« Engagement et proximité »: le Sénat aux petits soins avec les maires
Le Sénat à majorité de droite entame mardi l'examen en première lecture du projet de loi "engagement et proximité", porté par le...

« Engagement et proximité »: le Sénat aux petits soins avec les maires

Le Sénat à majorité de droite entame mardi l'examen en première lecture du projet de loi "engagement et proximité", porté par le...
Public Sénat

Par Véronique MARTINACHE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le Sénat à majorité de droite entame mardi l'examen en première lecture du projet de loi "engagement et proximité", porté par le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu, qui doit "changer la vie quotidienne" des maires et renforcer la place de la commune.

Le projet de loi sera examiné pendant deux semaines par la chambre des territoires qui votera sur l'ensemble du texte le 22 octobre. Il ira ensuite à l'Assemblée nationale, probablement dès novembre, dans l'objectif d'une adoption définitive avant les élections municipales de mars 2020.

L'idée, après des mois de tension avec l'exécutif, est de répondre au "blues" des maires et des élus locaux confrontés à des mandats de plus en plus techniques, et qui se sentent dépossédés de leurs pouvoirs tout en restant "en première ligne" des revendications des administrés.

"Au final, il n'y a pas une mesure spectaculaire dans le projet de loi", expose M. Lecornu. "Mais l'accumulation de mesures de bon sens font un tout et un système qui peut changer la vie quotidienne des élus".

Le texte a été accueilli favorablement au Sénat qui ne cesse de rappeler le rôle primordial de la commune dans la République et de défendre l'engagement des édiles.

A "80%", il reprend des propositions du Sénat, souligne son président Gérard Larcher (LR).

Pour autant, les sénateurs ont souhaité, en commission, lui donner "plus d'ambition".

Ils ont notamment intégré plusieurs mesures du "Plan d'action pour la sécurité des maires", présentées la semaine dernière par le président de la Commission des Lois Philippe Bas (LR), qui viennent compléter le dispositif prévu dans le texte initial.

Le maire verra ses pouvoirs de police renforcés et pourra faire appliquer ses décisions en établissant des amendes administratives ou en imposant des fermetures d'office de locaux.

Et les communes auront l'obligation de contracter une assurance pour une protection juridique du maire pour les litiges qui relèvent de son mandat.

- "Une logique de Câlinothérapie" -

Un des grands volets du texte comporte plusieurs mesures pour faciliter le quotidien des élus : revalorisation des indemnités des élus des petites communes, prise en charge des frais de garde des enfants lors des réunions, droit à la formation...

Un autre grand volet tend à redéfinir un équilibre dans les compétences entre communes et intercommunalité, à gommer les points "irritants" des dernières réformes territoriales, en particulier la loi NOTRe, votée en 2015.

"Il s'agit de dégripper la machine", explique la corapporteure centriste Françoise Gatel, décrivant "une loi d'assouplissement".

"On remet le maire au coeur du réacteur", indique-t-elle encore.

"La commune est le point de départ, là où se tisse le lien social, là où se crée la proximité", plaide aussi le corapporteur LR Mathieu Darnaud.

Sur le sujet sensible de la revalorisation des indemnités des élus, les sénateurs approuvent l'idée, mais jugent "disproportionnée l’augmentation du plafond des indemnités des élus des communes de moins de 1.000 habitants".

Le gouvernement envisageait une indemnité d'un même montant pour les maires des petites communes de 1 à 3.500 habitants, soit environ 1.670 euros par mois (contre 660 euros actuellement pour celles de moins de 500 habitants).

Les sénateurs ont opté pour un dispositif gradué : +50% pour les maires et adjoints des communes de moins de 500 habitants et +30% dans les communes de 500 à 999 habitants. La revalorisation concernerait également les communes de 1.000 à 3.499 habitants (+20%).

A gauche, le socialiste Eric Kerrouche pointe dans le texte "une logique de câlinothérapie", avec "des mesures bonnes à prendre", mais insuffisantes pour redonner "l'envie" aux élus qui doutent.

Il dénonce en particulier "un système indemnitaire à bout de souffle". Dans l'hémicycle, les socialistes défendront notamment des amendements sur la parité, "grande oubliée du texte".

Quelques 1.000 amendements devraient être discutés en séance, parfois très techniques.

Partager cet article

Dans la même thématique

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le

Photo illustration collage affiches election presidentielle de 2027
5min

Politique

Présidentielle : et si les électeurs français étaient moins indécis qu’on ne le pense ?

Une étude de Terra Nova en partenariat avec Cluster 17 sortie ce mercredi étudie la structure de l’électorat français à quelques mois de la présidentielle. Elle décrit des électeurs répartis en cinq blocs politiques. Si la porosité entre eux est possible, elle est plus probable entre blocs voisins. Si aucune majorité ne se dégage des estimations du premier tour, au second, le modèle prédit une victoire de Marine Le Pen dans tous les cas.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
11min

Politique

« La disparition de François Patriat nous ressoude encore plus » : confiant sur son maintien lors des sénatoriales, le groupe RDPI face à l’après Macron

Avec le décès de François Patriat, qui dirigeait le groupe macroniste depuis sa création en 2017, le RDPI, dont plus de la moitié des membres est renouvelable, aborde les sénatoriales dans des conditions très spéciales. Mais la disparition du fidèle d’Emmanuel Macron vient aujourd’hui resserrer les liens. Des questions se poseront plutôt après la présidentielle, où la « recomposition au centre » pourrait concerner le groupe, qui va avant se trouver un nouveau président. Plusieurs noms circulent.

Le