Les Corses, appelés au urnes pour de nouvelles élections territoriales en décembre, pourraient de nouveau porter au pouvoir les candidats...
Elections territoriales: les nationalistes corses unis pour obtenir l’autonomie
Les Corses, appelés au urnes pour de nouvelles élections territoriales en décembre, pourraient de nouveau porter au pouvoir les candidats...
Par Julie Pacorel
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Les Corses, appelés au urnes pour de nouvelles élections territoriales en décembre, pourraient de nouveau porter au pouvoir les candidats nationalistes qui se présentent unis pour obtenir un statut d'autonomie, alors que le spectre de l'indépendance catalane agite la campagne.
Pour cette élection, le mot d'ordre des autonomistes et indépendantistes unis est simple: "construire un pays". Pas question pour eux de rater le coche du vote des 3 et 10 décembre, qui donnera naissance en 2018 à une Collectivité unique qui remplacera les deux départements et la collectivité territoriale (CTC).
Depuis deux ans, les nationalistes enchaînent les succès: après avoir gagné les élections territoriales des 6 et 13 mars 2015, décroché la direction de la CTC en décembre 2015, ils ont obtenu en juin dernier trois sièges de députés sur les 4 que compte l'île.
"Le nationalisme en Corse a symbolisé ce que le vote Macron a symbolisé sur le continent: le dégagisme", observe Jean-Charles Orsucci, candidat LREM à ces élections.
"Des citadelles sont tombées", affirme Jean-Guy Talamoni, président de l'actuelle Assemblée de Corse, et dirigeant de Corsica Libera, indépendantiste. Le prochain scrutin devrait confirmer, selon lui, le vote de 2015, pour cette "collectivité unie" comme il la surnomme, rappelant: "Nous avons plaidé pendant 40 ans pour la suppression des conseils départementaux qui faisaient le jeu du clientélisme".
Le président de l'Assemblée de Corse et dirigeant du parti Corsica Libera, Jean-Guy Talamoni le 6 août 2017 à Corte
AFP/Archives
Alors que l'Assemblée de Corse a reconnu publiquement la légitimité du gouvernement de la Catalogne, les adversaires des nationalistes font mine de s'inquiéter: "On ne peut pas continuer à laisser penser que seule la voie de l’autodétermination, de l’indépendance soit une voie salutaire", s'est indigné Jean-Martin Mondoloni, tête de liste LR, sur Corse Net Infos.
- l'Ecosse plus que la Catalogne -
Gilles Simeoni, président de l'exécutif corse, lors d'une réunion de l'Assemblée de Corse, le 30 mars 2017 à Ajaccio
AFP/Archives
"Nos adversaires politiques essaient de dramatiser les enjeux et de construire artificiellement la campagne comme si l'enjeu était l'indépendance d'un côté et le maintien des liens avec la République de l'autre", déplore Gilles Simeoni, qui dirige l'exécutif corse.
"L'objectif c'est d'obtenir un statut d'autonomie dans les trois ans à venir et de le mettre en oeuvre sur une période de dix ans", martèle le leader autonomiste pour qui l'indépendance de l'île de Beauté "n'est pas souhaitable".
"Je pense rigoureusement le contraire de Simeoni sur ce point", réagit Jean-Guy Talamoni. Mais le leader indépendantiste reconnaît "l'avance qu'a la Catalogne sur le plan institutionnel et économique par rapport à la Corse".
Les deux alliés s'accordent à dire que les Corses décideront "plus tard": "Notre accord stratégique est la demande d'autonomie, et il n'y a aucun caractère mécanique pour aller plus loin", insiste Gilles Simeoni. Dans leur programme en dix points, les nationalistes se prononcent pour "une autonomie de plein droit et de plein exercice, avec pouvoir législatif, réglementaire, et fiscal".
Le chercheur Thierry Dominici, docteur en sciences politiques, ne croit pas en un scénario à la catalane pour la Corse, même si les idées nationalistes progressent dans l'électorat - "la +corsité+ touche tout le monde", dit-il. Il compare plutôt l'île de Beauté à l'Ecosse où, "par crainte économique, 55% ont voté contre l'indépendance en 2014". "Aujourd'hui en Corse, je ne suis pas certain que les insulaires voteraient même pour l'autonomie", assure le politologue.
Selon ce spécialiste de la jeunesse insulaire, "la plupart des jeunes n'adhèrent pas à la démarche hégémonique de Femu a Corsica (de Gilles Simeoni), et le militant de base ne comprend pas la démarche de l'exécutif". "Ils pensaient qu'en mettant des élus nationalistes au pouvoir, ils auraient un gouvernement corse alors que ce ne sont que les gestionnaires d'une région", dit-il.
Les nationalistes "n'ont pas révolutionné le système, d'autant plus qu'ils ne le peuvent pas, ils sont tenus par le droit", poursuit le chercheur. Jean-Guy Talamoni juge que ces deux ans à diriger la CTC ont "rassuré ceux qui n'avaient pas voté pour nous".
Aux élections de décembre, un petit parti indépendantiste fera cavalier seul : le Rinnovu promet aux insulaires un référendum d'autodétermination, en 2032.
Dans la nuit, le Sénat a adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir mais en supprimant les deux articles phares, le principe de l’assistance à mourir et ses modalités, rendant le texte inopérant. La majorité sénatoriale s’est divisée sur la version rédigée par la commission des affaires sociales qui préconisait une version de compromis. Le patron de LR, Bruno Retailleau avait indiqué qu’il rejetterait le texte quelle que soit sa rédaction.
Le Sénat a voté en faveur « d’un droit opposable au soulagement » lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après avoir rejeté l’article qui fixait les conditions, le Sénat est donc également revenu sur le principe de « l’assistance médicale à mourir », défendue par la commission des affaires sociales ».
Coup de théâtre, mercredi les sénateurs ont rejeté l’article 4, le cœur de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. La commission des affaires sociales avait considérablement réduit la portée du texte en remplaçant un « droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir », pour les malades dont le pronostic vital » est engagé à très court terme. La majorité sénatoriale divisée n’est pas parvenue à s’entendre sur cette version.
Suite aux recours au 49.3 par le premier ministre pour faire adopter le budget, Sébastien Lecornu a écrit aux parlementaires pour expliquer les principales mesures de ce budget de compromis. Une lettre envoyée aux seuls députés en réalité. Les sénateurs, eux, ne l’ont pas reçue. Ils devront attendre le retour du texte à la Haute assemblée pour que le premier ministre leur écrive.