La campagne de l’entre-deux-tours dans la capitale se tend. Arrivé largement en tête du scrutin dimanche dernier, Emmanuel Grégoire, le candidat d’union de la gauche (hors LFI) est désormais inquiété par la dynamique qui s’est formée autour de la candidate LR Rachida Dati. Après avoir fusionné sa liste avec celle du candidat Horizons-Renaissance Pierre-Yves Bournazel, l’ancienne ministre de la Culture a vu la candidate zemmouriste Sarah Knafo se désister en sa faveur. Sur franceinfo ce jeudi 19 mars, Emmanuel Grégoire a accusé Emmanuel Macron d’être « personnellement intervenu […] pour faire en sorte d’aider au retrait de Sarah Knafo ». Le chef de l’Etat a aussitôt démenti, estimant, en marge de son déplacement à Bruxelles pour le sommet européen, que ces accusations « déshonorent un peu la personne qui les dit ».
En déambulation ce jeudi sur un marché du 7e arrondissement, Rachida Dati a été interpellée par des journalistes sur un éventuel arrangement entre le bloc central et le parti d’extrême droite Reconquête ! « Je crois que l’Elysée a bien démenti. Mais bon, quand vous perdez pied, vous dites n’importe quoi », a balayé la candidate. « Tout n’est pas permis. Cette campagne de la part d’Emmanuel Grégoire a été outrancière, insultante, caricaturale », a-t-elle déploré.
« On n’est pas sectaire, on parle avec tout le monde »
La candidate LR assume de tendre la main aux électeurs parisiens qui ont glissé un bulletin Sarah Knafo dans l’urne au premier tour. « Les électeurs de Madame Knafo veulent que ça change, qu’il y ait plus de sécurité, plus de propreté, que la ville soit bien tenue, que les dépenses, la dette soient réduites », a-t-elle expliqué. « C’est ce à quoi nous répondons, ce sont les premières préoccupations des Parisiens d’ailleurs, quel que soit le bord politique. »
« Nous, on n’est pas sectaire, on parle avec tout le monde, y compris pour ceux qui ne votent pas pour nous, et on essaye de les convaincre quand même », poursuit Rachida Dati. « Avec nous, Paris ça va changer, et ça va changer en mieux », martèle l’ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy.
Une campagne bousculée par le scandale du périscolaire
Interrogée sur la première mesure qu’elle mettra en place si elle parvient à décrocher la mairie à l’issue du second tour le 22 mars, Rachida Dati répond : « Si nous sommes élus, le premier dossier, ça sera le périscolaire. Je recevrai toutes les familles. Nous reverrons tous les animateurs qui ont été suspendus ou déplacé, dont aujourd’hui on ne connaît pas le nombre. » La capitale est secouée depuis plusieurs mois par un scandale sur des violences survenues dans le milieu périscolaire, souvent cité par la droite pour dénoncer la gestion de la gauche, aux manettes depuis 2001 à Paris. Le sujet a d’ailleurs occupé une large part du débat organisé mercredi soir par BFMTV, entre Emmanuel Grégoire, Rachida Dati et la candidate LFI Sophia Chikirou.
« Nous mettrons fin à ce périscolaire morcelé pour avoir un périscolaire qui soit de qualité. Les animateurs auront un statut et une rémunération en conséquence. Ils seront contrôlés avant le recrutement. Ils seront évidemment diplômés d’Etat », a détaillé Rachida Dati, qui promet également une multiplication des « contrôles inopinés ».