Emmanuel Macron « a essayé la droite, il doit maintenant essayer la gauche », exige Olivier Faure

Avant une nouvelle rencontre à l’Élysée, aux côtés de tous les partis politiques (hors RN et LFI), les socialistes et écologistes ont estimé que le chef de l’État devrait se mettre en retrait, si les discussions en vue de la formation d’un gouvernement devaient se prolonger.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

À gauche, les socialistes, les écologistes et les communistes ont répondu à l’invitation du président de la République pour une réunion multilatérale ce 10 décembre, en vue de la formation d’un gouvernement. Les deux premières formations, qui s’exprimaient devant les journalistes avant le début des consultations, estiment que la suite doit se jouer sans Emmanuel Macron. Selon l’entourage du chef de l’Etat, cette nouvelle consultation doit permettre « d’avancer sur un accord concernant une méthode », tous les principaux partis ont été conviés, sauf le Rassemblement national et la France insoumise.

« Nous venons car nous sommes des personnes polies, mais on estime que la suite des discussions, si suite il y a, doit plutôt se passer à l’Assemblée nationale », a plaidé la secrétaire nationale des écologistes Marine Tondelier. « C’est normal que ce soit le premier à convier. Nous souhaitons que ce débat ne puisse pas se prolonger sous ces auspices », a également fait savoir Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste. « Il n’est plus en situation aujourd’hui d’être l’arbitre des élégances et ce n’est pas à lui de dire comment le Parlement doit se composer et quel type de majorité nous devons conduire. »

Le Président et son camp « doivent comprendre qu’un changement de cap politique est indispensable »

La cheffe des écologistes attend de savoir à travers cette nouvelle rencontre quelles concessions politiques « le président de la République et son camp politique » sont prêts à faire. « Si vraiment ils se placent dans le camp républicain, et qu’ils ont à l’esprit d’éviter la victoire du Rassemblement national à la prochaine élection présidentielle, ils doivent comprendre qu’un changement de cap politique est indispensable », a-t-elle résumé.

« Nous voulons un Premier ministre de gauche […] Il a essayé la droite, il doit maintenant essayer la gauche », a exigé son homologue socialiste, promettant un « Premier ministre ouvert au compromis ». L’hypothétique chef gouvernement de gauche « n’aura pas d’autre choix car nous n’avons pas de majorité absolue », a souligné le député de Seine-et-Marne.

Interrogé sur refus de la France insoumise de prendre part à ces échanges, Olivier Faure a dit « regretter leur position ». « Pourquoi refuser le dialogue à un moment où les Français se demandent ce que va être la suite ? La politique de la chaise vide est une forme d’affaiblissement de la gauche. »

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA: Paris : Rencontre du President Francais et du Premier Ministre Israelien
10min

Politique

Présidentielle : y aura-t-il un candidat qui rassemble « la droite modérée » et « la social-démocratie » ?

A un an de la présidentielle, l’idée d’un rapprochement entre droite et gauche reprend du galon chez certains stratèges. « Il faudra que les sociaux-démocrates et les modérés de la droite républicaine se retrouvent » pour « s’opposer aux extrêmes », avance le centriste Hervé Marseille, quand François Patriat imagine un rassemblement avant le premier tour. A Horizons, Edouard Philippe veut élargir. A gauche, on pense à Bernard Cazeneuve ou François Hollande, qui rêvent chacun d’incarner cette social-démocratie, dont les seules voies ne seront pas suffisantes pour gagner…

Le

Emmanuel Macron « a essayé la droite, il doit maintenant essayer la gauche », exige Olivier Faure
6min

Politique

« Un front commun de la simplification » : sénateurs et gouvernement veulent poursuivre le combat contre le trop-plein de normes qui « entrave » les élus locaux

Lors d’un colloque sur la simplification ce jeudi, sénateurs et ministres ont dressé le bilan des récentes « avancées » en matière d’assouplissement des normes auxquelles sont tenus les élus locaux et ont évoqué les pistes pour aller plus loin. Parmi elles, une proposition de loi sur les règles locales d’urbanisme « déposée dans les prochains jours », en parallèle du plan logement annoncé la semaine dernière par Sébastien Lecornu.

Le

Cybercrime
7min

Politique

Cyberattaques : « La priorité, c’est de responsabiliser les ministres et les fonctionnaires de ces administrations »

Ministère de l’Intérieur, de l’Education nationale, et encore tout récemment l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), de nombreuses administrations publiques sont victimes de cyberattaques ces derniers mois. « Des attaques qui altèrent la confiance des citoyens envers leurs gouvernants », déplore le sénateur centriste, Olivier Cadic, spécialiste des questions de défense qui appelle à une prise de conscience de la menace au sein des administrations.

Le