La Première ministre a fait sa rentrée « économique » ce lundi devant les représentants des entrepreneurs de France. Un discours attendu durant lequel Elisabeth Borne a mis l’accent sur la sobriété énergétique et la nécessité de faire « bloc » face aux menaces. Avec un risque, des coupures de gaz et d’électricité qu’il faut « à tout prix éviter ».
Elisabeth Borne alerte les entreprises face au risque de rationnement énergétique
La Première ministre a fait sa rentrée « économique » ce lundi devant les représentants des entrepreneurs de France. Un discours attendu durant lequel Elisabeth Borne a mis l’accent sur la sobriété énergétique et la nécessité de faire « bloc » face aux menaces. Avec un risque, des coupures de gaz et d’électricité qu’il faut « à tout prix éviter ».
Par Mickael Spitzberg
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« L’heure est grave, mais elle n’est plus aux constats. Elle est à l’action résolue ». C’est avec un discours empreint de gravité que la Première ministre Elisabeth Borne s’est présentée devant les entrepreneurs de France réunis à l’hippodrome de Longchamp.
Face aux dérèglements climatiques, à la menace russe de « couper complétement ses exportations » de gaz et aux difficultés du parc nucléaire français, la menace de pénurie n’a jamais été aussi grande a exposé la locataire de Matignon. Une crise que l’exécutif espère atténuer en incitant à « la baisse de la consommation d’énergie ». Un défi auquel la France ne pourra faire face que si elle fait « bloc ». « Nous entrons dans l’ère de la responsabilité collective. Nous réussirons ensemble ou nous échouerons ensemble », a déclaré la Première ministre.
Le spectre d’un rationnement
Chaque Français est ainsi invité à participer à l’effort national « à son niveau et compte tenu de ses moyens », a exhorté la cheffe du gouvernement en appelant les entreprises à se mobiliser, agir et « à établir, en septembre, son propre plan de sobriété ». « Si chacun ne prend pas sa part (...) nous serons amenés à imposer des baisses de consommation », a-t-elle averti. Et « si nous devions en arriver au rationnement, les entreprises seraient les premières touchées ».
Un scénario auquel le gouvernement se prépare déjà notamment au travers la mise en place d’ « un marché d’échange de droits à consommer ».
Des propos « clairs » pour Gilbert-Luc Devinaz. Mais pour le sénateur du Rhône (PS), vice-président de la délégation aux entreprises de la Haute assemblée, « la question est maintenant de savoir comment les choses vont être appliquées ? On a un appel au volontariat, il faudra veiller à ce que ne soit pas toujours les mêmes qui auront à se restreindre ».
Plus critique, Serge Babary, sénateur (LR) d’Indre-et-Loire, dénonce « une dramatisation du discours un peu décalée ». D’autant que selon le président de la délégation sénatoriale aux entreprises, « les patrons n’ont pas attendu Mme Borne pour rechercher des économies. Ce n’est pas parce que l’Etat déclare qu’il faut plus de sobriété qu’il n’y en a pas déjà ».
Croissance sobre et évolution radicale
Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, hôte de ces Rencontre des entrepreneurs de France, s’était pour sa part exprimé juste avant Elisabeth Borne. Plaidant pour une croissance sobre des entreprises.
Un point d’accord entre le patronat et le gouvernement qui, s’il parle d’une évolution radicale, n’entend pas en passer par la décroissance qui « mettrait en péril notre modèle social » avertit d’ores-et-déjà Elisabeth Borne.
Car, au-delà des « efforts exceptionnels » demandés pour cet hiver, la Première ministre est venue plaider pour une transition écologique de grande ampleur pour sortir des énergies fossiles à même « d’innover, de transformer les filières existantes, d’en créer de nouvelles, de renforcer notre souveraineté et de créer de nouveaux emplois ». Ainsi, dès le mois de septembre, la cheffe du gouvernement lancera un « plan global et complet » de réduction des gaz à effet de serre. Un plan de bataille nommé « planification écologique » qui établira « notre façon de nous déplacer, de nous nourrir, de consommer ».
Une petite musique déjà connue pour le socialiste Gilbert-Luc Devinaz. « On a l’impression d’entendre un discours tenu par un mouvement politique et ce mouvement ce sont les Verts », ironise-t-il.
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