« Emmanuel Macron est le meilleur allié objectif de l’extrême droite », estime Patrick Kanner
Invité de notre matinale, Patrick Kanner est revenu sur la crise sociale, transformée en « crise démocratique » d’après lui. Le président du groupe socialiste alerte sur « l’isolement » du Président de la République, qui pourrait profiter d’après lui à l’extrême droite.

« Emmanuel Macron est le meilleur allié objectif de l’extrême droite », estime Patrick Kanner

Invité de notre matinale, Patrick Kanner est revenu sur la crise sociale, transformée en « crise démocratique » d’après lui. Le président du groupe socialiste alerte sur « l’isolement » du Président de la République, qui pourrait profiter d’après lui à l’extrême droite.
Louis Mollier-Sabet

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« C’est terrible parce que ce n’est pas une surprise ce qu’il est arrivé hier. » Patrick Kanner n’attendait pas grand-chose de la réunion de la Première ministre avec les syndicats qui s’est tenue ce mercredi : « Je ne suis pas déçu parce que je n’attendais rien de cette rencontre. On a mis la charrue avant les bœufs et on a froissé, non seulement les syndicats et les partis politiques de gauche, mais les Français. » Alors que le Président de la République pourrait recevoir les syndicats après la décision du Conseil constitutionnel qui sera rendue le 14 avril, Patrick Kanner estime que le timing « ne marche pas » et ne tient pas compte « de l’urgence de la situation sociale. »

« La crise sociale était évidente. La crise démocratique, on y est, malheureusement »

« La crise sociale était évidente, la crise démocratique, on y est, malheureusement », analyse Patrick Kanner. « Emmanuel Macron s’isole de plus en plus, je crains que cette déconnexion aboutisse à ce que j’ai combattu tout au long de ma vie politique : l’extrême droite. Je l’ai toujours dit : il est le meilleur allié objectif de l’extrême droite : par ses mesures injustes et incomprises depuis 5 ans, il fait, de fait, monter l’extrême droite. »

D’après le président du groupe socialiste au Sénat, « le démontage de la politique » entrepris par Emmanuel Macron depuis 2017 a abouti à une « tripartition de la vie politique », dans laquelle « il y a une place pour une gauche de gouvernement » : « LFI a sa stratégie, qui, je l’ai toujours dit, aboutit à un plafond de verre. C’est une stratégie de contestation, de gauche extrême, ce n’est pas ma logique. Il faut une gauche de gouvernement qui puisse apporter une solution intermédiaire. »

Censure du Conseil constitutionnel : « C’est 50-50 »

Le président du groupe socialiste sera reçu, avec les autres présidents de groupe de gauche du Sénat et une délégation sénatoriale, au Conseil constitutionnel ce jeudi, pour défendre le recours au Conseil constitutionnel. « C’est 50-50 » estime Patrick Kanner sur la possibilité d’une censure totale du texte par les sages.

« Nous contestons le véhicule législatif, l’accumulation d’éléments procéduriers pour empêcher la sincérité des débats. Ce n’est pas n’importe quel texte : une réforme aussi essentielle, par le biais d’une loi de finances rectificative, on n’a jamais vu ça. On peut espérer que le Conseil se dise que le gouvernement aurait dû utiliser une loi ordinaire », détaille le président du groupe socialiste au Sénat.

Le 14 avril, le Conseil constitutionnel rendra aussi sa décision concernant le référendum d’initiative partagée (RIP) déposé par la gauche parlementaire. Patrick Kanner ne doute pas que si la procédure est validée, les 4,5 millions de signatures seront réunies. Dans ce cas, Emmanuel Macron devrait dans ce cas considérer « qu’il faut donner du temps au temps. » En tout état de cause, « le Président de la République prend un grand risque politique s’il met la réforme en œuvre », d’après lui.

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