Empreinte carbone du numérique : l’entreprise Apple entendue au Sénat
Suite au dépôt de la proposition de loi visant à réduire l'empreinte environnementale du numérique en France, des représentants d'Apple  France ont été auditionnés au Sénat.

Empreinte carbone du numérique : l’entreprise Apple entendue au Sénat

Suite au dépôt de la proposition de loi visant à réduire l'empreinte environnementale du numérique en France, des représentants d'Apple  France ont été auditionnés au Sénat.
Public Sénat

Par Louisa Benchabane

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Apple a ouvert le bal des Gafam auditionnés par la commission en charge du développement du territoire, dans le cadre de la proposition de loi, déposée le 12 octobre 2020, visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique en France (relire notre article).

Sébastien Gros, responsable des relations institutionnelles en France de la firme californienne, suivi de Clément Lelong, chargée des initiatives pour l'environnement chez Apple en Europe, ont listé pendant plusieurs minutes, les mesures mises en place par Apple pour réduire son impact environnemental : « Amélioration de l'efficacité énergétique des produits de la marque, » « Usage des énergies renouvelables dans la production industrielle des terminaux » , « recyclage des Iphones ». « Toutes ces mesures ont conduit à une réduction de 35 % de l'empreinte carbone depuis 2015 », assure Sébastien Gros. 

Les représentants de la multinationale ont même exprimé leurs regrets de ne pas avoir été entendus plus tôt par le groupe présidé par le sénateur (LR) de l’Ain Patrick Chaize, en charge de l'écriture du rapport sur le sujet, rendu public cet été. « Nous avons le sentiment de ne pas être entendus par les institutions, bien qu'étant des acteurs majeurs de l'investissement en matière environnementale », ont-ils répété plusieurs fois. 

Le document mentionne que la multinationale a récemment été contrainte d’accepter une transaction comprenant une amende de 25 millions d’euros - au terme d’une enquête menée par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) - pour n’avoir pas informé les usagers de ses téléphones que les mises à jour de leur système d’exploitation pouvaient conduire à un ralentissement du fonctionnement de leur appareil. 

 

Agir contre l'obsolescence programmée 

Un autre point retient l'attention des auteurs et se retrouve dans de nombreuses prises de paroles de sénateurs lors de l'audition. L’obsolescence programmée. Le procédé consiste à limiter l'usage d'un produit dans le temps volontairement. Mais les rapporteurs soulignent la difficulté des associations de consommateurs à prouver sa mise en pratique et donc de faire condamner les entreprises qui y ont recours. 

Apple, est-elle concernée par cette technique ? Les représentants s'en défendent en brandissent les avancées de la marque en recherche et développement pour proposer des produits efficaces énergétiquement ou pour recycler les produits en fin de vie. Comme avec la mise en service de « Daisy » ou « Dave », des robots capables de recycler 200 smartphones par heure et de procéder au désassemblage de l’iPhone pour en extraire les éléments clé, tels que les terres rares ou le tungstène, mais aussi l’acier. 

Didier Mandelli sourcille face aux arguments avancés par la marque. Il soulève le paradoxe entre la volonté d'Apple de soutenir les accords de Paris en réduisant son empreinte carbone et le renouvellement de téléphone incité par la marque avec une sortie régulière de nouveaux modèles. « Ce marketing fait que les consommateurs se sentent tenus pour des logiques rationnelles à l'usage de vos produits », regrette le sénateur de Vendée.

Partager cet article

Dans la même thématique

Empreinte carbone du numérique : l’entreprise Apple entendue au Sénat
6min

Politique

« Nous n’avons pas le moindre objectif en ce qui concerne les élections », assure le directeur de Périclès, l’organe d’influence de Pierre-Édouard Stérin

Entendu par la commission d'enquête sénatoriale sur le financement privé des politiques publiques, Arnaud Rérolle, le directeur général de Périclès, un organe de financement abondé par le milliardaire ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin, s’est défendu de toute entreprise politique. S’il assume la volonté de défendre des projets portés par une ligne « de droite, d’inspiration libérale-conservatrice », il assure ne pas chercher à construire « une majorité politique » en vue de 2027.

Le

Paris : parliamentary groups speak to medias after a meeting of the bill to combat antisemitism
2min

Politique

Enquête pour corruption : le Sénat lève l’immunité parlementaire de Francis Szpiner, « afin de permettre son placement en garde à vue »

Le sénateur Les Républicains Francis Szpiner, ancien maire du XVIe arrondissement, est visé depuis octobre 2024 par une enquête du parquet de Paris. L’élu est suspecté d’avoir monnayé les faveurs sexuelles d’une jeune femme contre l’attribution d’un logement social. Des faits contestés par l’intéressé, qui devrait être prochainement placé en garde à vue.

Le

TAHITI SWIMRUN 2024
6min

Politique

« Mettre les Outre-mer au centre du jeu » : les sénateurs appellent à renforcer la stratégie française et européenne dans le bassin pacifique

Après deux volets sur l’océan Indien et l’océan Atlantique, la délégation sénatoriale aux Outre-mer s’est penchée sur l’intégration régionale de la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et la Polynésie française, jugée insuffisante. Les sénateurs appellent la France et l’Union européenne à prioriser ces territoires, notamment via un ministère dédié, dans une région clé de la géopolitique mondiale.

Le

Declaration des impots sur le revenu en ligne
4min

Politique

Transparence de la vie publique : record du nombre de contrôles exercés par la Haute autorité en 2025

Dans son rapport annuel, la Haute autorité de la transparence de la vie publique (HATVP) indique avoir réalisé un contrôle de 5 795 déclarations patrimoniales et d’intérêts des responsables publics et a rendu 641 avis sur des projets de mobilité professionnelle entre les secteurs public et privé. 57 dossiers ont été transmis au parquet pour défaut de déclaration. Des chiffres record. La Haute autorité formule également des propositions pour rationaliser ses contrôles.

Le