Elections régionales en Bretagne : duel fratricide entre les héritiers de Jean-Yves Le Drian
En Bretagne, les élections régionales s’annoncent particulièrement ouvertes. La majorité sortante est divisée par une guerre fratricide entre les deux héritiers de Jean-Yves Le Drian. Un duel qui favorise la droite et le Rassemblement national, de quoi faire basculer une région ancrée à gauche depuis 2004.

Elections régionales en Bretagne : duel fratricide entre les héritiers de Jean-Yves Le Drian

En Bretagne, les élections régionales s’annoncent particulièrement ouvertes. La majorité sortante est divisée par une guerre fratricide entre les deux héritiers de Jean-Yves Le Drian. Un duel qui favorise la droite et le Rassemblement national, de quoi faire basculer une région ancrée à gauche depuis 2004.
Public Sénat

Par Samia Dechir

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Il est le Président sortant de la Bretagne. Loïg Chesnais-Girard dirige la région depuis 2017. L’année où son mentor, Jean-Yves Le Drian, rejoint le Ministère des Affaires étrangères, et lui laisse les clés de cette terre où il règne sans partage depuis 13 ans. Loïg Chesnais-Girard hérite alors d’une majorité hétéroclite où se mêlent socialistes et marcheurs. Mais en 2020, quand Jean-Yves Le Drian lui demande de présenter une liste La République en Marche, il refuse, et préfère garder son étiquette socialiste. « Je suis un homme de gauche », assume le candidat, « j’avais une majorité très large, y compris avec des marcheurs, mais il était hors de question pour moi de changer d’étiquette pour répondre à une ambition autre. Je continue mon chemin avec ma cohérence, ma ligne, ceux qui sont partis l’ont fait malgré la proposition de rester ».

« L’alliance PS-EELV, ça ne fonctionnera pas en Bretagne »

Ceux qui sont partis ont suivi Thierry Burlot, l’ancien vice-Président de Loïg Chesnais-Girard. Il se considère comme le digne héritier de Jean-Yves Le Drian, qui n’a jamais voulu s’allier à Europe Ecologie Les Verts. Or, il est persuadé que Loïg-Chesnais Girard fera alliance avec eux au second tour. Il a donc choisi de présenter sa propre liste, qui fédère les marcheurs, le Modem, et l’UDI. « La gauche s’unit autour du PS, d’EELV, ça ne fonctionnera pas en Bretagne », prévient le marcheur, « c’est pour ça qu’on a pris cette décision, ça fonctionne dans les villes, mais pas à la campagne ».

Mettre fin au règne de la gauche

Les divisions de la majorité sortante favorisent le Rassemblement National, qui se voit déjà en tête au soir du premier tour. Dans son fief de la Trinité-sur-Mer, la famille Le Pen a une nouvelle recrue. Florent de Kersauson, frère du célèbre navigateur du même nom, est en bonne place sur la liste de Gilles Pennelle. Tête de liste dans le Morbihan, il mène sa toute première campagne, et veut croire qu’il peut bouleverser les équilibres politiques d’une Bretagne ancrée à gauche : « Je ne sais pas si on va remporter cette élection, mais notre objectif c’est de troubler le jeu. Le RN a l’occasion d’aller de l’avant en pourcentages de votes et probablement de dépasser les LR d’Isabelle Le Callenec ».

A droite, pas de front républicain

Pas de quoi impressionner celle qui veut faire basculer la Bretagne à droite. Isabelle Le Callenec présente une liste qui rassemble Les Républicains et les régionalistes bretons. Bien placée dans les sondages, elle n’envisage aucune alliance, y compris pour faire barrage au Rassemblement National. « Moi ce que je souhaite, c’est qu’on vire en tête au premier tour, qu’on aille jusqu’au bout y compris au deuxième tour », ambitionne la tête de liste. « C’est entre le PS, les écologistes et En Marche que la question des alliances se pose, mais elle ne se pose pas pour nous, nous, on va jusqu’au bout avec mon équipe ».

Dans cette élection où chaque camp semble persuadé de pouvoir l’emporter, le deuxième tour pourrait prendre la forme d’une quadrangulaire. Voir d’un match à cinq, car les écologistes aussi ont de sérieuses chances de se qualifier en Bretagne.

Partager cet article

Dans la même thématique

ORSAY: Hopital Paris Saclay, services des   urgences adultes et pediatriques, service de neonatalogie pendant la canicule
10min

Politique

Canicule : « Ça va être terrible, on va atteindre les 10.000 morts, l’équivalent d’une guerre et on ne réagit pas », dénonce le sénateur écologiste Guillaume Gontard

Alors que le bilan de la canicule historique n’est pas connu, les attaques contre le gouvernement, venant de la gauche, du RN, mais même du bloc central, se multiplient. « La chaîne de prévision » et « la chaîne de réaction » ont « tenu », rétorque le premier ministre, Sébastien Lecornu. Mais il reconnaît une fragilité sur « la capacité de rafraîchissement des établissements de santé ». Les premières clim' devraient arriver « en fin de semaine ou début de semaine prochaine ».

Le

Elections régionales en Bretagne : duel fratricide entre les héritiers de Jean-Yves Le Drian
5min

Politique

Loi anti fast-fashion : le Sénat adopte définitivement le texte pénalisant les produits Shein et Temu

Les sénateurs ont définitivement adopté, lundi, la proposition de loi anti fast-fashion, après un accord en commission mixte paritaire pour ne cibler que les plateformes chinoises. Les vêtements de Shein, Temu et AliExpress se verront désormais infliger une pénalité financière. Comme à l’Assemblée, la gauche s’est en partie abstenue, regrettant que le texte délaisse les dérives plus larges de l’industrie textile en Europe.

Le

Photo illustration bois de sapin pour le chauffage
6min

Politique

Climat : les forêts françaises, « puits de carbone » en danger, alerte l'ONG Canopée

Dans un rapport publié ce lundi, l'association de protection des forêts Canopée pointe la réduction de la surface des forêts françaises, puits de carbone qui compensent les émissions de CO2, et indispensables à l'objectif de neutralité carbone à horizon 2050. Une hausse des prélèvements de bois qui s'explique notamment par une hausse des usages énergétiques.

Le

FREE CHRISTOPHE GLEIZES
7min

Politique

Christophe Gleizes, 1 an en prison : « Nous réfléchissons à entrer dans une phase plus offensive de la campagne pour sa libération »

Christophe Gleizes, journaliste sportif de 37 ans, est détenu en Algérie depuis un an. Il a été condamné le 29 juin 2025 à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » avec mandat de dépôt. Ce lundi, RSF réitère son appel à une « libération immédiate ». Thibaut Bruttin, directeur général de l’organisation qui chapeaute le comité de soutien du journaliste sportif, fait un point pour Public Sénat sur la situation.

Le