En meeting à Lyon, Macron fait une démonstration de force
Vent dans le dos depuis plusieurs semaines, Emmanuel Macron a fait une démonstration de force samedi à Lyon lors d'un meeting de plusieurs...

En meeting à Lyon, Macron fait une démonstration de force

Vent dans le dos depuis plusieurs semaines, Emmanuel Macron a fait une démonstration de force samedi à Lyon lors d'un meeting de plusieurs...
Public Sénat

Par Lucile MALANDAIN, et Nicole Deshayes

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Vent dans le dos depuis plusieurs semaines, Emmanuel Macron a fait une démonstration de force samedi à Lyon lors d'un meeting de plusieurs milliers de personnes au cours duquel il a parlé valeurs, distribuant bons points à droite et piques à Benoît Hamon, sans dévoiler de nouvelles propositions.

Voyant la preuve "d'envie" et "d'enthousiasme" dans la présence, selon les organisateurs, de 8.000 personnes à l'intérieur du Palais des sports et de plusieurs milliers d'autres devant des écrans géants à l'extérieur, il a fait un discours de plus d'une heure et demie, alors que Marine Le Pen tenait sa convention présidentielle dans la même ville.

Emmanuel Macron en meeting à Lyon, le 4 février 2017
Emmanuel Macron en meeting à Lyon, le 4 février 2017
AFP

Revenant sur sa vision du clivage gauche-droite dans un "moment" d'histoire "grave" où "partout la tentation du repli, de la fermeture gagne du terrain", il a lancé en allusion aux critiques sur son positionnement: "Je ne vous dis pas que la gauche et la droite, ça n'existe plus, que c'est la même chose... Mais ces clivages dans les moments historiques sont-ils indépassables?", a-t-il interrogé, citant la bataille pour la contraception, la légalisation de l'avortement, la loi de 1905 ou le discours de Jacques Chirac au Vél d'Hiv.

Rendant un hommage appuyé à Philippe Seguin, qui fut le mentor de François Fillon, M. Macron a cité "l'attachement européen indéfectible" des centristes, le "gène du rassemblement" des gaullistes ou la défense de la laïcité par les radicaux, de gauche et de droite.

M. Macron a semblé se voir déjà vainqueur, parlant plusieurs fois de "notre quinquennat", ne lésinant pas sur le lyrisme, y compris pour rendre hommage à son épouse, assise en face de lui regard embué.

"Vous pourrez dire, +j'étais là!+", avait-il lancé plus tôt, au micro, à l'extérieur, à des personnes ne pouvant rentrer, dont de nombreux jeunes, venus parfois "par curiosité".

Emmanuel Macron en meeting à Lyon, le 4 février 2017
Emmanuel Macron en meeting à Lyon, le 4 février 2017
AFP

Le meneur d'"En Marche" a invité ses troupes à "ne pas siffler" ses adversaires, notamment, sans le nommer, François Fillon, car "on ne rassemble pas avec des sifflets".

Il n'a pas manqué non plus de mentionner ses soutiens présents dans la salle comme les académiciens Erik Orsenna et Marc Lambron, le mathématicien Cédric Villani, l'économiste Elie Cohen ou l'internationale de foot Wendy Renard.

- "Coup de pied dans la fourmillière" -

A moins de trois mois du premier tour, il annoncé un "engagement" de campagne "en trois mots (prenant) leur souffle dans une histoire plus ancienne que la République: liberté, égalité, fraternité".

Il a décliné ces notions en revenant sur des éléments de programme distillés depuis plusieurs semaines, sur l'emploi, la santé, la culture, ou la "menace terroriste".

Critiquant le FN, qui parle "de père en fille, de fille en nièce", Emmanuel Macron a considéré qu'"ils ne parlent pas au nom du peuple" mais "au nom de leurs aigreurs".

Emmanuel Macron en meeting à Lyon, le 4 février 2017
Emmanuel Macron en meeting à Lyon, le 4 février 2017
AFP

Et au socialiste Benoît Hamon, M. Macron a réservé plusieurs piques, notamment sur le revenu universel d'existence, qu'il a assimilé au RSA actuel.

"Il est un peu de gauche, un peu de droite, ça m'est égal", a expliqué à l'AFP Marie-Colette, éducatrice de 63 ans appréciant que M. Macron veuille "mettre un coup de pied dans la fourmilière" et "amener quelque chose de nouveau".

Présentée par son équipe comme le "coup de gong" de départ de la campagne, ce meeting prévu de longue date, une fois les primaires achevées, devait servir de borne symbolique à une semaine où les astres paraissaient s'aligner pour l'ancien ministre de l'Economie.

Cette bonne passe semble se traduire dans les sondages. Samedi, une deuxième enquête d'affilée, réalisée cette fois par BVA-Salesforce, a donné M. Macron au second tour de la présidentielle avec 21-22% d'intentions de vote, et finalement vainqueur face à Marine Le Pen (66%-34%) dans la course à l'Elysée.

S'exprimant avant M. Macron, son premier soutien le sénateur-maire PS de Lyon Gérard Collomb, a assuré que "près de 200 parlementaires" étaient dans la salle. "Ils ont subi des pressions mais demain d'autres nous rejoindront", a-t-il assuré, concédant que "rien n'est encore joué dans cette élection" et qu'"il faudra encore beaucoup convaincre".

Partager cet article

Dans la même thématique

En meeting à Lyon, Macron fait une démonstration de force
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le