La méthode ne passe pas. Plusieurs membres de la majorité sénatoriale, une alliance des LR et des centristes au Palais du Luxembourg, prennent la parole ce jeudi 12 avril pour dénoncer la mise en œuvre par décrets de la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Le Premier ministre Sébastien Lecornu dévoile ce jeudi, avec trois ans de retard, le contenu de la nouvelle feuille de route énergétique de la France, sur la base des scénarios élaboré par RTE, le gestionnaire du réseau de distribution.
« Pourquoi le gouvernement s’entête-t-il à vouloir publier la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) par décret et refuser que le débat parlementaire aille à son terme ? », dénonce les élus dans une tribune transmise à l’AFP, notamment signée par Mathieu Darnaud et Hervé Marseille, respectivement présidents des groupes LR et Union centriste.
Pour mémoire : devant l’inertie du gouvernement, la droite sénatoriale a présenté en avril 2024 une proposition de loi portant sur la programmation nationale et la simplification normative dans le secteur de l’énergie. Adopté en seconde lecture par le Sénat en juin, le texte attend de repasser devant l’Assemblée nationale où il a déjà été rejeté une première fois. « Le Premier ministre prend aujourd’hui le risque des multiples recours contre un décret fragile car sans loi, et surtout d’une Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) technocratique déconnectée des élus et des Français. C’est plus qu’une erreur, c’est une faute », s’agacent-ils.
Un « texte sans chiffrage, sans vote, sans légitimité »
Bruno Retailleau, l’ancien ministre de l’Intérieur qui a retrouvé son siège de sénateur en novembre, y va aussi de son coup de butoir. Il a publié sa propre tribune dans les colonnes de L’Opinion, dénonçant un texte qui « compromet l’avenir économique et industriel de la France ».
« Sébastien Lecornu préfère le passage en force au débat », tacle le président des LR sur le réseau social X. Il dénonce un « texte sans chiffrage, sans vote, sans légitimité ». Le Vendéen estime que la feuille de route ne met pas assez l’accent sur l’électrification des usages, dans un contexte où la production française d’électricité reste excédentaire. Il redoute, par ailleurs, que la place accordée aux énergies renouvelable ne fragilise la filière nucléaire, en pleine relance.