France Military Service
Emmanuel Macron à Varces (AP Photo/Thomas Padilla, Pool)/MEU110/25331413800879/POOL PHOTO/2511271240

Emmanuel Macron dévoile un nouveau service national « militaire » et « volontaire » : à quoi va-t-il ressembler ?

En visite à Varces, en Isère, Emmanuel Macron a présenté jeudi les contours d’un nouveau service national volontaire entièrement militaire, appelé à devenir l’un des piliers d’un modèle de défense renouvelé. Une annonce qui intervient alors que l’exécutif et l’état-major alertent sur la montée des tensions internationales, notamment face à la Russie.
Emma Bador-Fritche

Temps de lecture :

4 min

Publié le

« La jeunesse française a soif d’engagement », a affirmé le chef de l’État, saluant une génération « fière, debout et prête à servir ». Devant plusieurs centaines de jeunes militaires, le chef de l’État a défendu la mise en place d’un “modèle hybride”, mêlant armée professionnelle et jeunesse formée au sein d’un service national repensé. Selon lui, cette organisation doit permettre à la France de rester « prête à toutes les bascules » dans un environnement géopolitique de plus en plus instable. Le socle du dispositif reposera sur une armée d’active consolidée, complétée par une réserve issue du futur service militaire volontaire. Ce futur dispositif sera purement militaire et ne concernera que des jeunes volontaires, principalement âgés de 18 à 19 ans. Il débutera progressivement à l’été 2026, avec 3 000 jeunes la première année, l’objectif de 10 000 en 2030 et si possible 50 000 en 2035. Le cadre retenu s’inspire de plusieurs modèles européens, notamment celui de la Norvège, où le volontariat et la sélection constituent la base du service militaire.

Pas de retour au service militaire obligatoire

Le président a écarté toute résurrection d’un service militaire universel aboli en 1997. Selon lui, cette option est “portée par ceux qui méconnaissent nos armées” et ne correspond ni à leurs besoins ni aux réalités opérationnelles. Avec 600 000 à 800 000 jeunes par an, un tel dispositif serait, selon l’Élysée, matériellement impossible à gérer.

Un nouveau service national dès l’été 2026

Le nouveau service national durera 10 mois, calés sur une année de césure. Il concernera « seulement des volontaires », souligne le président de la République. Les candidatures seront « déposées à partir de mi-janvier 2026″, dit-il.  Il comprendra un mois de formation initiale, centrée sur les fondamentaux militaires et « neuf mois d’intégration au sein d’unités, sur tous types de postes, jusqu’aux états-majors ». Point qui ne manquera pas de faire réagir, en cas de crise, le Parlement pourra autoriser à faire appel à des jeunes au-delà de ces volontaires « à ceux dont les compétences auront été repérées durant cette journée » et alors « le service national deviendra obligatoire »

Les volontaires serviront sous statut militaire, recevront une solde et pourront ensuite rejoindre l’armée d’active, la gendarmerie ou les pompiers militaires. Leur expérience pourra également « être valorisée dans leurs études ou leur insertion professionnelle ». Macron a présenté ce nouveau service comme « une réponse à la fois stratégique et sociétale ». Il doit permettre de consolider « le pacte entre l’armée et la nation », accroître la capacité de résistance du pays et « offrir à la jeunesse un cadre d’engagement structurant ».

Le Président a tenu à clarifier un point : les volontaires ne seront déployés qu’en France, en métropole comme dans les Outre-mer. Ce choix vise à ancrer le service national dans une logique de défense du territoire, et non de participation aux opérations extérieures

Des investissements massifs pour accueillir les futurs volontaires

La montée en puissance du dispositif nécessite la création de nouvelles infrastructures d’hébergement et de formation. Plus de « 2 milliards d’euros » doivent y être consacrés et seront financés par l’actualisation de la loi de programmation militaire 2026-2030. Les volontaires au service national « purement militaire » seront rémunérés 800 euros par mois minimum, hébergés, nourris et équipés, précise l’Elysée.

« La peur n’a jamais évité le danger »

En conclusion, Emmanuel Macron a appelé à que « dans ce monde incertain où la force prime sur le droit et la guerre se conjugue au présent notre nation a le droit ni à la panique, ni la division ». Ce nouveau service militaire volontaire se veut ainsi, selon l’Élysée, « un acte de confiance envers la jeunesse et une réponse structurante aux défis sécuritaires des prochaines années ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Capture d’écran du documentaire « 39-45, les cheminots dans la résistance » de Emmanuel Roblin
3min

Politique

Les « docus de l’été » : Les cheminots français sous le nazisme, de résistants individuels à la paralysie du réseau

Instrument essentiel de la logistique en temps de guerre, les cheminots français ont très tôt mesuré l’utilité du réseau de chemins de fer pour l’ennemi. Dès 1942, et avant toute autre forme de résistance, ils ont agi pour faire dérailler la machine nazie. "39-45, les cheminots dans la résistance", un documentaire de Emmanuel Roblin à voir cet été sur Public Sénat.

Le

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef
7min

Politique

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef

Le premier débat de la présidentielle s’est joué ce 27 août à Paris face aux tribunes de Roland-Garros, entre sept candidats déclarés, sur des thématiques économiques chères à l’organisation patronale. Les dirigeants ou cadres que nous avons rencontrés ressortent mitigés de cet échange. Les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal et Édouard Philippe, ont sans surprise pris l’ascendant face à ce parterre.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
9min

Politique

Dette, retraites, fiscalité… que retenir du premier débat des candidats à l’élection présidentielle ?

Ce jeudi, sept candidats à la présidentielle ont tenu le premier débat de la campagne, aux journées d’été du Medef. Pendant plus de deux heures, Bruno Retailleau (les Républicains), Edouard Philippe (Horizons), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Gabriel Attal (Renaissance) et Marine Tondelier (les Ecologistes) ont échangé sur le sujet de la dette publique, des retraites ou encore du coût du travail.

Le

Meeting of French centrist Renaissance party
8min

Politique

Présidentielle : Retailleau, Attal, Bertrand, Philippe… Les candidatures se multiplient à droite et au centre, mais l’hypothèse d’une primaire divise toujours autant  

Les appels à une candidature unique de la droite et du centre, pour éviter un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, se font de plus en plus pressants. Dernière initiative en date : une tribune signée par 200 élus en faveur d’une primaire ouverte. Mais du côté des partis, les équipes continuent à espérer un rassemblement sans avoir à passer par un tel processus.

Le