Elections régionales : la gauche compte ses points en vue de la présidentielle
Au soir des régionales, la gauche se maintient, reste à la tête de 5 régions et en décroche une. Le Parti socialiste est à la tête des principales coalitions gagnantes et revendique déjà le patronage pour 2022. Un retour de l’ancien monde à relativiser avec les scores en hausse des Verts et la forte abstention.

Elections régionales : la gauche compte ses points en vue de la présidentielle

Au soir des régionales, la gauche se maintient, reste à la tête de 5 régions et en décroche une. Le Parti socialiste est à la tête des principales coalitions gagnantes et revendique déjà le patronage pour 2022. Un retour de l’ancien monde à relativiser avec les scores en hausse des Verts et la forte abstention.
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui et Pierre Maurer

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Au soir de bons résultats aux élections régionales, la gauche et les Verts se disputent le leadership pour la présidentielle. « Nous avons le devoir de rassembler l’ensemble de la gauche et des écologistes pour pouvoir aller vers l’élection présidentielle en 2022 », croit savoir le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, dans la foulée des résultats. Cinq des candidats socialistes sortants ont été réélus et la coalition de gauche menée par Huguette Bello (divers gauche) a arraché la victoire de justesse aux mains de la droite à La Réunion.

Ces régionales ont souri aux présidents sortants, aussi à droite. Alliée au PCF, la socialiste, Carole Delga, est réélue avec près de 58 % des voix en Occitanie. « Le meilleur score de France, bien mieux que n’importe quel résultat de droite », exulte Olivier Faure. En mal de figures et prompt à l’emballement, certains à gauche la voient déjà en piste pour l’Elysée. Moins attendue, la victoire de la socialiste Marie-Guite Dufay avec 42,5 % des suffrages, place le PS loin devant LR (24,4 %) en Bourgogne-Franche-Comté.

En Bretagne, le président socialiste sortant Loïg Chesnais Girard sort vainqueur d’une quinquangulaire en récoltant 29,5 %, devant les Verts qui obtiennent tout de même 20,3 %. Alain Rousset est confortablement réélu avec 39,3 % des suffrages en Nouvelle-Aquitaine. En Centre Val-de-Loire, François Bonneau confirme le score avec 38,6 %.

Chez les socialistes, la lecture du scrutin ne varie pas. Le sénateur PS de Paris, Rémi Féraud en tire deux constats : « Un très beau succès, car personne ou presque ne prévoyait qu’elle conserverait ses 5 régions » ; « la gauche a gagné d’autant plus largement qu’elle était rassemblée, mais toujours en étant conduite par une tête de liste socialiste ».

Si tous les partis se défendent – voire dénoncent – la nationalisation du scrutin, ces conclusions visent bien évidemment la stratégie de la gauche pour la présidentielle. La gauche a joué le rapport de force multipliant les batailles pour imposer ses propres têtes de liste avec plus ou moins de succès. Le bras de fer entre le PS et les Verts a été particulièrement visible, mis à part dans les Hauts-de-France et au second tour en Île-de-France. 

Les Verts : « Seule formation politique qui progresse en nombre de voix »

Chez les Verts d’ailleurs, la tête de liste en Île-de-France, Julien Bayou, encaisse la défaite ce soir mais se réjouit des bons résultats de son parti au niveau national. Sa coalition réunissant Audrey Pulvar (PS) et Clémentine Autain (PCF) a tout de même obtenu 34,6 % des voix. Le secrétaire national d’EELV rassure ces troupes : « Nous notons que les écologistes ont progressé en voix et en pourcentage, passant de 8 % à 13 % dès le premier tour. Quoiqu’il arrive ce soir, nous devrions doubler le nombre d’élus écologistes dans les conseils régionaux ainsi que dans les conseils départementaux ».

L’eurodéputé, Yannick Jadot, voit dans ces résultats la preuve que les Verts sont « en train de construire un mouvement très ancré dans les territoires. La seule formation politique qui progresse en nombre de voix, ce sont les écologistes. En Bretagne, en Nouvelle-Aquitaine, partout, on multiplie par trois nos scores d’il y a 6 ans », assure-t-il. La preuve, dans les Hauts-de-France, où la gauche a été complètement absente du conseil régional les six dernières années, la candidate de l’union de la gauche, Karima Delli (EELV) arrive en troisième place avec 21,4 % des voix.

En Auvergne-Rhône-Alpes, la gauche s’est là aussi rangée derrière une candidate écologiste, Fabienne Grébert. Cette dernière a glané 33,4 % des suffrages, loin derrière Laurent Wauquiez. Tête de liste écologiste en Centre Val-de-Loire, Matthieu Orphelin, qui avait été rejoint au second tour par l’ancien ministre socialiste, Guillaume Garot, a quant à lui remporté 34,6 %. Trop peu pour mettre en danger la présidente sortante, Christelle Morançais (LR).

Le PCF perd son dernier dépratement et la France insoumise ne marque pas le score 

Le patron du PCF, tout comme celui la France insoumise, revendique la victoire d’Huguette Bello (divers gauche) qui remporte ce soir La Réunion. Jean-Luc Mélenchon salue son « magnifique résultat » porté par « une large coalition que nous avons formée avec elle ». Fabien Roussel félicite Huguette Bello en sa qualité cette fois de « députée historique du groupe communiste à l’Assemblée nationale ».

En revanche, le leader de la France insoumise n’a pas eu de mots pour les autres candidats de la gauche, se réjouissant cependant de « l’échec de la diabolisation de la France insoumise : ses élus siègeront dorénavant dans 7 assemblées régionales au lieu de 2. Avec 2 exécutifs proches de nous ». Alors que le PCF a perdu son dernier département, le Val-de-Marne, Fabien Roussel préfère revendiquer une victoire : « Nous allons doubler le nombre de conseillers régionaux communistes ». Sans doute un peu léger pour faire le poids en vue de la présidentielle. 

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
10min

Politique

« Il faut qu’il abatte son jeu et rentre sur le terrain » : Bruno Retailleau pourrait être candidat officiel des LR pour 2027 dès dimanche

Les militants LR sont appelés à choisir le mode de désignation de leur candidat ce week-end. Mais entre primaire fermée, primaire semi-ouverte et président du parti propulsé candidat, c’est la troisième option qui tient la corde. De quoi permettre au président des LR de lancer le second étage de la fusée et dévoiler son programme « de rupture ». Un meeting est en préparation avant l’été. Il pourrait se faire au Parc floral de Paris, le 20 juin.

Le

Elections régionales : la gauche compte ses points en vue de la présidentielle
4min

Politique

Loi-cadre sur les transports : « Nous allons donner des moyens supplémentaires pour investir dans les transports », promet le ministre Philippe Tabarot

Alors que le projet de loi-cadre sur les transports est examiné en séance au Sénat, Philippe Tabarot a égrené les grandes lignes de « son » texte, jeudi 16 avril, au micro de Public Sénat. Le ministre des transports veut assurer la pérennité des financements du secteur, notamment via les recettes des péages autoroutiers et un nouveau contrat avec SNCF Réseau.

Le

Marine Le Pen and Jordan Bardella Hold Campaign Rally in Chalons-en-Champagne
6min

Politique

Présidentielle : « Une inclinaison libérale plus prononcée au RN, incarnée par Jordan Bardella, ne sera pas forcément de nature à rebuter son électorat »

Jeudi et vendredi, les cadres du RN se retrouvent dans un lieu secret pour « un séminaire présidentiel ». Le parti, qui est toujours suspendu à la décision de la Cour d’appel sur l’inéligibilité de Marine Le Pen, n’est pas encore tout à fait en ordre de marche. Au fil des mois, Jordan Bardella semble s’éloigner de la ligne souverainiste et étatiste prônée lors des précédentes campagnes présidentielles. Faut-il y voir un antagonisme ou une manière d'accéder à un dernier territoire de conquête électorale ?

Le