En meeting à Paris, Fillon refuse de se laisser « intimider » et revendique sa ligne
François Fillon a assuré dimanche qu'il ne se laisserait pas "intimider", défendant avec émotion son épouse Penelope, soupçonnée d'emplois...

En meeting à Paris, Fillon refuse de se laisser « intimider » et revendique sa ligne

François Fillon a assuré dimanche qu'il ne se laisserait pas "intimider", défendant avec émotion son épouse Penelope, soupçonnée d'emplois...
Public Sénat

Par Déborah CLAUDE et Véronique MARTINACHE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

François Fillon a assuré dimanche qu'il ne se laisserait pas "intimider", défendant avec émotion son épouse Penelope, soupçonnée d'emplois fictifs, et a décliné son programme libéral pour lutter contre "le chaos français".

En meeting à Paris, sous les encouragements des "Fillon, président" et "on va gagner" scandés par les militants, le candidat de la droite à la présidentielle a assuré qu'il avait "le cuir solide", mais a demandé "qu'on laisse (sa) femme en dehors de ce débat politique", après les révélations cette semaine du Canard enchaîné sur des emplois supposés fictifs de son épouse.

"Plus que ma personne, qui est dans le viseur", "c'est une haute idée de la France qu'on veut abattre en vol", a lancé l'ancien Premier ministre au tout début d'un discours de plus d'une heure, devant plusieurs milliers de personnes (plus de 15.000 selon le candidat) lors d'un grand meeting à La Villette, à Paris.

Des sympathisants de François Fillon lors d'un meeting, le 29 janvier 2017 à Paris
Des sympathisants de François Fillon lors d'un meeting, le 29 janvier 2017 à Paris
AFP

"À travers Penelope, on cherche à me casser. Moi, je n'ai peur de rien, j'ai le cuir solide. Si on veut m'attaquer, qu'on m'attaque droit dans les yeux, mais qu'on laisse ma femme en dehors de ce débat politique", a poursuivi M. Fillon.

À leur arrivée main dans la main dans la salle bondée, M. et Mme Fillon avaient été ovationnés par les militants Les Républicains. Aux cris de "Penelope, Penelope", Mme Fillon, les yeux embués, s'était vu offrir un bouquet de fleurs.

"On ne m'intimidera pas", a assuré le candidat, après avoir fait applaudir Alain Juppé, son adversaire de la finale de la primaire, assis au premier rang, et exprimé une "pensée" pour Nicolas Sarkozy.

François Fillon (c) et son épouse Penelope (d), le 29 janvier 2017 à Paris
François Fillon (c) et son épouse Penelope (d), le 29 janvier 2017 à Paris
AFP

Critiqué pour la radicalité de son programme économique et social, qualifié de "thatchérien" par ses détracteurs, M. Fillon a revendiqué son credo libéral tout en prenant soin de s'adresser "à tous les Français". "Je veux parler pour les chômeurs, pour les sans-grade, les sans carnet d'adresses, les courageux, tous ceux pour qui le changement est une opportunité de casser le plafond de verre qui fige leur destin."

Affirmant vouloir "le meilleur pour la solidarité", il a promis de revaloriser les petites retraites, une promesse développée le jour même dans un entretien au Journal du Dimanche.

- Non à 'l'assistanat universel' -

Penelope Fillon (g) et son époux François Fillon, le 29 janvier 2017 à Paris
Penelope Fillon (g) et son époux François Fillon, le 29 janvier 2017 à Paris
AFP

Le candidat LR a récusé les critiques les plus virulentes sur sa volonté de supprimer 500.000 postes de fonctionnaires et de réformer l'assurance maladie. "Je suis l'ennemi de la bureaucratie, mais je ne suis pas celui des fonctionnaires", a-t-il assuré. Quant à la Sécurité sociale, il a répété qu'il "agirait en concertation avec les professionnels de la santé", sans s'étendre sur le sujet.

M. Fillon n'a pas manqué de tacler le "revenu universel", socle du programme de Benoît Hamon, favori face à Manuel Valls du second tour dimanche de la primaire organisée par le PS. "C'est l'assistanat universel", a-t-il jugé.

Le candidat de la droite a aussi réclamé dimanche "une justice ferme et rapide", avec une règle "parfaitement claire pour les délinquants": "un délit" nécessite "une sanction".

Penelope Fillon (g) et son époux François Fillon, le 29 janvier 2017 à Paris
Penelope Fillon (g) et son époux François Fillon, le 29 janvier 2017 à Paris
AFP

Ce meeting s'est tenu alors que la très discrète épouse du candidat est soupçonnée d'emplois fictifs comme collaboratrice parlementaire de son mari, puis de son suppléant, et comme salariée de la Revue des Deux Mondes, propriété de Marc Ladreit de Lacharrière, ami de l'ex-Premier ministre.

Des "boules puantes" selon M. Fillon, qui veut que l'enquête ouverte par le parquet national financier puisse faire taire "les calomnies" et qui assure qu'il n'y a "pas le moindre doute" sur la réalité du travail de son épouse, dont personne ne semblait pourtant être au courant.

Penelope Fillon (g) et son époux François Fillon, le 29 janvier 2017 à Paris
Penelope Fillon (g) et son époux François Fillon, le 29 janvier 2017 à Paris
AFP

Et M. Fillon pourrait être inquiété par une autre affaire, celle des caisses occultes de sénateurs de l'ex-UMP.

Avec ce "Penelopegate" potentiellement dévastateur dans l'opinion, la situation du candidat de la droite est devenue carrément périlleuse, alors que les portes de l’Élysée lui semblaient grandes ouvertes il y a quelques semaines encore. En coulisses, certains dans son camp se demandent même s'il pourra aller jusqu'au bout.

M. Fillon s'est cependant félicité dimanche de la "démonstration de force" manifestée par les militants LR lors de son meeting parisien.

Partager cet article

Dans la même thématique

Capture ICIEU
4min

Politique

L'IVG doit être un « droit » reconnu par l'Union européenne pour cette eurodéputée finlandaise

L’Union européenne apparaît comme un rempart des droits des femmes, mais si on y regarde à la loupe, elle connait aussi une forme de régression. Ainsi, le droit à l’avortement est en recul dans plusieurs pays tels que l’Italie, la Hongrie, et surtout la Pologne, où il est quasiment interdit, tout comme à Malte. Malgré une initiative populaire reprise par la Commission européenne pour donner un accès à l’IVG pour toutes les européennes, la bataille idéologique bat son plein. "Ici l'Europe" ouvre le débat, avec les eurodéputés Anna Cavazzini (Allemagne, les Verts), Sirpa Pietikäinen (Finlande, PPE) et Marc Angel (Luxembourg, S&D).

Le

En meeting à Paris, Fillon refuse de se laisser « intimider » et revendique sa ligne
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Second round legislative election-Dijon
11min

Politique

Sondages : pour les municipales, « un exercice vraiment plus difficile » pour les sondeurs

Les sondages sont-ils fiables pour les municipales ? C’est la question qui se pose après la publication de deux sondages Odoxa et Ifop sur Nantes, totalement contradictoires. « C’est probablement la méthodologie qui a été choisie qui explique les écarts importants », explique Gaël Sliman, président et cofondateur d’Odoxa. « Les enquêtes par téléphone ne sont pas les plus efficaces ou faciles, et beaucoup sont réalisées par téléphone » dans les villes moyennes, ajoute Jean-Daniel Levy, directeur délégué de Harris Interactive. Plongée dans la fabrique des sondages.

Le