Emmanuel Macron souhaite un pacte nouveau pour les enseignants
Emmanuel Macron a présenté les principaux axes de son projet présidentiel ce jeudi 17 mars à Aubervilliers. Le président-candidat a détaillé ses propositions en matière d’éducation et promet « un pacte nouveau » avec les enseignants, un meilleur accompagnement des élèves et une plus grande autonomie pour les équipes pédagogiques.

Emmanuel Macron souhaite un pacte nouveau pour les enseignants

Emmanuel Macron a présenté les principaux axes de son projet présidentiel ce jeudi 17 mars à Aubervilliers. Le président-candidat a détaillé ses propositions en matière d’éducation et promet « un pacte nouveau » avec les enseignants, un meilleur accompagnement des élèves et une plus grande autonomie pour les équipes pédagogiques.
Public Sénat

Par Louis Dubar

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le président sortant défend son bilan en matière d’éducation notamment pour les réseaux d’éducation prioritaire (REP) et REP + (doublement des classes et limitation à 12 élèves). « Les résultats sont là. » Le candidat-président promet d’intensifier les moyens pour transformer et rénover un système scolaire « cadenassé. » « Qu’est-ce qu’on veut faire à l’école ? On veut mieux former, donner les mêmes chances à tous, faire confiance et mieux reconnaître les enseignants », explique-t-il. Pour Emmanuel Macron, le système scolaire actuel n’apporte pas complétement satisfaction : « Si je devais résumer notre système, nos enseignants ne se sentent pas reconnus et ils ont raison. Les familles sont confrontées à des problématiques d’absentéisme […] et les enfants continuent à manquer de confiance. » Emmanuel Macron reconnaît les mauvais résultats de la France au classement Pisa et espère que les efforts menés au cours de son mandat paieront : « L’investissement se verra dans quelques années. »

Une grande concertation avec l’ensemble des parties prenantes en début de mandat

S’il est élu, Emmanuel Macron souhaite commencer son nouveau quinquennat par « une large concertation pour discuter de la meilleure manière pour atteindre des objectifs nationaux. » Le président définit les contours de ce processus : « un travail collectif au niveau local, avec l’ensemble des parties prenantes, une concertation de terrain. » Les élus, les enseignants, les équipes administratives des établissements, les parents d’élèves et les associations sont concernés par ce dispositif « pour changer de mode de fonctionnement. » Pour le président de la République, il est urgent de déployer « des formes nouvelles d'organisation » en fonction des territoires tout en conservant des objectifs nationaux. « Les programmes et les examens demeurent nationaux mais il faut assumer plus de liberté », précise-t-il.

Augmentation des salaires et missions nouvelles pour les enseignants

Emmanuel Macron promet « un pacte nouveau » avec les enseignants. « Si on laisse les choses comme elles sont aujourd’hui et qu’on se réfugie derrière une égalité de principe qui n’est pas réelle. On ne remplit pas la mission », souligne-t-il. Le président pointe du doigt l’absentéisme des enseignants de l’Education nationale, un phénomène qui n’est pas toujours bien géré, « car on ne se donne pas les moyens de le faire. » Le candidat propose une meilleure gestion des absences à partir d'un système basé sur le volontariat. Cette réforme envisagée par le président instaurerait « de nouvelles missions pour les enseignants, de nouveaux moyens de s’engager dans les projets pédagogiques : suivi des élèves, accompagnement, activités périscolaires… »

Les enseignants « prêts à s’engager » verraient leur salaire augmenté. « Je suis prêt à dire que les enseignants qui ne souhaitent pas faire ces missions alors ils ne seront pas augmentés dans leur rémunération », prévient Emmanuel Macron. Cette réforme instaurerait plusieurs systèmes de rémunération « en fonction du territoire » ou des activités prises en charge par les enseignants. « Je l’assume car ils (les enseignants) ne font pas tous la même chose […], nous le savons. »

Concernant la gouvernance des établissements scolaires, Emmanuel Macron souhaite généraliser certaines dispositions prises dans le plan Marseille en Grand, « valoriser l’expertise de terrain et donner plus de liberté aux équipes pédagogiques, parfois de recruter sur profil. » Les directeurs d’établissement bénéficieraient de prérogatives élargies. Le président présente l’idée de « mettre à disposition les résultats de toutes les évaluations » d’une classe ou d’un établissement, un moyen selon lui « de diffuser les bonnes pratiques » sur les territoires. « On doit pouvoir donner les moyens aux directeurs d’école, à l’équipe pédagogique de mesurer les changements et pas seulement avec la visite de l’inspecteur académique toutes les X années. »

Renforcement des fondamentaux

C’est un point noir de la réforme du baccalauréat : la chute du nombre d’élèves en cours de mathématiques en lycée général. Emmanuel Macron promet de réintégrer la matière au tronc commun. Il plaide également pour un renforcement de l’enseignement de l’éducation physique et sportive au primaire et au collège. Il promet une amélioration de l’enseignement de l’éducation artistique et culturelle et propose d'étendre « le passe culture dès le collège. » Emmanuel Macron plaide également pour un renforcement de l’orientation des élèves, « dès la cinquième permettant de mieux connaître les métiers. »

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le