété suffisante. « Il fallait être réaliste, défend Etienne Blanc. LR n’avait pas de candidat pour ces élections municipales de la dimension de Raymond Barre, Dominique Perben ou Michel Noir. Quand Jean-Michel Aulas a fait savoir qu’il était candidat, j’ai été parmi les premiers à dire que c’était une évidence. »

Affaiblissement des partis et « manque de personnalités fortes »

Le sénateur du Rhône y voit le signe d’un « morcellement de la représentation politique », qui « manque de personnalités fortes. » L’influence de Laurent Wauquiez sur la droite de la région Auvergne Rhône-Alpes (AURA) a longtemps affaibli la fédération LR du Rhône par rapport à la droite auvergnate, avec notamment le départ de certains cadres à Horizons, comme Alexandre Vincendet, ancien député et maire de Rillieux-la-Pape. Résultat, la droite lyonnaise n’a pas réussi à faire émerger de candidat capable de rassembler l’opposition au maire écologiste sortant, Grégory Doucet. Dans ces conditions, Jean-Michel Aulas est un point de ralliement commode pour les forces politiques du socle commun, même se ranger derrière l’ancien président de l’OL a été plus facile pour certains que pour d’autres.

« On savait en off depuis un moment que LR serait derrière lui, développe Matias Arraez. Du côté de Renaissance, ça a l’air d’avoir été plus compliqué pour Thomas Rudigoz d’accepter la décision de Gabriel Attal au niveau national, notamment après les ralliements de LR, de l’UDI et d’Horizons… Il faut se souvenir qu’en 2020 Rudigoz avait fortement taclé Collomb quand il avait signé avec LR. » Georges Képénékian, premier adjoint de Gérard Collomb qui connaît bien Jean-Michel Aulas, qui s’était déjà présenté en dissidence face à la liste LREM en 2020, a d’ailleurs officialisé sa candidature sous l’étiquette divers gauche. Il ne rejoindra donc a priori pas le rassemblement de la droite et du centre initié par Jean-Michel Aulas.

Reste à régler la question de la puissante Métropole, puisque les Lyonnais voteront en mars prochain à la fois pour élire un conseil municipal et un conseil métropolitain qui exerce aussi les compétences du département sur le territoire de la métropole de Lyon. La droite a finalement désigné la maire de Sainte-Foy-lès-Lyon, une proche de Laurent Wauquiez, Véronique Sarcelli, alors que le maire de Saint-Priest, Gilles Gascon, était pressenti. « Véronique Sarcelli va travailler de manière très étroite avec Jean-Michel Aulas », assure Etienne Blanc, mais à l’heure actuelle, les forces du socle commun qui soutiennent l’ancien patron de l’OL ne se sont – à ce jour – pas entendues au niveau métropolitain.

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