Emeutes, Immigration, finances publiques…Que faut-il retenir de la prise de parole d’Emmanuel Macron ?

Dans une allocution de 25 minutes devant ses ministres, le Président de la République a dressé un bilan de l’année écoulée et a dressé des perspectives pour l’été et la rentrée. Jeux Olympiques, immigration, finances publiques… le chef de l’Etat a abordé de nombreux sujets et a fixé un « cap » et des « axes » de travail à sa nouvelle équipe gouvernementale.
Louis Mollier-Sabet

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Lors d’une prise de parole avant le Conseil des ministres, Emmanuel Macron a dressé une sorte de bilan de l’action du gouvernement sur l’année qui s’est écoulée depuis sa réélection et la nomination d’Elisabeth Borne à Matignon. « J’ai conscience qu’il s’agissait pour la deuxième fois de notre histoire d’un choix fort, et du respect d’un engagement », a affirmé Emmanuel Macron en « réaffirmant avec clarté [sa] confiance » en la Première ministre. Le Président de la République a ainsi vanté un choix « de continuité et d’efficacité » en reconduisant l’architecture du gouvernement précédent, avec huit nouveaux ministres. Retour sur les points clés cette prise de parole

  • Un cap : « l’indépendance »

Le chef de l’Etat a tenu à « fixer un cap », celui de « l’indépendance du pays pour pouvoir consolider un modèle plus juste », en insistant sur l’indépendance financière. « C’est seulement en produisant davantage que nous pourrons continuer d’avoir un modèle social parmi les plus généreux du monde, en corrigeant les inégalités au départ et pas à la sortie », a ajouté Emanuel Macron.

  • 4 « axes » : la réindustrialisation, le progrès, la planification écologique et l’ordre républicain

Le président de la République a ensuite défini quatre « axes » de la politique du gouvernement. Celui de la réindustrialisation et du plein emploi, avec des « résultats » obtenus sur ce volet. « Le chômage continue de baisser, nous avons rouvert des usines », s’est ainsi félicité le chef de l’Etat, en réinsistant sur « le travail et le mérite. »

Emmanuel Macron a ensuite insisté sur la nécessité de « rendre nos services publics plus efficaces » et de « mieux corriger les inégalités de départ », par l’Ecole et la Santé. Le Président de la République a mis en avant les réformes en matière d’éducation, et notamment le « pacte enseignant » et la réforme du lycée professionnel. Sur le volet santé, le chef de l’Etat a misé sur la généralisation d’un « service d’accès aux soins », et a fixé la fin de l’année pour désengorger les urgences.

Le troisième axe développé par le Président de la République a été celui de la planification écologique, à la fois en termes d’urgence et « de préparation du long terme », avec la sobriété énergétique ou le « plan eau », notamment. Sur le long terme, Emmanuel Macron a rappelé les textes votés sur les énergies renouvelables ou le nucléaire, ainsi que le projet de loi industrie verte.

Enfin, le chef de l’Etat a appuyé un quatrième « axe », celui de « l’ordre républicain. » Avec les lois de programmation du ministère de l’Intérieur, de la Justice et la loi de programmation militaire, Emmanuel Macron s’est félicité « d’avancer à marche forcée » sur le sujet. « Quand j’entends tous les commentaires sur le fait qu’aucune loi ne pourrait être votée, nous avons fait voter plus de loi qu’il y a six ans, et plus ont abouti par des CMP [commissions mixtes paritaires]. Et quand il y a fallu utiliser la Constitution pour passer la réforme des retraites, nous l’avons fait parce que nous utilisons la Constitution avec exigence et respect », s’est ainsi fendu le chef de l’Etat.

  • L’été pour « répondre à quelques urgences »

Le Président de la République a fait de l’été – et donc des vacances parlementaires – une occasion de « répondre à quelques urgences », et notamment « les suites des émeutes de juillet. » Emmanuel Macron s’est félicité du vote du projet de loi d’urgence pour accélérer la reconstruction, et a appelé à continuer à « accompagner les maires. » Il a aussi salué « l’indépendance de la Justice, qui a su se montrer implacable », tout en appelant à « travailler auprès des enfants et des familles les plus précaires. »

« La deuxième grande urgence de l’été, ce sera la sécheresse », a ensuite affirmé le chef de l’Etat, en détaillant le « plan d’urgence » pour « accompagner les territoires », et notamment les agriculteurs, « qui cumulent les difficultés selon les secteurs », les viticulteurs du Bordelais étant par exemple très touchés par une attaque de mildiou. Emmanuel Macron a renvoyé à une future « loi d’orientation pour l’avenir agricole » sur le sujet.

Enfin, le Président de la République a attiré l’attention sur « les urgences et l’accès à la santé », puisqu’il faudra d’après lui « des années pour les réformes de structure soient déployées », et qu’en attendant, l’été est une période particulièrement tendue aux urgences.

  • L’horizon des Jeux Olympiques pour la rentrée

« Nous sommes quasiment à un an jour pour jour » du début des Jeux Olympiques, a ainsi rappelé le Président de la République en plaçant la rentrée dans « la phase finale de préparation » des JO, une « fierté inédite. » La première étape étant l’organisation de la Coupe du monde de rugby dès septembre prochain.

  • Un « cadre exigeant » pour les finances publiques

La rentrée sera aussi évidemment placée sous le signe des textes budgétaires, le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. « Nous aurons à préparer le pays pour un cadre exigeant et de l’ordre dans les finances publiques », a ainsi martelé le chef de l’Etat, qui a appelé les ministres à « décliner » la « seule stratégie qui nous permettre d’être fort » : « donner le chemin d’un début de remboursement de la dette et la poursuite des baisses d’impôts. » À cet égard, Emmanuel Macron a appelé à mettre « toutes les forces politiques » autour de la table pour « trouver les bons compromis. »

  • Immigration : répondre à « un risque de division profonde de la Nation »

Sur l’immigration aussi, la majorité présidentielle devra travailler avec les « oppositions constructives et républicaines » sur une question qui va « structurer la rentrée. » « Nous aurons à apporter des réponses profondes. Nous voyons que le risque de division profonde de la Nation est là. Il y a un besoin d’autorité, de respect et une espérance légitime », a développé le chef de l’Etat.

  • Méthode : « exemplarité, collégialité, efficacité »

Enfin, le Président de la République a conclu ses 25 minutes de prise de parole par un point sur la « méthode » que le gouvernement devra mettre en œuvre. « Il est attendu des membres du gouvernement d’être à la tâche. Vous êtes regardés, dans tous les détails de votre action et de votre vie, nous devons au pays d’agir et de le faire toujours avec la plus grande dignité. Dans des temps où la violence langagière, et parfois les comportements inappropriés prennent trop de place dans notre vie publique, il est attendu du gouvernement de la France d’être exemplaire », a ainsi affirmé Emmanuel Macron.

Il a ensuite insisté sur la « collégialité » de l’action gouvernementale. « Il n’y a pas de réussites individuelles s’il y a des échecs collectifs », s’est-il fendu.

Le chef de l’Etat a finalement réaffirmé la nécessité pour les ministres de pleinement « diriger leur administration » afin de mener une action publique « efficace. » « Être ministre, ce n’est pas parler dans le poste, c’est mettre en œuvre des décisions, il faut diriger les administrations jusqu’au plus près du terrain », a conclu Emmanuel Macron.

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