Artisan en chef des accords du Brexit pour l’Union européenne, l’ancien ministre était l’invité ce mardi du groupe Les Républicains au Sénat, sa famille politique. Depuis quelques semaines, il affirme vouloir consacrer « toute son énergie » pour la France.
En visite au groupe LR du Sénat, Michel Barnier multiplie les signaux de son retour dans la vie politique française
Artisan en chef des accords du Brexit pour l’Union européenne, l’ancien ministre était l’invité ce mardi du groupe Les Républicains au Sénat, sa famille politique. Depuis quelques semaines, il affirme vouloir consacrer « toute son énergie » pour la France.
Par Pierre Maurer
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C’est auréolé de son succès en tant que négociateur de l’Union européenne pour le Brexit que Michel Barnier s’est présenté ce mardi matin groupe Les Républicains du Sénat. Au menu des discussions : une présentation de l’aboutissement des négociations du Brexit et de ses enjeux. « Il nous a parlé de ce premier traité d’il y a 18 mois, puis du second qui portait sur les échanges commerciaux avec des mots forts : il ne faut pas que l’Europe soit la perdante dans ses échanges avec les Britanniques. Michel Barnier a insisté sur les compromis qui ont pu être trouvés sur les différents sujets majeurs que sont la pêche, l’énergie, les accords commerciaux et ceux sur la sécurité intérieure. Autant de belles victoires », confie admirative la sénatrice LR Martine Berthet, proche de l’ancien ministre. À 17 heures, c’est au tour des députés de la commission des Affaires européennes, des Affaires économiques et des Finances d’auditionner l’ancien député savoyard. Peu avant la réunion du matin, l’ex commissaire européen expliquait à Public Sénat être là « pour rendre des comptes au Parlement national ». « J’ai toujours pensé que le Brexit était tellement important et grave pour des millions de citoyens et leurs droits, pour des milliers d’entreprises qui échangent, que cette négociation ne pouvait pas être secrète », ajoutait-il.
Mais voilà. Michel Barnier n’est pas venu devant la commission des affaires européennes du Sénat, mais bien face aux seuls membres du groupe LR, sa famille politique. Faut-il y voir les prémices d’une candidature pour représenter son camp lors de l’élection présidentielle de 2022 ? Dans la presse, la petite musique est enclenchée au rythme des confidences distillées depuis quelques semaines. Au micro de Public Sénat, Michel Barnier botte en touche. « Je réponds, à ce stade, à toutes les invitations parce que je veux pratiquer la transparence. Comme je le fais au Parlement européen, différents groupes m’ont invité : ma famille politique le PPE, les socialistes, le groupe Verts etc. Je suis disponible pour tous les groupes qui le souhaitent », assure-t-il.
« Comment vouloir se passer de tout ce que Michel a acquis comme expérience ? »
Pour l’émission « Ici l’Europe » de Public Sénat, il revenait pourtant sur son désir de « retrouver les Français », alors qu’il s’apprête à dévoiler les coulisses des négociations du Brexit dans un livre. Il admettait d’ailleurs que son retour dans l’arène politique française avait reçu un écho favorable : « J’ai simplement dit une chose qui a surpris, peut-être, crée une attente quelques espoirs. J’ai dit que je reste un homme politique » Et de poursuivre : « Je suis un homme politique depuis très longtemps, et tant que je garde la même capacité d’indignation ou d’enthousiasme, la même énergie, ce qui est le cas aujourd’hui. Je vais mettre cette énergie au service de mon pays en revenant plus quotidiennement en France. Je suis très heureux de retrouver les Français qui m’ont manqué, mon pays et d’utiliser mon énergie dans ce pays qui en a besoin […] Nous verrons bien, mais ce n’est pas le moment d’une aventure individuelle aujourd’hui quand on voit ce qui se passe dans le pays avec cette crise… Franchement les Français attendent autre chose des hommes politiques, c’est le temps du travail collectif », expliquait-il. Un retour en France teinté d’ambitions à tel point que Michel Barnier s’apprête à déposer les statuts d’un nouveau micro-parti et cherche des bureaux dans la capitale. Un récent sondage le place même à égalité avec le président des Hauts de France Xavier Bertrand, et devant Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, tous deux candidats potentiels pour représenter la droite.
À la sortie de la réunion au Sénat, peu de membres du groupe LR souhaitent s’épancher sur le retour de l’ancien sénateur de la Savoie, alors que leur président de groupe, Bruno Retailleau, est déjà lancé dans la course pour représenter son parti à la présidentielle. Martine Berthet, sénatrice de la Savoie, se réjouit néanmoins de son retour. « Comment vouloir se passer de tout ce que Michel Barnier a acquis comme expérience ? Il est élu savoyard depuis ses 22 ans et a fait un parcours remarquable. Que ce soit en tant que député, sénateur, député européen ou plusieurs fois ministre. Et puis il y a cette dernière mission qu’il vient d’accomplir de façon brillante. Michel Barnier, nous tenons vraiment à l’avoir auprès de nous dans notre parti, qu’il n’a jamais vraiment quitté », rappelle-t-elle, taclant au passage Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, qui ont tous deux rendu leur carte Les Républicains. A minima, la sénatrice lui prédit un rôle « de conseil très important » pour la présidentielle. « Mais je pense qu’il souhaite très fortement s’investir auprès des LR pour 2022 », glisse-t-elle immédiatement. Et poursuit : « Je peux assurer qu’il fait l’unanimité et qu’il aura beaucoup de monde autour de lui. Même si bien sûr certains se questionnent : a-t-il été suffisamment présent ces dernières années ? Est-ce que sa notoriété est toujours là ? »
Des questions que pose Bruno Retailleau. Si le sénateur de la Vendée affirmait au Figaro, n’avoir « aucun doute » sur la fidélité de Michel Barnier à sa famille politique, il identifiait deux difficultés pour le Savoyard : une image très européenne et la proximité de son espace politique avec celui occupé par Emmanuel Macron, ardent défenseur de l’Europe. « Je pense qu’il est plutôt vu comme un sage et un rassembleur », veut croire Martine Berthet. Reste pour la droite à convenir d’une « méthode de départage », selon l’expression consacrée du président du Sénat Gérard Larcher, si aucune figure ne s’impose à tous. Et à Michel Barnier de négocier un chemin entre des candidatures qui s’empilent.
« Il va y avoir un travail en commun des sénateurs qui soutiennent Raphaël Glucksmann », soutient le sénateur de Paris, après la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Il tend notamment « la main » aux sénateurs écologistes, qu’il a rejoints. Mais du côté du groupe PS, l’initiative laisse pour l’heure plus dubitatif.
Officiellement investi pour la campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann va pouvoir bénéficier de l’expertise technique et militante du Parti socialiste pour la course à l’Elysée. Du fait de son poids politique, le parti à la rose devrait également être le premier contributeur financier de sa campagne. Le Canard enchaîné évoque un plafond à 2,4 millions d’euros, loin toutefois de ce qui avait été déboursé pour Anne Hidalgo ou Benoît Hamon.
Déposée le 16 juin 2026 à l’initiative du sénateur Laurent Lafon, la proposition de loi relative à la modernisation de la radio sera débattue demain en séance publique. Adoptée largement par la Commission de la culture le 7 octobre 2026 et soutenue par les acteurs de la radio, la proposition de loi vise à assouplir la règlementation et favoriser le développement de la radio numérique terrestre dans un contexte de relatif déclin de la radio française.
Depuis le début du mouvement, 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont une très grande majorité de mineurs. Une mesure de contrainte injustifiée selon plusieurs avocats, qui y voient plutôt une volonté de la part des forces de l’ordre de sanctionner les manifestants.