Élections régionales en Pays de la Loire : la droite menacée par une concurrence multiple
La présidente sortante, Christelle Morançais, successeur de Bruno Retailleau, fait face à plusieurs têtes d’affiche dans une lutte très serrée. Selon les derniers sondages, cinq listes devraient figurer au second tour.

Élections régionales en Pays de la Loire : la droite menacée par une concurrence multiple

La présidente sortante, Christelle Morançais, successeur de Bruno Retailleau, fait face à plusieurs têtes d’affiche dans une lutte très serrée. Selon les derniers sondages, cinq listes devraient figurer au second tour.
Public Sénat

Par Jérémy Heintzmann

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Elle a reçu les clés de la région des mains de Bruno Retailleau en octobre 2017. Aujourd’hui, Christelle Morançais roule pour un second mandat en Pays de la Loire. À Vernoil-le-Fourrier, petit village du Maine-et-Loire, la présidente sortante, en tête dans les sondages, met en avant son bilan auprès des habitants et des commerçants. "Je ne suis pas une professionnelle de la politique mais je suis une présidente à 100 %, assure-t-elle. Je n’ai pas d’autre mandat et je n’ai pas d’autre ambition que celle de faire gagner la région des Pays de la Loire. »

Pour conserver son statut, l’ancienne chef d’entreprise veut surtout rassembler à droite et au centre, avec une liste qui ne fait volontairement pas mention des Républicains : « Ma liste ne cherche pas les combines ni les étiquettes politiques. Elle comprend des gens ancrés sur leur territoire, avec des compétences. »

 

Le RN en embuscade avec un candidat inédit

Mais ici, le scrutin s’annonce serré et la concurrence multiple.

En meeting à Pontvallain, dans la Sarthe, Hervé Juvin harangue quelques dizaines de militants du Rassemblement national. « Est-ce que vous sentez le goût de la victoire ? », scande-t-il aux côtés de Nicolas Bay, venu le soutenir ce soir-là. Parachuté par Marine Le Pen, ce député européen n’a pourtant pas sa carte au RN. Il défend ce qu’il appelle le localisme, une forme d’écologie nationaliste. « Le Rassemblement national, c’est le rassemblement de gens soucieux de leur territoire. Le RN apporte des réponses qui sont peut-être un peu différentes de celles des localistes, mais nous sommes complémentaires », explique-t-il.

Un discours qui lui permet de ratisser plus large et d’occuper désormais la deuxième place dans les sondages. « Quand je fais une course, c’est pour la gagner. Je suis là pour démontrer que nous savons gérer une région. »

 

François de Rugy et Matthieu Orphelin au coude-à-coude


Une ascension qu’un autre candidat entend bien freiner.
Deux ans après « l’affaire des homards » et sa démission forcée du gouvernement, François de Rugy relance la machine. À Saint-Nazaire, chez un sous-traitant d’Airbus, le candidat LREM réaffirme sa volonté d’alliance avec la liste de Christelle Morançais, pour l’instant refusée : « Moi je suis pour la politique de l’ouverture et du rassemblement, donc de la main tendue. Je ne souhaite pas que demain, la région soit sous l’influence des extrêmes. »
Dans son viseur : le RN, mais surtout son ancienne famille, les écologistes. « À EELV, c’est une vision radicale qui est aujourd’hui développée, et qui pense que pour faire de l’écologie, il faut faire décroître l’économie. C’est le projet de la décroissance. »

À gauche, une alliance nécessaire pour remporter la région


Un tacle direct pour un ancien Marcheur repassé chez les Verts.
En visite dans une association caritative de Nantes, Matthieu Orphelin, au coude-à-coude avec la liste LREM, a lui, réussi une alliance insolite : écologistes Insoumis. Leader à gauche dans les sondages, il a cependant échoué à s’allier avec les socialistes avant le premier tour. « Nous avions souhaité que le Parti socialiste fasse partie de ce grand rassemblement, affirme-t-il. Mais je n’ai aucun doute, nous serons alliés au soir du premier tour. Quand je lis nos projets, ils sont parfaitement compatibles et nous irons gagner ensemble cette belle région. »

Une alliance au second tour également envisagée par Guillaume Garot, dont la liste devrait largement dépasser les 10 %. Mais pour l’ancien ministre socialiste, reste à savoir qui dirigera ce rapprochement capable de reprendre la région à la droite.

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