Entendu cinq heures par la police, Mélenchon dénonce une « manoeuvre » de Macron
Deux jours après la fronde des "Insoumis" lors de perquisitions houleuses, Jean-Luc Mélenchon a de nouveau dénoncé jeudi une ...

Entendu cinq heures par la police, Mélenchon dénonce une « manoeuvre » de Macron

Deux jours après la fronde des "Insoumis" lors de perquisitions houleuses, Jean-Luc Mélenchon a de nouveau dénoncé jeudi une ...
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Par Anne LEC'HVIEN et Eléonore DERMY

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4 min

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Deux jours après la fronde des "Insoumis" lors de perquisitions houleuses, Jean-Luc Mélenchon a de nouveau dénoncé jeudi une "manœuvre politique" à la sortie de cinq heures d'audition par la police dans les enquêtes sur ses comptes de campagne présidentielle et sur les assistants d'eurodéputés de son parti.

"Monsieur Macron, il est temps de rembobiner votre film, tout ça est raté. La manoeuvre est complètement ratée", a déclaré le leader de La France Insoumise à propos des perquisitions de mardi aux sièges de LFI et du Parti de gauche, à son domicile ainsi que ceux d'anciens assistants.

"Au départ, ça devait être +le remaniement est fait+, le magnifique Jupiter apparaît à la télé... Et le lendemain, Mélenchon passe pour un escroc parce qu'il a été perquisitionné", a-t-il poursuivi, à sa sortie d'une audition libre dans les locaux de la police anticorruption (Oclciff) à Nanterre.

"Nous avons une constitution, elle est claire, l'autorité juridique est indépendante dans notre pays et j'en suis le garant, pour tout le monde. Et n'en déplaise à certains, il n'y a pas d'exception", a répliqué Emmanuel Macron depuis Bruxelles.

Estimant avoir été interrogé "cinq heures pour enfoncer des portes ouvertes", Jean-Luc Mélenchon a affirmé avoir déjà répondu par écrit à l'administration du Parlement européen aux questions sur les emplois présumés fictifs d'assistants d'eurodéputés, au cœur d'une enquête préliminaire du parquet de Paris.

Sur une autre enquête préliminaire qui le vise, cette fois sur ses comptes de campagne de la présidentielle 2017, M. Mélenchon a aussi estimé qu'il n'avait rien à dire de plus, rappelant que ceux-ci avaient été "validés".

Depuis deux jours, le député est au cœur d'une tempête politique après s'être opposé avec virulence aux perquisitions menées dans le cadre de ces deux procédures.

Sur des vidéos de l'opération, M. Mélenchon appelle ses proches à "enfoncer la porte" pour entrer au siège parisien du mouvement où une perquisition est en cours. On le voit également bousculer un représentant du parquet ainsi qu'un policier qui s'interpose.

Après ces incidents, une enquête a été ouverte pour "menaces ou actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire" et "violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique", et transférée de Paris à Bobigny.

"Oui, il y a eu violence, quatre plaintes sont déposées par mes amis car il y a eu une bousculade dans laquelle ils ont été précipités à terre", a rétorqué jeudi M. Mélenchon.

Et de mettre "en cause la police politique, c'est-à-dire la décision politique d'instrumentaliser des magistrats et des policiers pour essayer de faire un mauvais sort à un des chefs de l'opposition".

De son côté, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a martelé jeudi que la justice était "totalement indépendante" et que ni elle, ni le gouvernement n'avaient pu "décider d'une mesure d'instruction particulière" dans les enquêtes autour de La France insoumise (LFI) et de M. Mélenchon.

- Le ton était "monté" -

Plusieurs syndicats de police avaient dénoncé mercredi son attitude "inacceptable", Alliance et Alternative Police-CFDT appelant le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner à porter plainte tandis que SGP Police-FO réclamait "des excuses publiques" au chef de file de LFI.

"Les policiers ne sont pas respectés par les élus aux prises avec la justice", avait déploré l'Unsa-Police.

M. Mélenchon a concédé que le ton était "monté". "La France insoumise n'est pas traitée comme tout le monde (...) on veut nous faire peur, nous intimider", a-t-il justifié jeudi.

Selon la législation, une perquisition dans le cadre d'une enquête préliminaire n'est possible qu'avec l'accord écrit de l'occupant du domicile ou du représentant légal dans le cas d'une personne morale. Ou, s'il n'est pas d'accord ou absent, en présence de deux témoins majeurs qui ne font pas partie des forces de l'ordre mais qui sont désignés par l'officier de police judiciaire.

Selon une source proche du dossier, Manuel Bompard, coordinateur des campagnes de LFI, a bien été contacté au début de la perquisition au siège du parti et a assisté à cette opération - autorisée par un juge des libertés et de la détention (JLD) - avant qu'elle ne dégénère.

Mardi, M. Bompard avait affirmé avoir été "empêché d'assister à la procédure administrative" et qu'"aucun PV" n'avait été soumis à sa signature.

alv-nal-edy-leb-mig/cam

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