Élisabeth Borne « fait une erreur magistrale » en refusant un vote de confiance, selon Valérie Rabault

Élisabeth Borne « fait une erreur magistrale » en refusant un vote de confiance, selon Valérie Rabault

En se soustrayant à un vote de confiance à l’Assemblée nationale, la députée socialiste du Tarn-et-Garonne estime que la Première ministre fait un retour en arrière de trente années. Elle « devrait s’affirmer », pointe la parlementaire, dans Audition publique.
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La probabilité était mince. Olivier Véran l’a confirmé ce lundi, dans ses nouveaux habits de porte-parole du gouvernement. La Première ministre Élisabeth Borne ne sollicitera pas la confiance de l’Assemblée nationale mercredi, à l’issue de sa déclaration de politique générale. Un choix que n’approuve pas du tout Valérie Rabault. « Elle fait une erreur magistrale », a réagi la députée PS du Tarn-et-Garonne dans Audition publique ce 4 juillet 2022 (LCP-Assemblée nationale / Public Sénat / Le Figaro Live). Rien n’oblige dans la Constitution le gouvernement à choisir cette voie. Ne comptant que sur une majorité relative, l’exécutif a choisi la prudence.

Cependant, pour l’ancienne présidente des députés PS, la cheffe du gouvernement commet un impair, à deux titres. L’un est historique. « Elle sera la première depuis 30 ans à ne pas demander cette confiance », a-t-elle regretté. La socialiste Elisabeth Cresson (1991-1992) s’en était passé, la seule sous la Ve République avec le gaulliste Maurice Couve de Murville (1968-1969). Et, deuxième accroc, en tant que deuxième femme aux commandes à Matignon, Élisabeth Borne devrait « prendre un maximum d’indépendance » et « devrait s’affirmer », selon la députée. « Cela passe par une prise de risque ». « On a toujours besoin de faire ses preuves, et faire ses preuves, ça passe par le vote […] Quand on est une femme, on a véritablement besoin d’asseoir son pouvoir », a insisté Valérie Rabault.

« Il faut toujours faire attention aux motions de censure »

La socialiste se place également en désaccord avec la France insoumise, qui entend déposer une motion de censure. A titre personnel, elle n’y est « pas favorable », mais suivra quoiqu’il arrive la position du groupe socialiste, qui arrêtera une décision en réunion de groupe ce mardi. « Il faut toujours faire attention aux motions de censure », a-t-elle mis en garde. « Quand elles ne sont pas votées, de facto elles donnent une légitimité au gouvernement en place. » De son côté, le groupe du Rassemblement national ne votera pas la motion, comme l’a précisé le député Sébastien Chenu, ce soir sur RTL, ce qui, mathématiquement, rend impossible son adoption.

Si les députés PS choisissaient de ne pas suivre leurs partenaires de LFI, Valérie Rabault n’y verrait pas pour autant la fin de la cohésion de la NUPES (Nouvelle union populaire écologique et sociale). « On est quatre groupes parlementaires, on a une autonomie sur les propositions que nous voulons formuler », a-t-elle affirmé. Et de rappeler aux troupes de Mathilde Panot : « Si on veut qu’il y ait un accord de quatre groupes, il me semble mieux d’en discuter avant à quatre, plutôt que d’en faire une annonce dans les médias. »

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