Pas de révolution, mais quelques évolutions sémantiques: Marine Le Pen, à Lyon pour deux jours d'"Assises présidentielles" le même week-end qu...
En plein « Penelopegate », Marine Le Pen met à jour son programme
Pas de révolution, mais quelques évolutions sémantiques: Marine Le Pen, à Lyon pour deux jours d'"Assises présidentielles" le même week-end qu...
Par Guillaume DAUDIN
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Pas de révolution, mais quelques évolutions sémantiques: Marine Le Pen, à Lyon pour deux jours d'"Assises présidentielles" le même week-end qu'Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, a dévoilé samedi ses "144 engagements" dans le contexte volatil de l'affaire Fillon.
Alors que l'ancien ministre de l’Économie a réuni samedi, selon les organisateurs, quelque 8.000 personnes au Palais des sports et des milliers à l'extérieur, et que le leader de "La France Insoumise" entend faire aussi démonstration de force dimanche, Marine Le Pen a réuni plus d'un millier de partisans, dans une salle à moitié vide, au Palais des congrès.
Son moment fort du week-end, avec 4.000 à 10.000 personnes attendues selon les sources, est prévu également dimanche, à 15H00, premier de ses dix meetings présidentiels jusqu'au premier tour.
Mediapart et "Quotidien" (TMC) n'y assisteront pas, refusés par le FN.
Marine Le Pen, en tête des sondages de premier tour et donnée présente mais battue au second, a dévoilé sept grands thèmes de campagne: une France "libre", "sûre", "prospère", "juste", "fière", "puissante" et "durable".
Dans ce fascicule de 24 pages, des continuités: deux référendums rapides, le premier constitutionnel avec notamment "la priorité nationale"; le second pour "récupérer" les quatre "souverainetés", budgétaire, territoriale, monétaire et législative.
Marine Le Pen aux "Assises présidentielles" le 4 février 2017 à Lyon
AFP
Le FN propose, comme en 2012, la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations; les 35 heures, négociables par branche; la fin de l'Aide médicale d’État, la "tolérance zéro"...
Les nouveautés programmatiques sont assez techniques, notamment des messages vers les petites entreprises.
C'est principalement le vocabulaire qui a été lissé par rapport à 2012: pas de "sortie de l'euro" mais "rétablissement d'une monnaie nationale" ; "prime de pouvoir d'achat" plutôt qu'une "augmentation nette de 200€ des salaires jusqu’à 1,4 fois le SMIC"; "remplacer les dispositions de la loi Taubira"...
La "perpétuité réelle" est désormais privilégiée à la peine de mort, même si Marine Le Pen, favorable à cette dernière, incite les Français à s'en "saisir" via un référendum d'initiative populaire.
Le chiffrage des propositions est bien plus sommaire qu'en 2012. Marine Le Pen a récemment raillé les "comptables".
Samedi, elle a insisté sur "la cohérence" de son projet, dont "la philosophie n'a pas changé" depuis 2012.
- Contexte politique incertain -
"L'élection ne se jouera pas à la virgule près, mais sur la vision", a dit à l'AFP Jean Messiha, coordinateur du projet.
Car Marine Le Pen veut transformer cette présidentielle en référendum entre "patriotes" et "mondialistes". Ces derniers ont des visages multiples, selon David Rachline, directeur de campagne: Macron "l'assumé", Fillon "le honteux".
David Rachline, directeur de campagne de Marine Le Pen, le 4 février 2017 aux "Assises présidentielles" du Front national à Lyon
AFP
La situation politique évolue cependant sans cesse: François Hollande, Manuel Valls, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, Cécile Duflot hors jeu, c'est François Fillon qui est désormais aux prises avec une retentissante affaire d'emplois présumés fictifs de son épouse et de ses deux enfants. Un plan B encore indistinct n'est pas exclu chez LR.
Florian Philippot, bras droit de Marine Le Pen, a appelé M. Fillon vendredi à "se retirer".
Pour un conseiller, Mme Le Pen "apparaît comme la candidate stable" avec une "mission très difficile: s'assurer des reports de voix au second tour".
Aux régionales fin 2015, "la gauche s'est levée en masse" pour la droite et contre le FN. "A la présidentielle, ils vont bondir" pour l'écarter, s'inquiète-t-il.
Mme Le Pen et ses troupes tablent sur un affrontement de second tour avec l'ancien ministre de l’Économie, "assez bonne formule pour nous", selon un dirigeant, avec "un débat extrêmement clair entre deux visions de la société" et une possible "fracturation de la droite", objectif central du FN.
"Sur le papier, Macron a plus de chances" de l'emporter, concède cependant un proche de Marine Le Pen.
Celle-ci doit aussi boucler le financement de sa campagne, et faire face à sa propre affaire d'assistants parlementaires, sa secrétaire et son garde du corps. Jugeant leur emploi indu, le Parlement européen va commencer en février à retenir sur son salaire d'eurodéputée près de 340.000 euros.
Le FN, deux des dirigeants et des proches de Marine Le Pen sont en attente de leur procès en correctionnelle concernant le financement des campagnes présidentielle et législatives 2012.
Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, le gouvernement va reprendre la main et présentera un projet de loi sur la lutte contre l’antisémitisme devant le Sénat avant l’été. L’exécutif compte sur un accueil plus favorable à la chambre haute où la droite et le centre sont majoritaires. Mais les relations entre la majorité sénatoriale se sont tendues ces derniers temps.
Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.
En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».
Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.