Emmanuel Macron « l’extrême centre » pour lutter contre l’extrême droite
Un peu de droite, un peu de gauche, une once de nouveauté et beaucoup de succès dans les sondages :  telle est l’équation politique d’Emmanuel Macron.  Entre  désir de contact et mise à l’écart des journalistes, décor minimaliste à Caen et meeting à l’américaine à Lyon, quels sont les ingrédients de la recette Macron ?  

Emmanuel Macron « l’extrême centre » pour lutter contre l’extrême droite

Un peu de droite, un peu de gauche, une once de nouveauté et beaucoup de succès dans les sondages :  telle est l’équation politique d’Emmanuel Macron.  Entre  désir de contact et mise à l’écart des journalistes, décor minimaliste à Caen et meeting à l’américaine à Lyon, quels sont les ingrédients de la recette Macron ?  
Public Sénat

Par Corentin Pastoret

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La sobriété : la clé d’une communication réussie ?

 

Une petite scène, aucun pupitre, un fond bleu - presque vierge- sur lequel est écrit « Rejoignez-nous ». Le 4 mars dernier, à Caen, devant plusieurs milliers de sympathisants, Emmanuel Macron s’élance sur une scène minimaliste. Un dispositif sobre, en rupture avec celui de Lyon. Plutôt une réussite selon Isabelle Veyrat Masson : « la mise en scène est originale, mais elle s’inscrit dans l’héritage de la démocratie participative. Il enlève toute barrière entre lui et son public, il essaye d’être le plus près possible des gens et pour cela il va parler comme eux ».

Mais attention, d’après la politologue, directrice du laboratoire « communication et politique » au CNRS, tout n’est pas parfait : « quand on regarde les images, ce n’est tout de même pas très beau, ça fait très amateur, il ne faut pas oublier que l’on est dans une élection présidentielle ».

Au contraire, d’après Gilles Masson, président de l’agence de communication M&C Saatchi GAD, ce « côté amateur » est un atout, « les jeunes voient une communion, quelqu’un qui parle directement, dans l’authenticité, c’est un prêche moderne ».

Déshabillons-les, la mise en scène des meetings d'Emmanuel Macron
02:16

 

Du contact et des couacs

Ce choix de proximité, on le retrouve dans les interventions de terrain du candidat. L’ancien ministre n’hésite pas à aller au contact, n’échappant pas à quelques polémiques. Notamment le 16 février dernier, lors d’un déplacement en Algérie où il a qualifié la colonisation de crime contre l’humanité. Des propos qu’il s’est empressé de nuancer, deux jours tard, au cours d’un meeting à Toulon en évoquant désormais un crime contre l’humain. Ce revirement, Gilles Masson l’attribue au désir de séduction du leader d’En Marche. Un point fort, mais aussi LE « talon d’Achille » d’Emmanuel Macron. « Il est de temps en temps dans l’effet miroir, dès qu’il va au contact avec les gens, il va avoir cette séduction de l’improvisation mais il peut parfois déraper », analyse le communiquant.

 

Le cadeau empoisonné des ralliements ? 

Robert Hue, Bertrand Delanoë et surtout François Bayrou, alors que les sondages positifs se multiplient, En Marche voit affluer les ralliements venus de tout bords. Une situation qui a contrait l’ancien banquier d’affaire à affirmer la singularité de son mouvement politique. À plusieurs reprises, il s’est montré très ferme, comme le 14 mars dernier à Lille : «  Je n’ai pas fondé une maison d’hôtes, pardon de vous le dire ». Le danger, faire d’En Marche une formation fourre-tout à cheval entre la droite et la gauche, «  plus il y aura de ralliements, plus il paraitra comme le candidat de l’establishment ou de l’UMPS comme dirait Marine Le Pen. Et pour Macron, il ne faut absolument pas offrir ce champ à la candidate du Front National », décrypte Bertrand Delais, documentariste qui suit actuellement le leader dans sa campagne. Selon Gilles Masson, pour éviter de tomber dans ce piège, le « marcheur » tente d’inventer quelque chose de nouveau : « l’extrême centre ». « Il crée un rassemblement, où, il ne doit pas paraître ni trop à gauche, ni trop à droite. D’ailleurs, il a toujours dit : ‘Je veux être ni de droite, ni de gauche’, maintenant, il explique : ‘Je veux être à gauche et à droite’. » Un avis partagé par Isabelle Veyrat Masson, « il porte en lui quelque chose de la totale nouveauté ».

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