Emeutes : Emmanuel Macron annonce le déploiement de moyens supplémentaires par le ministère de l’Intérieur

Après une troisième nuit de violences urbaines provoquées par la mort de Nahel à Nanterre, le président de la République a condamné « avec la plus grande fermeté » des violences « injustifiables ». À l’issue d’une nouvelle réunion de crise, le chef de l’État a appelé les parents des plus jeunes émeutiers, mais aussi les plateformes de réseaux sociaux, à la responsabilité.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L’exécutif est sous haute pression, au lendemain d’une nouvelle nuit d’émeutes en France. Trois jours après la mort de Nahel, 17 ans, touché par un tir policier mortel à Nanterre, Emmanuel Macron a présidé une nouvelle réunion de la cellule interministérielle de crise, au ministère de l’Intérieur. C’est la seconde en deux jours. Le président de la République a dû mettre fin prématurément à sa participation au sommet européen de Bruxelles, pour répondre à des violences qu’il a qualifiées d’ « injustifiables ».

« Il y a une instrumentalisation de la mort d’un adolescent, que nous déplorons tous, alors que la période devrait être au recueillement et au respect », a fustigé Emmanuel Macron. Lequel a condamné « avec la plus grande fermeté toutes celles et ceux qui utilisent cette situation et ce moment pour essayer de créer le désordre et attaquer nos institutions. »

Saluant une réponse « réactive et adaptée », le président de la République a néanmoins annoncé la mobilisation de « moyens supplémentaires » pour le ministère de l’Intérieur. Plus tôt dans la matinée, l’Élysée avait indiqué qu’Emmanuel Macron était prêt à adapter le dispositif de maintien de l’ordre « sans tabou ».

Arrêt de la circulation des bus et des tramways en France à partir de 21h00

Pas un mot en revanche sur un éventuel recours à l’état d’urgence, réclamé notamment par plusieurs élus des Républicains ou du Rassemblement national. Interrogée ce matin, lors d’un déplacement Evry-Courcouronnes (Essonne) sur cette option, Élisabeth Borne a simplement répondu que « toutes les hypothèses » étaient « envisagées avec une priorité : le retour de l’ordre républicain. »

Au cours de l’après-midi, Gérald Darmanin a demandé aux préfets l’arrêt des bus et tramways dans toute la France à partir de 21 heures, mais aussi la « prise systématique d’arrêtés d’interdiction de vente et de transport » de mortiers d’artifice, de bidon d’essence, d’acides et de produits inflammables et chimiques. Élisabeth Borne a, de son côté, annoncé le déploiement de véhicules blindés de la gendarmerie, ainsi que de forces mobiles supplémentaires. Matignon a précisé que des « événements de grande ampleur mobilisant des effectifs et pouvant présenter des risques d’ordre public en fonction des situations locales » seraient annulés. Sa prise de parole, prévue à la mi-journée, pour clôturer le Comité interministériel des villes, a été ajournée en raison des évènements.

Concernant la réponse pénale, Emmanuel Macron a précisé que son garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, allait signer une « série de circulaires ». Insistant sur les profils parfois « très jeunes » parmi les individus interpellés, le chef de l’État a appelé les parents « à la responsabilité ». « La République n’a pas vocation à se substituer à eux, même si nous aurons ensuite, dans le suivi qui sera fait par la Justice, à prendre toutes les dispositions qu’il convient de prendre et de mettre en œuvre ce que la loi prévoit. »

Appel aux plateformes pour retirer les contenus problématiques

Le président de la République a également mis en cause le rôle joué par les réseaux sociaux, comme Snapchat et TikTok, dans l’organisation des rassemblements et l’instauration d’une « forme de mimétisme de la violence », provoquant chez certains « une forme de sortie du réel ». Il a annoncé que les services de l’État se rapprocheraient de ces plateformes pour obtenir le retrait des contenus les plus sensibles, ou pour obtenir l’identité des utilisateurs qui ont « appelé au désordre ». Une réunion entre le ministre de l’Intérieur, celui du Numérique, et les plateformes numériques est prévu à 18h30.

Au total, 492 bâtiments ont été atteints, 2 000 véhicules brûlés et 3 880 incendies de voie publique ont été comptabilisés la nuit dernière, selon les chiffres fournis ce matin.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Paris : Session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Loi Yadan contre l’antisémitisme : les sénateurs dubitatifs à l’annonce de la reprise en main du gouvernement

Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, le gouvernement va reprendre la main et présentera un projet de loi sur la lutte contre l’antisémitisme devant le Sénat avant l’été. L’exécutif compte sur un accueil plus favorable à la chambre haute où la droite et le centre sont majoritaires. Mais les relations entre la majorité sénatoriale se sont tendues ces derniers temps.

Le

Paris: French Government Weekly Cabinet Meeting
3min

Politique

1er mai : boulangeries et fleuristes « indépendants » pourront faire travailler leurs salariés dès cette année, annonce Sébastien Lecornu

Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.

Le

Festival Du Livre 2025
2min

Politique

Crise chez Grasset : au Festival du livre, Emmanuel Macron affiche sa volonté de défendre le « pluralisme éditorial »

En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».

Le