Eliane Assassi, émue aux larmes en évoquant l’origine de son engagement communiste

Après dix-neuf ans de mandat de sénatrice, dont onze à la tête du groupe communiste du Sénat, Éliane Assassi ne se représente pas aux élections sénatoriales du 24 septembre 2023. La rédaction de Public Sénat retrace, avec elle, son parcours au Palais du Luxembourg et en tant qu’élue de Seine-Saint-Denis.
Quentin Calmet

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Juillet 2023, Éliane Assassi vit ses derniers moments de sénatrice. Pour l’occasion, le président du Sénat, Gérard Larcher lui rend hommage, lors de la dernière séance des questions d’actualité. « Je tiens à rendre hommage à une présidente de groupe qui a beaucoup apporté au Sénat, Mme Éliane Assassi, désignée sénatrice de l’année 2022, [par le jury du prix du Trombinoscope, ndlr] », tonne Gérard Larcher alors que tous les sénateurs se lèvent et applaudissent.

Le président du Sénat continue : « Avec ses convictions, son engagement, son attachement à la République, son attention portée aux plus modestes et aux plus pauvres, elle incarne parfaitement la famille politique à laquelle elle est si attachée, mais aussi une richesse pour le Sénat et notre République. » L’hommage est appuyé.

Ce jour-là, le compte rendu analytique de la séance (qui retranscrit les échanges dans l’hémicycle) ajoute cette remarque : « Mme Éliane Assassi est saisie d’une vive émotion. » Un euphémisme. La présidente du groupe communiste au Sénat essuie des larmes sur son visage. Elle est visiblement bouleversée.

« Même là, quand je regarde [cet extrait de la séance de Juillet dernier] je suis encore émue », raconte après coup Éliane Assassi. « Je dis souvent que le président Larcher est un adversaire politique. C’est un renard en politique, mais c’est un homme que je respecte énormément. Je crois qu’il a reconnu en moi, mais à travers moi aussi, ma famille politique, cette capacité à porter ses convictions, à les défendre, mais aussi en respectant celles et ceux avec lesquels nous ne sommes pas d’accord. »

 

La « star » de l’« affaire McKinsey »

 

Eliane Assassi est une personnalité discrète, pas très à l’aise dans la lumière des projecteurs. Et pourtant de nombreux Français la connaissent, notamment depuis la commission d’enquête sur les cabinets de conseil privés. En 2022, les auditions menées par la sénatrice communiste ont connu un fort retentissement dans le pays.
Eliane Assassi analyse : « On a mis à jour un phénomène tentaculaire, c’est-à-dire, cette omniprésence des cabinets privés dans les affaires de l’État et ça, ça a beaucoup touché les gens. »

 

Communiste depuis l’âge de 14 ans

 

Eliane Assassi est élue sénatrice en Seine-Saint-Denis, pour la première fois, en 2004. Parmi ses priorités, dès le début de son premier mandat, elle cite les combats en faveur de la jeunesse, trop souvent stigmatisée en banlieue.

Dix-neuf ans plus tard, elle explique : « Mon engagement politique se fonde sur la lutte contre les injustices. Et puis effectivement je crois que durant mon mandat j’ai toujours essayé de faire en sorte d’être utile. Pas aux communistes, d’être utile aux gens. »

Eliane Assassi ajoute : « Malheureusement, [les Français] sont des millions à souffrir dans ce pays et je pense que c’est les raisons de mon engagement. »

Cette solidarité en Seine-Saint-Denis, Eliane Assassi en a directement été témoin, dans une des épreuves qu’elle a vécues toute jeune. Un témoignage fort (voir la vidéo), où elle raconte l’origine de son attachement au Parti communiste français.

Après le décès de son petit frère, tué dans un accident de voiture alors qu’elle avait dix ans, Éliane Assassi se souvient de la visite de militants communistes, venus soutenir la famille endeuillée. « C’est ça qui a fondé mon engagement, explique-t-elle, la solidarité par des militants communistes. »

Toutes ces années plus tard, l’évocation de ce souvenir – personnel mais aussi politique – continue de l’émouvoir aux larmes.

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