Emmanuel Grégoire affirme qu’Emmanuel Macron est intervenu dans le retrait de la liste Knafo à Paris : « Quand vous perdez pied, vous dites n’importe quoi », répond Rachida Dati

Le socialiste accuse le chef de l’État d’avoir agi en sous-main pour obtenir le retrait de la liste de la candidate d’extrême droite, ce qui devrait favoriser Rachida Dati à l’approche du second tour de l’élection municipale à Paris. Au micro de Public Sénat, Rachida Dati accuse son adversaire de mener une campagne « outrancière, insultante, caricaturale ».
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

La campagne de l’entre-deux-tours dans la capitale se tend. Arrivé largement en tête du scrutin dimanche dernier, Emmanuel Grégoire, le candidat d’union de la gauche (hors LFI) est désormais inquiété par la dynamique qui s’est formée autour de la candidate LR Rachida Dati. Après avoir fusionné sa liste avec celle du candidat Horizons-Renaissance Pierre-Yves Bournazel, l’ancienne ministre de la Culture a vu la candidate zemmouriste Sarah Knafo se désister en sa faveur. Sur franceinfo ce jeudi 19 mars, Emmanuel Grégoire a accusé Emmanuel Macron d’être « personnellement intervenu […] pour faire en sorte d’aider au retrait de Sarah Knafo ». Le chef de l’Etat a aussitôt démenti, estimant, en marge de son déplacement à Bruxelles pour le sommet européen, que ces accusations « déshonorent un peu la personne qui les dit ».

En déambulation ce jeudi sur un marché du 7e arrondissement, Rachida Dati a été interpellée par des journalistes sur un éventuel arrangement entre le bloc central et le parti d’extrême droite Reconquête ! « Je crois que l’Elysée a bien démenti. Mais bon, quand vous perdez pied, vous dites n’importe quoi », a balayé la candidate. « Tout n’est pas permis. Cette campagne de la part d’Emmanuel Grégoire a été outrancière, insultante, caricaturale », a-t-elle déploré.

« On n’est pas sectaire, on parle avec tout le monde »

La candidate LR assume de tendre la main aux électeurs parisiens qui ont glissé un bulletin Sarah Knafo dans l’urne au premier tour. « Les électeurs de Madame Knafo veulent que ça change, qu’il y ait plus de sécurité, plus de propreté, que la ville soit bien tenue, que les dépenses, la dette soient réduites », a-t-elle expliqué. « C’est ce à quoi nous répondons, ce sont les premières préoccupations des Parisiens d’ailleurs, quel que soit le bord politique. »

« Nous, on n’est pas sectaire, on parle avec tout le monde, y compris pour ceux qui ne votent pas pour nous, et on essaye de les convaincre quand même », poursuit Rachida Dati. « Avec nous, Paris ça va changer, et ça va changer en mieux », martèle l’ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy.

Une campagne bousculée par le scandale du périscolaire

Interrogée sur la première mesure qu’elle mettra en place si elle parvient à décrocher la mairie à l’issue du second tour le 22 mars, Rachida Dati répond : « Si nous sommes élus, le premier dossier, ça sera le périscolaire. Je recevrai toutes les familles. Nous reverrons tous les animateurs qui ont été suspendus ou déplacé, dont aujourd’hui on ne connaît pas le nombre. » La capitale est secouée depuis plusieurs mois par un scandale sur des violences survenues dans le milieu périscolaire, souvent cité par la droite pour dénoncer la gestion de la gauche, aux manettes depuis 2001 à Paris. Le sujet a d’ailleurs occupé une large part du débat organisé mercredi soir par BFMTV, entre Emmanuel Grégoire, Rachida Dati et la candidate LFI Sophia Chikirou.

« Nous mettrons fin à ce périscolaire morcelé pour avoir un périscolaire qui soit de qualité. Les animateurs auront un statut et une rémunération en conséquence. Ils seront contrôlés avant le recrutement. Ils seront évidemment diplômés d’Etat », a détaillé Rachida Dati, qui promet également une multiplication des « contrôles inopinés ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Emmanuel Grégoire affirme qu’Emmanuel Macron est intervenu dans le retrait de la liste Knafo à Paris : « Quand vous perdez pied, vous dites n’importe quoi », répond Rachida Dati
4min

Politique

VSS dans le sport : « On est passé de 10 cas à 400 par an » alerte ce sénateur

Mathilde De Kerangat, ex-athlète olympique de voile, révélait en 2022 avoir été victime d’agressions sexuelles de la part de son entraîneur quand elle pratiquait l’athlétisme entre l’âge de 7 et 11 ans. Aujourd’hui, elle s’engage au sein de l’observatoire des violences sexistes et sexuelles dans le sport et s’engage auprès des plus jeunes pour faire de la prévention. Elle témoigne dans l’émission Sport etc. présentée par Caroline Delage.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
9min

Politique

Sénatoriales : après les municipales, le groupe LR pourrait « perdre de 3 à 5 sièges », face à la poussée du RN

Les municipales permettent déjà de faire des projections sur les sénatoriales de septembre 2026. Sur le papier, les LR craignent de perdre 3 à 5 sièges, mais le scrutin de 2029 s’annonce meilleur. Au groupe centriste, son président Hervé Marseille mise sur une « forme de stabilité ». Globalement, le sénateur LR Roger Karoutchi assure qu’« il n’y a pas de risque sur la majorité sénatoriale », qui restera « très large ».

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
4min

Politique

Présidentielle : les adhérents LR désignent Bruno Retailleau comme candidat

Le président des Républicains a été investi par son parti pour l’élection présidentielle ce dimanche, à la suite d’un vote en ligne des adhérents. La confirmation de la candidature de Bruno Retailleau était une étape nécessaire, mais n’épuise pas les questions sur la suite de la campagne présidentielle à droite. 

Le