En ballottage dans le XVIe, Goasguen tente de sauver le bastion supposé imprenable de la droite
"On ne vous a pas beaucoup vu sur les marchés M. Goasguen": élu dès le premier tour aux trois dernières législatives, le député...

En ballottage dans le XVIe, Goasguen tente de sauver le bastion supposé imprenable de la droite

"On ne vous a pas beaucoup vu sur les marchés M. Goasguen": élu dès le premier tour aux trois dernières législatives, le député...
Public Sénat

Par Marie DHUMIERES

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

"On ne vous a pas beaucoup vu sur les marchés M. Goasguen": élu dès le premier tour aux trois dernières législatives, le député-maire du XVIe arrondissement, rattrapé dimanche par la vague Macron, découvre les campagnes de second tour.

C'était le bastion imprenable de la droite. François Fillon y a fait son meilleur score de France à la présidentielle (57%), Claude Goasguen, 72 ans, y a été plébiscité aux législatives de 2002, 2007 et 2012. Dimanche soir, le candidat LR, habitué des scores à 60%, s'est retrouvé à 37,99 %, six points derrière la candidate inconnue de La République en marche, Valérie Bougault-Delage (44,20%), dans la très chic 14e circonscription de Paris.

Un "lendemain gueule de bois", dit-on dans le camp Goasguen. "J'ai été surpris", reconnaît l'intéressé, tracts à la main devant le marché de la rue d'Auteuil mercredi. "Je m'attendais à ne pas passer au premier tour à cause de la vague Macron, mais je pensais que je serais en tête".

Un peu penaud face à ceux comme Anne-Marie, 73 ans, qui lui reprochent de ne pas être venu à la rencontre des électeurs avant le premier tour alors que "les gens d'En marche, ils étaient tout le temps là", M. Goasguen reconnaît qu'il n'a pas été "assez vif". Depuis lundi donc, il arpente les rues du quartier jusqu'à en avoir "mal aux pieds", pour convaincre les électeurs.

- Des électeurs "à Roland-Garros ou à Deauville" -

Si chez REM on est persuadé que même dans cette circonscription "symbolique", il y a une volonté de dégager les "installés", chez M. Goasguen, on affirme que le mauvais score est dû à la très forte abstention. "Il y a 20.000 personnes qui ont voté Fillon qui ne se sont pas déplacées, parce que +Goasguen, il passe toujours au premier tour+", assure une militante. A quelques jours du second, la consigne est claire : "on dit aux gens +ce week-end on ne va pas en Bretagne, pas en Normandie, on reste à Paris, et on va voter+", complète un autre.

Dans les rues du XVIe, ils sont effectivement nombreux à aller d'eux-mêmes saluer "Monsieur le maire" pour s'excuser de ne pas avoir été voter. "Je pensais qu'il allait passer, j'ai été très surpris", reconnaît Didier, avocat de 58 ans.

D'autres cependant n'ont pas apprécié que M. Goasguen justifie sa défaite en expliquant que ses électeurs étaient "à Roland-Garros ou à Deauville". Françoise, 70 ans, l'interpelle dans la rue pour lui dire. "C'est une caricature des gens du XVIe", s'énerve-t-elle. Il est "mauvais joueur", confiera plus tard celle qui a voté pour lui "pendant trente ans, mais maintenant ça suffit". M. Goasguen lui, hausse les épaules. "Ca ne plaît pas à la dame mais c'est la vérité, je le connais le XVIe", dit-il.

Marie-Madeleine, 75 ans, a voté pour lui au premier tour, "la force de l'habitude et c'est son dernier mandat", explique-t-elle, en avouant avoir hésité. "Pour les mêmes raisons", sourit-elle. Elle votera pour lui au second car "un peu d'opposition ça serait pas mal, et lui il a une grande gueule". Même si, ajoute-t-elle, "il est quand même très à droite".

Ses idées, M. Goasguen n'en parle pas à ses électeurs. "Ils les connaissent", balaie-t-il. "Chrétiens d'Orient, défense d'Israël, terrorisme, fiscalité", énumère celui qui avait parlé en 2014 de la Shoah "qu'on n'ose plus enseigner dans les lycées tant on a peur de la réaction des jeunes musulmans qui ont été drogués dans les mosquées".

Confronté au non-cumul des mandats, M. Goasguen avait choisi en avril l'Assemblée plutôt que la mairie. Il y restera finalement s'il perd dimanche, mais se dit "serein". "Allez voter, qu'on ait au moins un député de droite à Paris", répète-t-il en distribuant ses tracts.

Partager cet article

Dans la même thématique

En ballottage dans le XVIe, Goasguen tente de sauver le bastion supposé imprenable de la droite
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le