Enseignement professionnel : que contient la réforme ?

Enseignement professionnel : que contient la réforme ?

Ce lundi, le ministre de l’Éducation nationale a présenté la réforme de l’enseignement professionnel. Afin d’améliorer l’insertion sur le marché de l’emploi des jeunes ayant suivi ce parcours, Jean-Michel Blanquer entend donner à cette formation « toute son attractivité, son prestige et son efficacité au service des élèves ».
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Par Alice Bardo / sujet vidéo : Quentin Calmet

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Ce matin, avant de présenter la réforme de l’enseignement professionnel, le ministre de l’Éducation nationale est allé à la rencontre d’élèves en lycées professionnels, invités au 10, rue de Grenelle pour l’occasion. Masque de soudage avec lunettes de réalité virtuelle sur le nez, Jean-Michel Blanquer s’est notamment essayé à l’utilisation d’un simulateur de soudure, suivant les conseils avisés d’un lycéen dont l’objectif, à terme, est d’obtenir un brevet de technicien supérieur (BTS). Un diplôme accessible aux élèves ayant suivi un enseignement professionnel et qui souhaitent poursuivre en études supérieures. De quoi contraster avec l’image parfois sous-valorisée de l’enseignement professionnel. « L’enseignement professionnel évolue, sous l’effet notamment de la technologie. L’image de l’industrie se transforme aujourd’hui parce que les réalités se transforment. De ce fait, l’enseignement professionnel aussi se transforme, ce qui amène à des formations peut-être plus attractives pour les élèves », explique le ministre, qui tient à « former les talents aux métiers de demain » car « même les métiers les plus traditionnels se renouvellent dans leur outillage », souligne t-il en prenant pour exemple le simulateur de soudure.

« Viser l’excellence »

Environ trois mois après la remise du rapport sur l’avenir de la voie professionnelle, qu’il avait commandé à la députée (LREM) des Hauts-de-Seine, Céline Calvez, et au chef étoilé, Régis Marcon, Jean-Michel Blanquer a annoncé les principaux axes qui guideront sa réforme, dont l’objectif est de faire du lycée professionnel un « tremplin vers une insertion immédiate dans la vie active pour vers des poursuites d’études réussies ». Un objectif qui se justifie par des chiffres, celui des taux de chômage des jeunes à l’issue de leur formation professionnelle. Dans leur rapport « La voie professionnelle scolaire : viser l’excellence », Céline Calvez et Régis Marcon ont remarqué que « 58% des titulaires d’un certificat d’aptitude professionnelle (CAP) et 51% des bacheliers professionnels sont au chômage sept mois après l’obtention de leur diplôme ». Or un lycéen sur trois est en voie professionnelle, soit près de 665 000 élèves. D’où la nécessité de « rénover » cette filière et de l’adapter à « un monde qui se transforme », comme l’ambitionne le ministre de l’Éducation nationale. D’autant que « 300 000 emplois ne sont pas pourvus en France car il n’y a pas de jeunes qui sont formés pour les pourvoir », rappelle Jean-Michel Blanquer.

Des « campus d’excellence » dans toute la France

Pour rendre plus attractive la filière professionnelle, l’exécutif veut notamment créer des « campus d’excellence » dans toute la France, à raison de « trois grands » par région à l’horizon 2022. Ceux-ci intégreront tout à la fois un internat, des équipements sportifs, des organismes de formation, des Fablabs, des pépinières d’entreprises, des établissements d’enseignement supérieur et secondaire, ainsi que des laboratoires de recherche. Des sites qui seront conçus avec les régions afin de « soutenir les projets qu’elles peuvent avoir ».

Jean-Michel Blanquer souhaite également regrouper les lycées professionnels dans des réseaux thématiques, afin de mieux les relier à l’industrie auxquels ils se rapportent et ainsi améliorer l’insertion professionnelle des jeunes. Par exemple, les lycées professionnels de l’automobile seront réunis dans un même réseau de façon à être reliés directement à l’industrie de l’automobile et à tous les professionnels de l’automobile.

« Améliorer les choix d’orientation des élèves »

Gustave Champion, 18 ans, prépare un baccalauréat professionnel « Métiers de la mode et du vêtement ». « Une vraie révélation » pour ce jeune homme. Pourtant, avant d’intégrer cette filière, « (il) ne savait pas quoi faire » car « il y a énormément de choix ». Afin d’améliorer les choix d’orientation des élèves, le ministre souhaite qu’ « un bilan de compétence à l’entrée de la seconde soit effectuée ». De plus, « certaines classes de seconde seront organisées en familles de métiers » : « Cela permettra d’avoir une vision plus large au début, et ensuite de faire des choix qui se précisent avec le temps, en classe de première en particulier », explique t-il. « Mieux informer les élèves et les familles » via, entre autres un stage de découverte dès la classe de quatrième devrait également faciliter leurs choix d’orientation.

2 000 places supplémentaires en BTS

Mais le bac pro n’est pas la seule voie de l’enseignement professionnel que Jean-Michel Blanquer souhaite réformer. « Quand un bac pro s'inscrit en université, malheureusement ça se traduit souvent par un échec ensuite. Le vrai service à rendre, c'est d'ouvrir des places en BTS (Brevet de technicien supérieur), où ces élèves réussissent davantage », justifie-t-il. Ainsi, aux 2 000 places en BTS créées cette année devraient s’ajouter 2 000 places supplémentaires. Des « classes passerelles » permettront également d’entrer « avec succès » en BTS une année après le baccalauréat.

Quant au CAP (certificat d’aptitude professionnelle), qui, comme le BEP (Brevet d’aptitude professionnelle) se préparait jusqu’alors en deux ans après la troisième, pourrait, si la réforme est adoptée, se préparer en un, deux ou trois ans, « selon les besoins de l’élève ».

« Dépasser l’opposition entre apprentissage et enseignement professionnel »

Enfin, l’exécutif tient à « dépasser l’opposition entre apprentissage (300 000 élèves) et enseignement professionnel (665 000 élèves) » : « Il n’y a aucune raison d’opposer les deux choses, c’est au bénéfice d’un million d’élèves quand même, et ça pourrait être plus dans le futur. L’objectif est d‘avoir des parcours flexibles, pragmatiques et personnalisés. On peut très bien être dans un lycée professionnel et, à un moment, choisir l’apprentissage. » Pour ce faire, la réforme prévoit d’implanter au moins une unité d’apprentissage dans chaque lycée professionnel.

« L’enseignement professionnel doit être une voie d’excellence », a conclu le ministre de l’Éducation nationale. Sa réforme devrait entrer en vigueur à partir de la rentrée 2019.

 

 

 

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