Emmanuel Macron esquisse les préconisations du rapport Bronner pour lutter contre les fake news
Emmanuel Macron a présenté mardi après-midi ses vœux à la presse en présence du bureau de l’Association de la presse présidentielle (APP) et d’autres représentants de la profession. L’occasion pour le chef de l’Etat d’évoquer notamment la lutte contre les fake news, au cœur des travaux de la commission Bronner.

Emmanuel Macron esquisse les préconisations du rapport Bronner pour lutter contre les fake news

Emmanuel Macron a présenté mardi après-midi ses vœux à la presse en présence du bureau de l’Association de la presse présidentielle (APP) et d’autres représentants de la profession. L’occasion pour le chef de l’Etat d’évoquer notamment la lutte contre les fake news, au cœur des travaux de la commission Bronner.
Public Sénat

Par Sandra Cerqueira

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4 min

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En janvier 2020, date de ses derniers vœux à la presse, juste avant la pandémie, Emmanuel Macron avait annoncé vouloir « une forme de régulation » des médias pour lutter contre les fausses informations », en défendant le nouveau Conseil de déontologie des médias qu’il venait d’installer, très contesté par la profession et aussitôt boycotté par la plupart des grands médias.

Eviter la propagation des fake news

Deux ans plus tard, et à trois mois de la présidentielle, le chef de l’Etat évoque les travaux de la commission présidée par le sociologue Gérald Bronner baptisée « les Lumières à l’ère numérique », dont la création a été annoncée fin septembre et le rapport remis quelques heures plus tôt. Une quinzaine d’universitaires ou personnalités de la société civile ont participé aux travaux pendant trois mois. Son objectif : lutter contre la désinformation -complotisme, fake news- sur les grandes plateformes numériques en dressant une trentaine de préconisations à destination des pouvoirs publics, mais aussi des géants du numérique pour éviter leur propagation. Une initiative qui vise à répondre entre autres à la montée du discours antivax, alors que les fake news concernant le covid-19 sont largement diffusées sur des plateformes comme Facebook ou Twitter.

Désactiver les algorithmes

Est remis en cause le fondement même des principaux réseaux sociaux, dont les contenus les plus viraux sont recommandés par des algorithmes afin de maximiser le temps passé par l’utilisateur et diffuser le plus de publicités possibles. Aussi le rapport Bronner plaide pour que les utilisateurs puissent désactiver « l’éditorialisation algorithmique », qui fabrique notamment le fil d’actualité de Facebook, Instagram, ou Twitter. Le but étant de proposer un fil chronologique, affichant les contenus publiés par des comptes auxquels l’internaute est abonné, sans qu’une publication plus radicale ou plus sensationnelle ne soit mise en avant. Twitter permet déjà de désactiver cette sélection algorithmique définitivement, mais ce n’est pas le cas de Facebook et Instagram, qui proposent tous deux de telles options tout en prenant le soin de les cacher ou de les rendre peu fonctionnelles au quotidien.

Ouvrir les données aux chercheurs

Le rapport Bronner mentionne également la nécessité d’ouvrir les données des plateformes aux chercheurs travaillant sur les fausses informations et le complotisme. Une voie que Facebook n’a jamais privilégiée jusque-là. Au cours de l’été 2021, la plateforme a supprimé les comptes de chercheurs de l’Université de New York étudiant la désinformation sur le réseau social. La commission émet également la piste d’une évolution du Code civil, afin que ceux qui diffusent sciemment une fausse information puissent être plus facilement poursuivis. Face aux faiblesses de la modération des réseaux sociaux, la possibilité pour chaque internaute de saisir l’Arcom (nouvelle autorité intégrant l’ancien CSA) est avancée si la plateforme ne prend pas de mesure face à la diffusion massive « d’un contenu susceptible de véhiculer une fausse nouvelle pouvant troubler l’ordre public. »

 

« Il faut rebâtir l’esprit des Lumières dans le numérique »

Pour Emmanuel Macron, il faut « former davantage nos enfants à l’esprit critique, l’esprit de méthode face à cette transformation » numérique. Ces « plateformes sont des biens communs » assure-t-il. « Il faut rebâtir l’esprit des Lumières dans le numérique. » Le chef de l’Etat compte également profiter de l’actuelle présidence française de l’Union européenne pour pousser une adoption rapide de la nouvelle loi européenne dite « DSA », qui doit notamment renforcer les obligations faites aux grandes plateformes internet en matière de modération des contenus.

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