Élisabeth Borne a rendu la SNCF « privatisable », selon Valérie Rabault

Élisabeth Borne a rendu la SNCF « privatisable », selon Valérie Rabault

Valérie Rabault, député socialiste du Tarn-et-Garonne, présidente du groupe Nouvelle gauche à l’Assemblée nationale était invitée sur le plateau de Parlement Hebdo vendredi. Elle reconnaît les avancées de la réforme de la SNCF suite à son passage au Sénat, mais estime que les cheminots doivent poursuivre les négociations.
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Par Maud Larivière

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L’actualité parlementaire cette semaine a été marquée par l’examen de la loi ferroviaire au Sénat, alors que la grève se poursuit à la SNCF. Le gouvernement a profité des débats pour amender sa copie après les dernières concertations syndicales. Les sénateurs ont également opéré plusieurs retouches. Le vote solennel sur le texte aura lieu mardi prochain.

Le renforcement des garanties sociales pour les salariés, l’inscription de l’incessibilité de la SNCF, et la défense de l’aménagement du territoire, ont été défendus par le Sénat, avec l’appui du gouvernement.

Des avancées au Sénat pourtant défendues par les députés

Sur l’obtention des avancées sur l’incessibilité et sur les péages ferroviaires par les sénateurs, Valérie Rabault ironise: « Nous avions présenté deux amendements que la ministre a balayés d’un revers de main. Le premier concernait l’incessibilité, donc je suis ravie qu’elle ait donné un avis favorable, comme quoi on peut changer d’avis. Elle change beaucoup d’avis. Mais ça c’est important, de dire (…) qu’a minima on mette un garde-fou, qui s’appelle l’incessibilité, pour qu’on puisse garder la SNCF publique » déclare-t-elle avant de continuer : « Pour le deuxième volet, on a eu un très long débat avec la ministre. Elle nous a expliqué qu’on posait des questions qui n’avaient pas de sens, que ce que nous disions était faux. Ce deuxième volet portait sur la question des péages. Si vous voulez tuer une ligne, qu’est-ce que vous faites ? Vous mettez un péage très élevé et vous dites que c’est dommage, qu’il n’y a aucune société qui veut venir l’exploiter ».

 « Nous avions demandé que les péages soient plafonnés. C’est-à-dire qu’on ne puisse pas avoir une inflation qui bloque une société pour venir exploiter la ligne. Elle [la ministre] l’avait refusé, je vois que nos amis sénateurs ont obtenu gain de cause, c’est effectivement deux avancées très importantes » juge-t-elle.

 Faut-il poursuivre la grève ?

 « Il y avait trois questions qui étaient posées : la reprise de la dette, il y a eu des avancées. Par contre sur le statut social, (…) il y a encore des incertitudes. Et le troisième volet qui concerne les petites lignes, leur exploitation, il y a certes eu des avancées au Sénat, mais sur ce point-là nous avons quand même de grandes inquiétudes » répond la députée. Selon elle, « les cheminots doivent poursuivre les négociations » et  « aller jusqu’au bout de ces négociations, notamment sur la reprise de l’ancienneté des agents de la SNCF quand ils sont transférés à une autre société ».

En effet, pour Valérie Rabault, il manque ce dernier point crucial à la réforme pour que le texte soit satisfaisant. « Ce que nous avions demandé en plus (…) c’est de dire qu’il faut qu’on prenne en compte l’ancienneté. Si vous êtes transféré de la SNCF à une nouvelle société qui va exploiter la ligne, il faut que vos années qui sont inscrites à la SNCF puissent être inscrites dans votre nouveau contrat. Je pense que ça c’est très important » souligne-t-elle.

L’élue est claire : « Ce que la ministre fait, c’est de rendre la SNCF privatisable ».

Élisabeth Borne a été directrice de la stratégie de la SNCF pendant cinq ans. Valérie Rabault estime qu’elle a une part de responsabilité dans la mauvaise gestion de l’entreprise : « À chaque fois qu’on est dirigeant d’une entreprise, on a nécessairement une responsabilité sur la ligne conductrice qu’on met sur une société qu’on dirige. Donc oui, elle a une responsabilité. Le problème c’est qu’elle souffre d’une sorte d’amnésie assez chronique, puisqu’elle a oublié tout

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