« Embarrassante » ou « destructrice » : l’œil de la presse étrangère sur l’affaire Penelope Fillon

« Embarrassante » ou « destructrice » : l’œil de la presse étrangère sur l’affaire Penelope Fillon

Les soupçons d’emploi fictif de l’épouse du candidat à la présidentielle ont été abondamment commentés dans la presse internationale.
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Outre-Rhin, le grand quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung résume le « Penelopegate » en titrant son article « Filou Fillon ? », en français dans le texte. Dans son analyse, la FAZ estime qu’avec cette affaire, le Front national doit « se frotter les mains ».

Paraissant tous les jeudis, l’hebdomadaire politique Die Zeit, parle lui aussi des « accusations assez énormes » du Canard Enchaîné. « Celui que l’on considère comme le Monsieur Propre [Saubermann] de la politique française » fait désormais face à son « premier scandale ».

« Penelope Fillon réveille la campagne présidentielle »

En Belgique, où la politique française est scrutée avec attention, Le Soir aborde l’affaire comme un tournant dans la bataille pour l’Élysée, « Penelope Fillon réveille la campagne présidentielle », considère le grand quotidien francophone.

La Libre Belgique prend un peu de recul historique, livrant ce matin un éditorial intitulé « le grand retour des emplois fictifs ».

Dans un article factuel, le New York Times s’interroge sur les conséquences des révélations du Canard Enchaîné sur la campagne du candidat de la droite : « l’affaire pourrait être d’autant plus destructrice que M. Fillon a construit son image sur l’intégrité et l’austérité ».

« François est sous pression », résume le Guardian au Royaume-Uni, qui livre une lecture similaire. « Le problème est prioritaire pour François Fillon car, malgré 35 ans de vie politique dont 5 passées comme Premier ministre, il s’est érigé en antidote honnête, austère et irréprochable aux années de scandales de corruption dans la droite française ».

Du côté de la Scandinavie, le quotidien de référence suédois Dagens Nyheter, qui parle d’un « scandale embarrassant », considère que « l’emploi de l’épouse peut se transformer en chute du favori Fillon ».

« La loi française est laxiste dans ce domaine »

Un retournement de situation dans l’ascension du vainqueur de la primaire de la droite n’est pas non plus exclu par l’influent quotidien catalan La Vanguardia, qui titre : « l’emploi fictif de l’épouse de Fillon qui pourrait faire chuter l’aspirant à l’Élysée ».

Toujours chez nos voisins espagnols, El Pais, considère d’ores et déjà l’affaire comme un « revers sévère et inattendu dans la route réussie de François Fillon vers l’Élysée ». Le quotidien de référence de l’Espagne explique à ses lecteurs dès les premières lignes, avec un brin d’étonnement, que la « loi française est laxiste dans ce domaine » en permettant aux parlementaires d’employer des parents.

La médiatisation de l’événement s’est également jouée sur Twitter. Suivi par près de trois millions d’abonnés, le lanceur d’alerte Edward Snowden, a relayé l’alerte de l’Agence France Presse, en y greffant un commentaire pour le moins sarcastique : « Il semblerait que sa comptabilité soit moins conservatrice que sa politique ». Le message a été relayé plus de 5300 fois sur la plateforme.

À qui profitera le « Penelopegate », se demande la Tribune de Genève ? Difficile à prédir, considère le quotidien de Suisse romande, qui rapppelle que « Marine Le Pen et Emmanuel Macron traînent aussi des casseroles », citant l'affaire des assistants au Parlement européen et celle du financement du mouvement En marche.

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