A 98 ans, André vient "draguer" les dimanches au "Café associatif de Pancé" (Ille-et-Vilaine), situé entre sa maison et la boulangerie du...
En Bretagne, des cafés associatifs font battre le coeur des villages
A 98 ans, André vient "draguer" les dimanches au "Café associatif de Pancé" (Ille-et-Vilaine), situé entre sa maison et la boulangerie du...
Par Hélène DUVIGNEAU
Temps de lecture :
4 min
Publié le
A 98 ans, André vient "draguer" les dimanches au "Café associatif de Pancé" (Ille-et-Vilaine), situé entre sa maison et la boulangerie du village. Un lieu conçu "par et pour les habitants", qui a pu voir le jour grâce au soutien décisif de la mairie.
Ouvert en septembre dernier à l'initiative de trois mères de famille, le "CAP" est l'unique café de ce village de 1.200 habitants, à 30 km de Rennes, depuis la fermeture du dernier café-tabac-relais de poste en 2018. "On voyait que le bourg s'éteignait, qu'on allait devenir un village dortoir. Même la messe tourne", raconte Lydie Sevestre, 49 ans, présidente de l'association qui gère le café.
Tenu par une trentaine de bénévoles, ouvert seulement le vendredi soir et le dimanche matin, le café se veut un "lieu d'amitié". Au programme: concerts, apéros, ornithologie, déco de Noël, retransmission de rugby... et des huîtres le dimanche.
Le soutien de la mairie, qui paye le loyer, a été décisif. "On ressent l'incidence négative de la métropole qui capte les emplois, les commerces, et restitue peu aux territoires ruraux", regrette le maire Jean-Marie Princen.
A une dizaine de kilomètres, la "Barnadette" a vu le jour en juin à Chanteloup. La mairie a très vite adhéré au projet de l'association d'habitants "Les petits liens" en rachetant la maison de l'ancienne doyenne du village pour y installer le bar. De l'atelier jus de pomme à l'escape game, "le but est créer du lien en évitant le bar de bobos, mais ce n'est pas toujours facile de faire venir les gens", reconnaît Alain, retraité bénévole.
Loin de l'image des bars classiques, les cafés associatifs entendent d'abord rassembler les habitants autour d'événements, et évitent soigneusement les interférences avec les autres fêtes associatives.
En Bretagne, où 8% des cafés ont disparu entre 2009 et 2015, selon le Credoc, les initiatives citoyennes progressent, "avec une accélération à partir de 2013", selon Pascal Glemain, maître de conférences en Économie sociale et solidaire à Rennes 2.
- "Espace de vie sociale" -
"Ces cafés consolident le lien social dans les zones en déclin démographique, et répondent dans d'autres zones au besoin d'intégration sociale des urbains qui viennent vivre à la campagne", analyse M. Glemain.
Pour développer les liens sociaux et lutter contre l'isolement, certains cafés obtiennent l'agrément "espace de vie sociale" de la Caisse d'allocations familiales (CAF), assorti d'un financement.
Trois bénévoles du "café des possibles" Damien, Numa et Yves (à partir de la gauche) posent dans ce lieu associatif où se rencontrent les habitants de Guipel (ouest), le 21 janvier 2020
AFP
C'est le cas du Mix'Café de Tressignaux (Côtes-d'Armor), 700 habitants, financé à 60% par la CAF et qui bénéficie également d'une licence IV mise à disposition par la mairie.
Selon l'Umih, syndicat de l'hôtellerie-restauration, 500 cafés disparaissent chaque année. Pour y remédier, les députés ont autorisé fin novembre l'ouverture de nouveaux bars en zone rurale via la remise en circulation de licences IV.
Cette mesure rejoint l'appel à projets lancé par le groupe SOS, et soutenu par le gouvernement, pour déployer 1.000 cafés en zone rurale.
Mais sur le terrain, ces initiatives sont parfois fraîchement accueillies, comme au Guibra, bar, épicerie et restaurant associatif de Saint-Sulpice-la-Forêt, à la programmation culturelle très fournie.
"On supprime les services publics dans les campagnes et on veut faire revenir des cafés qui seront des coquilles vides", s'étonne Constance, associée salariée, pour qui "les initiatives qui réussissent sont d'abord le fruit d'un engagement citoyen".
"Il y a un vrai intérêt pour la reprise de commerce en milieu rural sous forme collaborative. La plupart renaissent des cendres de commerces traditionnels qui n'ont pas fonctionné", constate Mikaël Laurent, coordinateur du réseau de communes bretonnes Bruded.
Les cafés peuvent ainsi prendre la forme de "SCIC", sociétés coopératives d'intérêt collectif, à mi-chemin entre association et entreprise, qui associe les clients à la gouvernance.
"On ne se voyait pas reprendre un commerce sans impliquer les habitants", témoigne Yves de Montgolfier, d'"Un café des possibles", bistrot-épicerie de Guipel, à la façade orange et aux 93 sociétaires. L'ancien animateur socio-culturel souhaite y développer "une nouvelle forme de gestion d'un commerce". Une façon pour lui de montrer "que la dynamique des territoires ruraux n'a rien à envier à celle des métropoles".
Le froid hivernal qui règne dans la capitale, depuis fin décembre, est désormais partie prenante de la campagne entre les candidats parisiens. Les prétendants à l’Hôtel de Ville n’hésitent pas à s’alpaguer à l’envi sur les réseaux sociaux, et à faire valoir leurs idées pour pallier les lacunes en termes d’hébergement d’urgence.
Le sénateur écologiste déplore le manque de réactivité des Européens face aux velléités de Donald Trump vis-à-vis du Groenland. Il estime que Bruxelles a les moyens économiques de faire pression sur la Maison Blanche, pour la pousser à « rentrer un peu plus dans l’ordre international ».
Interrogé aux questions d’actualité au gouvernement du Sénat sur la stratégie de la France face aux velléités impérialistes des Etats-Unis au Venezuela et demain au Groenland, Sébastien Lecornu a rappelé que le prochain débat au Parlement sur le sujet, prévu dans les 15 jours, permettra d’aborder la question de l’autonomie stratégique de la France et de l’Europe.
Le président des LR a présenté sa recette pour inciter au travail et permettre aux Français de gagner plus, faite de « zéro cotisation » au-delà des 35 heures, de plafonnement à 70 % du Smic des aides sociales et de relance de la réforme de l’allocation chômage. « Il faut changer totalement de modèle. Il va falloir renverser la table », prévient Bruno Retailleau.