Elections municipales à Paris : « Il est indispensable d’avoir une union dans l’entre-deux-tours entre Dati et Bournazel », réclame Hervé Marseille

Le premier tour des élections municipales se déroule ce dimanche 15 mars et le successeur d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris peine à poindre. Son ancien premier adjoint, Emmanuel Grégoire arrive en tête dans les sondages certes, mais l’hypothèse d’une fusion des listes entre le bloc central et la droite parisienne demeure. Invité dans l’émission Bonjour chez vous, le président du groupe sénatorial Union centriste, Hervé Marseille, enjoint les deux camps à s’unir face à la gauche d’Emmanuel Grégoire.
Guillaume Cros

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Qui sera le maire de Paris pour les six prochaines années ? A quatre jours du premier tour des élections municipales, les sondages voient rose avec l’ancien bras droit d’Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, crédité à 32 % d’intentions de vote. Rachida Dati, qui caracole à 5 points derrière (27 %), jouit d’une nette avance face à la zemmouriste Sarah Knafo (13.5 %), le centriste Pierre-Yves Bournazel (12 %) et l’insoumise Sophia Chikirou (10.5 %). Des chiffres qui irritent les opposants d’Emmanuel Grégoire, s’inquiétant de ne pas voir un rassemblement entre l’ancienne ministre de la Culture et le membre d’Horizons. 

« La question est de savoir si on veut gagner ou pas, c’est tout ! », tonne Hervé Marseille, le président de l’Union centriste au Sénat. Il s’étonne que Pierre-Yves Bournazel refuse l’alliance avec Rachida Dati, cette dernière ayant multiplié les appels du pied au candidat. « Ceux qui veulent le changement doivent vouloir le rassemblement […] si jamais on est dispersés, ce sera encore la même équipe (la gauche) qui l’emportera, mais en pire ! », avait-elle récemment déclaré dans la presse. Soutien de Rachida Dati, Hervé Marseille constate une campagne du premier tour « mal préparée » à cause des soubresauts du budget 2026 et des nombreux remaniements ministériels sous Sébastien Lecornu.  

« Trouver les conditions de rassemblement au deuxième tour »

Il regrette l’absence de communication entre les pontes du centre et de la droite. « Il n’y a pas eu de réunion collective entre Gabriel Attal, Edouard Philippe et Bruno Retailleau pour établir une stratégie commune sur le terrain. On se retrouve avec des listes fracturées dans des villes phares comme Lille, Strasbourg, Tours ou Nîmes », commente Hervé Marseille, ce mercredi 11 mars, dans l’émission Bonjour chez vous. 

Une première partie de campagne en demi-teinte, mais qui peut être sauvée au deuxième tour. Le sénateur des Hauts-de-Seine estime qu’« il faut trouver impérativement les conditions de rassemblement pour le deuxième tour » entre les listes du bloc central et de droite, notamment à Paris. « Il est indispensable d’avoir une union dans l’entre-deux-tours entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel », déclare-t-il. Mais hors de question pour lui de s’allier à Sarah Knafo, une femme « respectable » mais appartenant à « la droite radicale ».    

Endiguer la « poussée » du Rassemblement national 

Fort de 34 ans d’expérience dans la vie politique, Hervé Marseille observe « une poussée » du Rassemblement national dans les villes méditerranéennes telles que Marseille, Nice, Toulon ou Menton. « J’espère qu’elle (la poussée) sera contenue », clarifie-t-il, rappelant que l’élection de maires d’extrême-droite pourrait enfanter un groupe RN au Sénat, en vue des élections sénatoriales de septembre prochain. 

Autres zones grises dans ces élections municipales : le nouveau scrutin Paris-Lyon-Marseille, la fin du panachage pour les communes de moins de 1 000 habitants et le sort de 68 % des communes ne bénéficiant que d’une seule liste. Bien qu’Hervé Marseille soit indécis sur la possible baisse de participation des citoyens, il critique ouvertement la loi de non-cumul des mandats des élus qui expliquerait la perte d’attractivité du métier d’édile. « Elle a tué beaucoup de choses », conclut celui ayant déposé une proposition de loi en 2021 pour revenir sur cette interdiction, rejetée par l’Assemblée nationale. Il n’élude pas l’hypothèse de reproposer un texte de loi similaire après les élections municipales.

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