En Corse, Macron adopte un ton ferme et exclut toute amnistie de prisonniers
Emmanuel Macron a adopté un ton ferme mardi en Corse, excluant --y compris face à la femme d'Yvan Colonna, qui l'a interpellé...

En Corse, Macron adopte un ton ferme et exclut toute amnistie de prisonniers

Emmanuel Macron a adopté un ton ferme mardi en Corse, excluant --y compris face à la femme d'Yvan Colonna, qui l'a interpellé...
Public Sénat

Par Maureen COFFLARD, Jérôme RIVET

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron a adopté un ton ferme mardi en Corse, excluant --y compris face à la femme d'Yvan Colonna, qui l'a interpellé dans la rue-- toute amnistie de prisonniers, une des revendications des responsables nationalistes qu'il a longuement rencontrés dans la soirée.

Le chef de l'Etat a également affirmé la nécessité de ménager un "avenir" à la Corse dans le "giron républicain", en prononçant un discours en hommage au préfet Claude Erignac sur les lieux où ce dernier a été assassiné il y a 20 ans à Ajaccio, premier temps fort d'une visite de deux jours.

L'autre moment fort a débuté après 19H00, lorsque le président a été accueilli à la Collectivité de Corse pour s'y entretenir avec les deux dirigeants nationalistes, l'autonomiste Gilles Simeoni et l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni, aux commandes de l'île depuis leur large victoire aux élections territoriales de décembre. La rencontre, très attendue, a duré plus de 2 heures mais ni le président, ni les responsables nationalistes n'ont fait de commentaire quand elle s'est achevée.

Quelques instants avant le début de cette rencontre, M. Talamoni avait jugé qu'il serait "consternant" qu'Emmanuel Macron "ferme les portes" au dialogue. "Nous sommes persuadés que M. Macron est un homme assez intelligent pour comprendre la situation" et "que ce que nous voulons faire va dans le sens des intérêts de la Corse et également de Paris", a-t-il ajouté.

"Il y a une fenêtre historique pour sortir de la logique de conflit", avait estimé de con côté Gilles Simeoni, qui s'était toutefois inquiété dans Corse-Matin de la présence "autour du président de la République de faucons qui campent sur un refus total de toute avancée et jouent la politique du pire".

- 'Faites quelque chose' -

Dans la matinée, devant la veuve de Claude Erignac et ses enfants, de retour pour la première fois sur l'île, le chef de l'Etat avait dénoncé avec force la "lâcheté" des assassins du préfet, coupables d'"un de ces actes de terrorisme dont notre nation eut encore récemment à subir la barbarie", en faisant référence aux attentats jihadistes.

En inaugurant une place Claude Erignac sur les lieux de l'assassinat, "nous scellons notre union indéfectible dans la République", qui doit "ménager à la Corse un avenir à la hauteur de ses espérances, sans transiger avec les requêtes qui la feraient sortir du giron républicain", a-t-il insisté. Ce qui sera mené "sans faux semblants", "sans non-dits" et "sans détour", selon lui.

L'assassinat du préfet par un commando nationaliste "ne se justifie pas, ne se plaide pas, ne s'explique pas", a aussi affirmé Emmanuel Macron, qui s'exprimait devant 300 personnes, se félicitant que "la justice de la République" ait "pu être rendue" et avertissant qu'elle serait "suivie sans complaisance, sans oubli, sans amnistie".

Il a ainsi fermé la porte à l'une des principales revendications défendues par les nationalistes. Mais pour Jean-Guy Talamoni, cette prise de position du président n'était "pas quelque chose de bien nouveau": l'amnistie des prisonniers dits "politiques" "continuera à faire partie" des demandes des nationalistes, a assuré le leader indépendantiste.

Parmi ces prisonniers, figure Yvan Colonna, qui purge une peine à perpétuité pour l'assassinat du préfet. En fin d'après-midi, son épouse Stéphanie a interpellé le président dans une rue d'Ajaccio. "Mon fils de six ans n'a pas vu son père depuis un an et demi. S'il vous plait, faites quelque chose (...) Ce n'est pas un animal, c'est un être humain", lui a-t-elle dit.

"Que votre enfant puisse voir son père, que les personnes qui sont détenues dans notre pays puissent voir leur famille, ça fait partie des choses que nous allons assurer", lui a répondu Emmanuel Macron, rappelant également qu'il avait exclu toute amnistie dans son discours de la matinée.

Au deuxième jour de sa visite en Corse, le président de la République prononcera mercredi à Bastia un discours sur sa vision de l'avenir de l’Ile de Beauté.

Partager cet article

Dans la même thématique

Lebanon Israel Iran
4min

Politique

Frappes israéliennes à Beyrouth : « Les Libanais ont compris que ce n’était que le début »

L’armée israélienne a annoncé, vendredi matin, qu’elle allait mener de nouvelles frappes contre le Hezbollah sur la banlieue sud de Beyrouth. L’escalade militaire entre Israël et l’Iran s’étend désormais pleinement au Liban. Tatiana Krotoff, journaliste au service international du quotidien francophone libanais, l’Orient du Jour, fait état du choc de la population après l’ordre d’évacuation de la banlieue sud de Beyrouth par l’armée israélienne.

Le

En Corse, Macron adopte un ton ferme et exclut toute amnistie de prisonniers
3min

Politique

Municipales à Paris : « Ma liste du premier tour sera ma liste du second tour » déclare Emmanuel Grégoire

Invité de la matinale de Public Sénat, le candidat socialiste à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, a réagi aux tensions entre les partis de gauche à l’approche des municipales. Donné en tête des intentions de vote au premier tour par un sondage Ipsos-BVA, il affirme vouloir aborder le scrutin avec une alliance déjà constituée, tout en excluant toute entente avec La France insoumise pour le second tour dans la capitale.

Le

En Corse, Macron adopte un ton ferme et exclut toute amnistie de prisonniers
5min

Politique

Saint-Etienne : le stade Geoffroy-Guichard et l’AS Saint-Etienne s’invitent dans le débat des municipales

Lors du débat organisé par Public Sénat et TL7, la proposition de vendre le stade Geoffroy Guichard, propriété de la mairie, à l’ASSE a été mise sur la table par le candidat Horizons, Eric Le Jaouen. Les huit candidats sont aussi revenus sur l’affaire Perdriau, qui a vu l’ancien maire condamné à cinq ans de prison dans une affaire de chantage à la sextape.

Le