Emmanuel Macron devant les maires de France, un rendez-vous sous tension ?  « On ne hue pas le président de la République », avertit le maire de Montpellier
Le maire PS de Montpellier, Michaël Delafosse, appelle sur Public Sénat ses collègues à réserver, en dépit de nombreux points de désaccord, un accueil « républicain » à Emmanuel Macron, qui est attendu jeudi au congrès de l’AMF. Il espère que le chef de l’État se prononcera en faveur d’un « nouvel acte de décentralisation ».

Emmanuel Macron devant les maires de France, un rendez-vous sous tension ? « On ne hue pas le président de la République », avertit le maire de Montpellier

Le maire PS de Montpellier, Michaël Delafosse, appelle sur Public Sénat ses collègues à réserver, en dépit de nombreux points de désaccord, un accueil « républicain » à Emmanuel Macron, qui est attendu jeudi au congrès de l’AMF. Il espère que le chef de l’État se prononcera en faveur d’un « nouvel acte de décentralisation ».
Romain David

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Les maires de France feront-ils passer un sale quart d’heure à Emmanuel Macron, jeudi après-midi ? Alors que le chef de l’État prononcera vers 15h30 le discours de clôture du 103e congrès de l’Association des maires de France, il est permis de se poser la question tant les griefs des élus locaux à l’égard de l’exécutif se sont accumulés au fil des cinq dernières années. En tête de liste : une perte d’autonomie financière, avec la suppression de la taxe d’habitation, et un exercice du pouvoir trop vertical, qui aurait relégué les édiles au rang de simples « sous-traitants de l’État », selon une formule d’André Laignel, le vice-président de l’AMF. Déjà en 2017, le candidat Macron avait été hué lorsqu’il était venu présenter à l’Association des maires de France un programme peu réjouissant pour les élus locaux.

« On ne hue pas le président de la République, même si l’on est en désaccord avec lui. On l’accueille de manière républicaine », a averti jeudi matin, au micro de « Bonjour chez vous » sur Public Sénat, le maire socialiste de Montpellier Michaël Delafosse, qui estime que les démonstrations d’hostilité nuisent à l’ensemble de la classe politique. « Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas d’accord sur un point que l’on doit théâtraliser en permanence la conflictualité, à la fin elle nous rend impuissants collectivement », avertit cet ancien conseiller départemental.

« La France des procédures tue la France des projets »

Comme nombre de ses collègues, Michaël Delafosse attend d’Emmanuel Macron des annonces en faveur d’une plus grande délégation de compétences aux élus locaux, le projet de loi 3DS sur la décentralisation, largement amendé par le Sénat et actuellement examiné par l’Assemblée nationale, étant jugé insuffisant dans les rangs de l’AMF. « Il y a des choses qui ne marchent pas ou qui prennent anormalement trop de temps. La France des procédures tue la France des projets », relève Michaël Delafosse, qui plaide pour « un nouvel acte de décentralisation ». Il cite notamment le domaine de la santé, et celui de la rénovation thermique qui n’avance pas assez rapidement selon lui.

« L’erreur serait de croire que recentraliser est gage d’efficacité. Au contraire, il faut décentraliser pour situer la responsabilité au bon endroit, rendre des comptes et mobiliser les citoyens », souligne le maire de Montpellier. « Ce qui se joue, c’est la vitalité de la démocratie et l’efficacité de l’action publique », conclut-il.

Déjà mercredi soir, une délégation d’un millier de maires a été reçue à l’Elysée en marge du congrès de l’AMF. « Vous avez été là tout au long de l’épidémie de covid-19, je ne vous lâcherai pas ! », leur a lancé Emmanuel Macron. Interrogés par Public Sénat à la sortie de cette réception, plusieurs édiles y ont vu « une opération de câlinothérapie » de la part du chef de l’État, probable candidat à sa succession.

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