Enquête préliminaire après une plainte de Fillon contre Le Canard
La justice a récemment ouvert une enquête préliminaire après une plainte de François Fillon, candidat de la droite éliminé au...

Enquête préliminaire après une plainte de Fillon contre Le Canard

La justice a récemment ouvert une enquête préliminaire après une plainte de François Fillon, candidat de la droite éliminé au...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La justice a récemment ouvert une enquête préliminaire après une plainte de François Fillon, candidat de la droite éliminé au premier tour de la présidentielle, contre Le Canard enchaîné pour un article sur les emplois de son épouse, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Interrogé sur le dépôt de cette plainte, annoncé en une de l'hebdomadaire satirique dans son édition à paraître mercredi, l'entourage de l'ancien Premier ministre a confirmé cette information à l'AFP.

Selon Le Canard, cette plainte, déposée le 13 avril, est fondée sur l'article L97 du Code électoral, qui réprime la propagation de "fausses nouvelles", "bruits calomnieux" ou "autres manoeuvres frauduleuses" ayant eu pour effet de "détourner" les suffrages.

La plainte a été déposée au lendemain de la publication d'un article intitulé "L'enquête sur Penelope s'approche de son berceau...", selon une source judiciaire.

Selon cet article du 12 avril, visé par la plainte, les enquêteurs avait découvert que le premier emploi à l'Assemblée nationale de l'épouse de François Fillon, Penelope, remontait à 1982 et non à 1986, comme l'avait affirmé l'ancien Premier ministre.

Le Canard enchaîné expliquait également avoir "la preuve" que Penelope Fillon avait été rémunérée pendant quinze mois à partir d'avril 1980 comme "collaboratrice au sein d'un ministère parisien", ce qui a été démenti par le camp du candidat.

"Votre affirmation est fausse, et si vous l'écrivez, nous ne pourrons pas rester inertes", avait répondu un proche du couple Fillon dans l'hebdomadaire satirique.

Dans sa plainte, François Fillon affirme que ces informations constituent de "fausses nouvelles" dont la publication à une dizaine de jours du premier tour ne peut qu'influer sur le scrutin, a expliqué une source proche de l'enquête.

"Le premier acte, cela va être de vérifier si la nouvelle visée est ou non une fausse nouvelle", a ajouté cette source.

Le Canard enchaîné avait notamment révélé fin janvier que Penelope Fillon avait été rémunérée pendant plusieurs années comme attachée parlementaire auprès de son mari ou de son suppléant, Marc Joulaud, ce que le candidat a confirmé, pour la période s'étalant de 1986 à 2013.

Les enquêteurs s'interrogent sur la réalité de ces emplois alors que Penelope Fillon était sans activité professionnelle connue. François Fillon a été mis en examen le 14 mars, notamment pour "détournement de fonds publics", et son épouse le 28 mars, notamment pour "complicité et recel de détournement de fonds publics".

Pendant la campagne d'avant premier tour, François Fillon, finalement arrivé 3e au soir du 23 avril (20% des voix) derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen, avait dénoncé un "complot" politique. Il avait aussi affirmé que les fuites dans la presse étaient l'oeuvre d'un "cabinet noir" autour de François Hollande, des accusations réfutées par le chef de l'Etat.

Dans son édition de mercredi, l'hebdomadaire indique que l'un de ses rédacteurs en chef et un de ses journalistes seront entendus par la police, le 11 mai, dans le cadre de cette plainte.

Les investigations sont confiées aux enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le