Elections régionales : le Centre-Val de Loire va-t-il basculer à droite ?
Prise en étau entre LREM et le Rassemblement National, la droite est à la peine en Centre-Val de Loire. Mais face à la montée du RN, de possibles alliances d’entre-deux-tours pourraient changer la donne. De son côté, le socialiste François Bonneau brigue un quatrième mandat, mais a échoué à rallier les écologistes.

Elections régionales : le Centre-Val de Loire va-t-il basculer à droite ?

Prise en étau entre LREM et le Rassemblement National, la droite est à la peine en Centre-Val de Loire. Mais face à la montée du RN, de possibles alliances d’entre-deux-tours pourraient changer la donne. De son côté, le socialiste François Bonneau brigue un quatrième mandat, mais a échoué à rallier les écologistes.
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Par Fabien Recker

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« Si vous êtes avec Marc, il ne pourra rien vous arriver de mauvais ! » Dans les travées du marché de Tours, au milieu des étals, Edouard Philippe fait le show. L’ancien premier ministre est venu soutenir Marc Fesneau, tête de liste pour la majorité présidentielle en Centre-Val de Loire. « Avec Marc, il y a du caractère, de la précision, de la confiance… et de l’habileté aussi, ce qui ne nuit pas », se félicite Edouard Philippe devant les caméras et les curieux. Crédité de 21 % des intentions de vote dans un récent sondage, le ministre des relations avec le Parlement est l’un des principaux espoirs de la macronie en vue des scrutins régionaux des 20 et 27 juin. Membre du Modem, Marc Fesneau faisait liste commune avec LR et UDI aux régionales de 2015, mais refuse pour l’instant de se prononcer sur un possible accord avec LR au second tour. « On verra ça au soir du premier tour. Mon sujet c’est de développer un projet, de rassembler au premier tour » esquive Marc Fesneau.

« C’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses »

N’empêche que la présence à ses côtés d’Edouard Philippe, ancien de LR, a de quoi brouiller les lignes et les esprits chez les électeurs de droite. Son adversaire Nicolas Forissier ne s’y trompe pas. « Les instances parisiennes d’En marche cherchent à fracturer et à créer la confusion », constate le député LR de l’Indre, en visite dans une exploitation laitière du Perche. « On a vu ce qui s’est passé en Paca ou face à Xavier Bertrand dans les Hauts de France […] C’est la stratégie du coucou, on vient de poser dans le nid de l’autre, y compris en termes de projet ». A la tête d’une liste LR-UDI, Nicolas Forissier laboure le terrain depuis 3 mois, mais se retrouve en quatrième position dans les sondages. Le candidat de la droite et du centre ne s’avoue pas vaincu pour autant. « Comme on dit chez moi dans le Berry, c’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses ! […] On n’est pas dans l’élection de 2022. Ce qui compte, c’est la région ».

La région, Aleksandar Nikolic la sillonne à bord de sa « Caravane de la ruralité ». Un minibus sur lequel s’affiche sa photo, à côté du portrait géant de Marine Le Pen. Le candidat RN, 34 ans, fait la course en tête dans les sondages. A Langeais, sur les bords de la Loire, il est accueilli chaleureusement. « Vous êtes le candidat ? Je ne pouvais pas tomber mieux ! » se réjouit un jeune automobiliste, ayant baissé sa vitre pour prendre le tract que lui tendait Aleksandar Nikolic. « Pour cette jeunesse qui a peur de l’insécurité, du lendemain, nous incarnons l’espoir », assure le candidat. Il joue surtout à fond des divisions à droite pour draguer des déçus de LR. « On rencontre sur les marchés des électeurs de droite qui se sentent trahis par les ambiguïtés entre LR et En Marche. Ils nous disent que pour la première fois, ils mettront un bulletin RN ».

Vers une quadrangulaire ?

« Je veux battre le Rassemblement national », clame de son côté François Bonneau. A la tête de la région depuis 2007, le socialiste fait campagne pour un quatrième mandat. Dans une usine de médicaments du Loiret, il a réuni des chefs d’entreprise et des journalistes pour parler réindustrialisation et présenter son programme économique. Ses alliés écologistes dans la majorité au Conseil régional ont décidé de s’allier à la France Insoumise en vue du premier tour. François Bonneau le regrette, mais espère toujours un ralliement d’entre-deux-tours avec les verts. « Cela aurait été tellement mieux de partir unis dès le premier tour. Mais tout est encore possible pour que nous nous retrouvions. » A l’instar du candidat LR Nicolas Forissier, François Bonneau veut braquer les projecteurs sur les enjeux locaux plutôt que nationaux. « Il faut hisser le niveau de jeu, l’élection régionale n’est pas là pour régler des problèmes d’une élection présidentielle ».

Après 23 ans de gouvernance socialiste, la région va-t-elle basculer à droite ? En Centre-Val de Loire, ce sont en tout cas quatre listes qui pourraient se maintenir en vue d’un second tour à l’issue très incertaine.

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