Pour sa première soirée de vacances sur la Côte d'azur, Emmanuel Macron a reçu vendredi Theresa May pour évoquer les relations franco...
En vacances, Macron reçoit May pour évoquer le Brexit
Pour sa première soirée de vacances sur la Côte d'azur, Emmanuel Macron a reçu vendredi Theresa May pour évoquer les relations franco...
Par Vincent-Xavier MORVAN, Jérôme RIVET
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Pour sa première soirée de vacances sur la Côte d'azur, Emmanuel Macron a reçu vendredi Theresa May pour évoquer les relations franco-britanniques, au moment où les négociations sur le Brexit patinent.
La dirigeante britannique est la première hôte de marque accueillie par le chef de l'Etat au fort de Brégançon (sud-est), la résidence d'été des présidents français qu'Emmanuel Macron a rejoint vers 17H00 (15H00 GMT) pour deux semaines.
Une heure après lui, la Première ministre britannique, de retour de ses vacances en Italie, a à son tour franchi la grille ouvrant sur l'étroite digue artificielle qui mène à la bâtisse elle-même, perchée sur un piton rocheux, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Vers 18H15, la rencontre entre les deux dirigeants a débuté, dans une cour du fort. Les deux dirigeants avaient à leur côté trois diplomates chacun, dont leurs ambassadeurs respectifs.
Selon l'Elysée, ils n'ont pas évoqué au cours de cette réunion informelle qui a duré environ 1 heure 45 les négociations sur les Brexit elles-mêmes, mais les relations futures entre Paris et Londres.
Ils ont ensuite retrouvé leurs conjoints Brigitte et Philip, qui ont pendant la rencontre visité Bormes-les-Mimosas, pour un dîner "amical" dans un jardin de la résidence d'été des présidents français, que la Première ministre britannique devait quitter après le dîner.
Vendredi matin, Mme May s'était entretenue par téléphone avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, selon la porte-parole de ce dernier, notamment pour parler du Brexit.
La Première ministre britannique devait expliquer à Emmanuel Macron "la position de Londres dans les négociations sur le Brexit et sur l'avenir des relations avec l'UE", avait indiqué l'Elysée avant la rencontre. Aucune annonce n'était prévue à l'issue de l'entretien : "il ne s'agit pas pour Paris de se substituer au processus piloté par Michel Barnier", chargé par l'Union européenne de discuter avec Londres, avait insisté la présidence française.
La ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau a par ailleurs réaffirmé "le plein soutien de la France à M. Barnier", dans un communiqué diffusé vendredi au lendemain de sa rencontre avec le ministre britannique du Brexit Dominic Raab.
Ces négociations ont peu progressé ces dernières semaines, alors que Londres et Bruxelles sont censés parvenir à un accord d'ici au sommet européen d'octobre pour organiser leur divorce, programmé pour la nuit du 29 au 30 mars 2019.
Le fort de Brégançon, le 20 juin 2017 à Bormes-les-Mimosas
AFP/Archives
"Nous sommes déjà d'accord sur 80% de l'accord de retrait", a souligné Michel Barnier dans une tribune publiée jeudi par le journal Le Figaro. Mais "nous devons encore trouver un accord sur des points importants", a-t-il précisé, citant en particulier la question de la frontière entre l'Irlande du Nord, concernée par le Brexit, et l'Irlande, membre de l'UE.
Theresa May devait aussi parler à Emmanuel Macron du livre blanc publié en juillet par Londres, avec des propositions pour définir la relation entre le Royaume-Uni et l'UE.
- "Préoccupé" -
Avant la reprise des négociations prévue fin août, Londres a lancé une offensive diplomatique pour plaider sa cause auprès des grandes capitales européennes. Sont ainsi venus à Paris cette semaine les nouveaux ministres des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, et du Brexit, Dominic Raab, nommés début juillet à la suite des démissions fracassantes de Boris Johnson et David Davis, partisans d'un Brexit "dur".
Chronologie des événements en vue du départ du Royaume-Uni de l'Union européenne
AFP
A Paris, M. Hunt s'est déclaré mardi "préoccupé" par le "vrai risque d'un Brexit sans accord".
Pour un diplomate européen à Bruxelles, cet activisme diplomatique n'est pas étonnant. "Il est attendu et normal qu'elle (Mme May) essaye d'arrondir les angles", a-t-il déclaré à l'AFP sous couvert d'anonymat.
La France est perçue au Royaume-Uni comme l'un des principaux obstacles à un assouplissement de la position de l'UE dans les négociations, ce que dément Paris. "L'absence d'un accord sur le retrait n'est pas un scénario que nous, comme nos partenaires, souhaitons", souligne l'Elysée.
Après Mme May, Emmanuel Macron pourrait convier d'autres invités de marque au fort de Brégançon, dont il veut faire non seulement un lieu de vacances mais aussi de rencontres diplomatiques dans un cadre plus informel qu'à l'Elysée.
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