Quand on est candidat aux sénatoriales, la tournée des mairies à la rencontre des grands électeurs appelés aux urnes le 27 septembre est une étape obligée. Et quand on est sortant, on part avec une longueur d’avance : la connaissance d’une grande partie des élus et de leurs problématiques. Isabelle Briquet et Christian Redon-Sarrazy n’ont donc pas forcément besoin de se présenter quand ils viennent en mairie. Les deux sortants socialistes préfèrent insister sur la préparation de l’avenir, comme si leur réélection n’était qu’une formalité.
Le budget des collectivités en priorité
Spécialiste des question financières, Isabelle Briquet évoque d’emblée les difficultés budgétaires des collectivités. Avec des perspectives pas forcément réjouissantes : « Le plus mauvais choix possible, c’est de s’en prendre aux dépenses d’investissement des collectivités », attaque la sénatrice sortante. Qui connaît bien les problématiques des élus locaux, elle qui a été la patronne de l’association des maires de Haute-Vienne jusqu’à son élection au Sénat en 2020.
Son camarade socialiste, avec qui elle fait tous ses rendez-vous électoraux en binôme, espère que les sujets qu’ils ont portés pendant six ans suffiront à les faire réélire, malgré la perte de quelques mairies socialistes lors des municipales de mars dernier. « La Haute-Vienne ce n’est pas que Limoges, et dans les 194 communes, il y a des élus qui ont leur libre-arbitre et ne sont pas forcément aux ordres d’une formation politique », insiste Christian Redon-Sarrazy.
Les municipales ont laissé des traces à gauche
Si le sénateur évoque Limoges, c’est que l’élection municipale dans l’ancienne capitale régionale du Limousin a laissé des traces. Les socialistes y avaient été devancés par les insoumis au premier tour, et avaient accepté une fusion des listes derrière le député LFI Damien Maudet. Sans toutefois empêcher la victoire de Guillaume Guérin, dans la ville comme à la métropole, pour Les Républicains.
Des divisions fatales ?
Cette alliance a depuis fait long feu, et les insoumis ont donc lancé des candidats dans la bataille des sénatoriales. Après des discussions avec les écologistes et Génération.s, ils soutiennent deux candidats. Esther Coquet, candidate LFI, et Michel Rebérat, candidat Génération.s. Les deux étant soutenus par les écologistes locaux. « L’union de la gauche c’est nous », proclame Esther Coquet. « Et surtout nous avions à cœur de porter le programme du Nouveau Front Populaire, c’est l’héritage d’une alliance qui a existé ici et c’est important d’y rester fidèle », déroule-t-elle face caméra pour sa première campagne sénatoriale.
Les candidats à la gauche du PS défendent devant les élus locaux des budgets qui préservent les collectivités, et pourraient ainsi prendre quelques voix, en plus de celles déjà acquises par leurs élus à Limoges ou d’autres villes. Des voix qui pourraient manquer aux socialistes.
D’autant qu’a gauche, deux candidats communistes et de l’ADS, un parti local qui avait rompu avec le PCF, défendront aussi leurs couleurs.
Une droite offensive
Du côté de la droite, les erreurs du passé, où la division empêchait de conquérir des sièges au Sénat, ont été évitées. Jean-Marie Bost et Pascal Theillet ont été désignés très tôt comme candidats. Les deux élus de Limoges ont reçu l’appui du maire et patron de la métropole Guillaume Guérin. Et ont même eu droit à la visite du président du Sénat Gérard Larcher, preuve que l’espoir de conquête est réel dans ce département tenu par les socialistes.
Pour la venue de Gérard Larcher, ils ont choisi le pôle de Lanaud, à 15 minutes de Limoges, véritable temple de la vache limousine, pour tenter de convaincre les grands électeurs conviés.
Représenter la majorité sénatoriale au local
« C’est important d’avoir une majorité au Sénat et c’est encore plus important que cette majorité soit représentée au niveau local » lance Jean-Marie Bost, alors que jamais la Haute-Vienne n’a eu de sénateur LR. Son compère Pascal Thheillet, qui a lui l’étiquette divers droite, promet de siéger dans un des groupes de la majorité en cas d’élection. Sans avoir encore choisi lequel.
Quand les journalistes les interrogent sur leurs deux candidatures issues du conseil municipal de Limoges, ce qui peut être une faiblesse dans un scrutin où le poids des communes rurales est important, les deux aspirants sénateurs balaient les accusations de centralisation. Et promettent de défendre toute la Haute-Vienne à Paris en cas d’élection dimanche.
Un candidat Rassemblement national sera aussi sur la ligne de départ, en la personne d’Albin Freychet, déjà en lice aux municipales à Limoges pour le parti.