Elections régionales dans le Grand Est : la droite part divisée, le RN en embuscade
9 listes se présentent sur ce vaste territoire qui regroupe les anciennes régions, Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne. Une fusion qui n’a jamais fait l’unanimité et qui est d’ailleurs l’un des thèmes de campagne de plusieurs candidats.

Elections régionales dans le Grand Est : la droite part divisée, le RN en embuscade

9 listes se présentent sur ce vaste territoire qui regroupe les anciennes régions, Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne. Une fusion qui n’a jamais fait l’unanimité et qui est d’ailleurs l’un des thèmes de campagne de plusieurs candidats.
Public Sénat

Par Marion Vigreux

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Ancien médecin, Jean Rottner, président de la région Grand Est depuis 2017, s’est fait connaître du grand public pour ses nombreuses critiques envers le gouvernement pour sa gestion de la crise sanitaire. Lui dont le territoire a été le premier frappé par le covid, est un fervent défenseur de la décentralisation et se présente en homme de terrain, passionné par l’action locale.
Et difficile pour lui de tendre la main à la liste investie par la République en Marche.
Même au second tour, il fait le choix d’y aller seul, avec Les Républicains, l’UDI, le nouveau centre et les radicaux. Mais sans la députée européenne LR Nadine Morano avec qui il estime ne pas pouvoir travailler en harmonie. Elle, qui a trop de contradictions à ses yeux, c’est pourquoi il ne l’a pas mise sur sa liste.

Le candidat RN bien placé… et qui ne cache pas son souhait de travailler avec Nadine Morano

Si Jean Rottner est à ce jour favori des sondages, il est suivi de près par le candidat Rassemblement National, Laurent Jacobelli. Ancien candidat de Debout La France aux élections régionales de 2015, il a fait sa place au RN et dirige la liste du Grand Est. Le retour aux trois régions historiques fait partie de son programme. Coté alliance, aucun dialogue en vue avec Florian Philippot, tête de liste des Patriotes. En revanche, des mains se tendent vers la droite.
Le sénateur Jean-Louis Masson l’a rejoint et Laurent Jacobelli ne cache pas son envie de travailler avec la députée européenne Nadine Morano, avec qui il estime partager 90 % des idées. Signe ou pas, Marine Le Pen est attendue ce mardi 8 juin en Meurthe-et-Moselle, le département de Nadine Morano, pour soutenir le candidat RN.

La ministre Brigitte Klinkert ouverte aux alliances

Le parti présidentiel est quant à lui représenté par Brigitte Klinkert.
Figure de la droite alsacienne, ancienne présidente du conseil départemental du Haut-Rhin, celle qui est aujourd’hui ministre déléguée à l’insertion dans le gouvernement de Jean Castex a été investie par LREM et est soutenue par le Modem. Elle se présente comme la candidate du centre. Sur un territoire qu’elle veut remodeler car pour elle, la région va mal, est en perte d’identité et sa gestion suscite beaucoup d’incompréhension.
Troisième dans les sondages au premier tour, elle ne se ferme pas aux alliances. Elle qui se considère être une femme de consensus et de dialogue.

De l’autre côté de l’échiquier politique, à gauche, on est divisés. L’ancienne ministre Aurélie Filippetti est chef de file de « l’appel Inédit ». Soutenue par les Insoumis, les Radicaux de gauche, Génération (s). Mais pas le PS, qui s’est rangé derrière la candidate d’Europe Ecologie Les Verts, Eliane Romani.
La tête de liste explique avoir joué le dialogue, mais en vain. Si elle regrette l’absence d’union, à ses yeux, le rassemblement de la gauche qu’elle incarne est suffisant pour ouvrir un espoir aux électeurs de gauche, selon elle.
Elle veut porter un élan écologiste sur ce territoire à la fois rural et industriel qui se verdit à ses frontières. Avec des écologistes qui investissent de plus en plus la scène politique, en Allemagne, au Luxembourg et en Belgique.

Partager cet article

Dans la même thématique

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le