Hamon ou Macron? Discret depuis sa défaite à la primaire socialiste, Manuel Valls a démenti des informations de presse sur son éventuel soutien...
Entre Hamon et Macron, Valls souffle le chaud et le froid
Hamon ou Macron? Discret depuis sa défaite à la primaire socialiste, Manuel Valls a démenti des informations de presse sur son éventuel soutien...
Par Marc PRÉEL
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Hamon ou Macron? Discret depuis sa défaite à la primaire socialiste, Manuel Valls a démenti des informations de presse sur son éventuel soutien au fondateur d'En Marche!, sans pour autant parrainer le candidat PS.
L'ancien Premier ministre retrouve ses proches à huis clos mardi en début de soirée à l'Assemblée nationale, deux semaines après une première réunion similaire où il avait déjà fragilisé la candidature de Benoît Hamon en disant son "inquiétude" quant à l'accord du candidat socialiste avec les écologistes d'EELV.
Manuel Valls lui a porté un nouveau coup de griffe mardi matin. "Je ne peux pas apporter mon parrainage à Benoît Hamon", déclare le candidat battu de la primaire socialiste à Paris Match. Après le ralliement écologiste, "je ne pourrais pas assumer autant de contradictions", justifie-t-il à l'hebdomadaire.
Une position qui contraste avec celle à droite d'Alain Juppé, parrain de François Fillon malgré d'importants désaccords. Et ce choix suscité d'autant plus la consternation des hamonistes, que M. Valls, comme les autres candidats, s'était engagé à soutenir le vainqueur de la primaire.
"Même ses électeurs de la primaire (...) je pense que ce matin ils sont choqués qu'il ne veuille pas donner son parrainage à Benoît Hamon", a lancé Alexis Bachelay, député PS des Hauts-de-Seine.
"Je ne comprends pas ce que Valls fait", s'étonne un des rares soutiens de M. Hamon au gouvernement. "Il a intérêt à soutenir Hamon du bout des lèvres, tout en disant qu'il n'est pas d'accord sur le fond. La politique c'est dur mais ce n'est pas difficile: il faut faire des choses simples", grince-t-il.
Le leader du PS Jean-Christophe Cambadélis (c) avec Manuel Valls (g) et Benoît Hamon le 29 janvier 2017 à Paris après les primaires socialistes
AFP/Archives
Le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis a tenté de désamorcer la dispute en soulignant que Benoît Hamon avait déjà ses 500 parrainages et n'avait donc "pas besoin" de celui de son ancien patron au gouvernement.
Manuel Valls a en revanche démenti à l'AFP un article du Parisien affirmant qu'il allait appeler à voter pour Emmanuel Macron avant le premier tour.
- Des vallsistes "partagés" -
Mais l'information erronée masque les divergences au sein des vallsistes, divisés quant à l'attitude vis-à-vis de l'ancien ministre de l'Economie, nouveau favori des sondages.
Benoît Hamon et Manuel Valls après la publication des résultats du second tour de la primaire organisée par le PS, le 29 janvier 2017 à Paris
AFP/Archives
"C'est partagé chez les vallsistes", résume l'un d'entre eux, entre ceux qui défendent une posture légitimiste, même "silencieuse", en faveur de Benoît Hamon; ceux qui souhaitent un ralliement à Emmanuel Macron s'il parvient au second tour, et ceux qui poussent pour un soutien avant le premier tour du candidat d'En Marche!, plus conforme aux canons vallsistes.
Une dernière option pour M. Valls serait de n'annoncer un soutien à Emmanuel Macron que dans l'hypothèse où le candidat de la droite se rapprocherait dans les sondages, suggère le même. Car selon plusieurs de ses proches, Manuel Valls est convaincu que François Fillon "est le plus mauvais candidat" pour battre Marine Le Pen.
Lors de la réunion mardi soir à l'Assemblée, pour laquelle 200 à 300 soutiens sont attendus, "il va nous dire comme il voit le contexte politique, l'actualité, nous dire comment il voit le futur bien au-delà de la présidentielle et nous verrons ensemble ce qu'il y a de mieux à faire", a affirmé Olivier Dussopt, porte-parole de M. Valls durant la primaire socialiste.
Face à un entourage divisé, ce jeu d'équilibre entre Benoît Hamon et Emmanuel Macron risque toutefois de donner une image de confusion que M. Valls avait justement cherché à éviter en passant du temps sur sa terre natale espagnole, loin de la scène médiatique française.
"La situation est compliquée pour Valls. D'un côté il ne veut pas s'engager à fond pour Hamon, de l'autre, il veut garder ses distances avec Macron et ses ambiguïtés", résume un collaborateur vallsiste, pour qui il est "urgent d'attendre".
Un "+wait and see+" qu'on peut déceler chez d'anciens partisans de François Hollande, comme le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, ou encore au sein des "réformateurs" de l'aile droite du PS.
REPORTAGE - Ce samedi 13 juin aux Docks d’Aubervilliers, Raphaël Glucksmann a tenu un grand rassemblement aux allures de meeting présidentiel, en présence de nombreuses personnalités politiques. Même s’il refuse toujours d’officialiser sa candidature pour 2027, l’eurodéputé, co-fondateur de Place publique, affiche ses ambitions : rassembler la gauche sociale-démocrate et écologiste, dépasser Jean-Luc Mélenchon dans les sondages et convaincre le Parti socialiste de se rallier à lui.
Avec plus de 10 millions de visiteurs par an, Montmartre est devenu l’un des sites les plus visités de France. Une surfréquentation qui ne va pas sans poser de problèmes pour les quelques 27 000 habitants qui résident à l’année dans ce quartier de la capitale. Anne Renaudie, habitante de Montmartre, raconte les difficultés de cette cohabitation dans l’émission Dialogue Citoyen présentée par Quentin Calmet.
L’état-major du Rassemblement national se réunit ce vendredi 12 juillet dans l’Essonne pour un deuxième séminaire de travail à huis clos. L’occasion d’échanger sur le sujet épineux de la réforme des retraites qui a fait apparaître des divisions entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, tenant d’une ligne plus libérale.
Dans la foulée du choc de l’affaire Lyhanna, Le président des Républicains, Bruno Retailleau a relancé le débat sur la castration chimique des criminels sexuels les plus dangereux. Une vieille antienne de la droite dont l’efficacité est contestée par les experts psychiatres.